BOURSE DE COMMERCE / PINAULT COLLECTION : « Ouverture »

Symphonie du monde nouveau
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Bourse de Commerce
2 rue de Viarmes
75001
Paris
01 55 04 60 60
Ouvert du lundi au dimanche de 11h à 19h. Fermeture le mardi. Nocturne jusqu’à 21h le vendredi
Lu / Vu par

Thème

La naissance d’un nouveau musée d’art contemporain est toujours un événement passionnant. La Bourse du Commerce construite en 1889 est avant tout un lieu chargé d’histoire au cœur de Paris. Ce projet est l’aboutissement du rêve d’un homme, de pouvoir montrer sa collection constituée de plus de 10 000 œuvres de près de 380 artistes, et d’en faire profiter un large public. Issues d’une passion qui a commencé il y a plus de quarante ans, les œuvres couvrent la période allant des années 60 à nos jours. La programmation autour d’expositions thématiques et monographiques, de commandes, de cartes blanches ou de projets in situ, débute par une exposition intitulée « Ouverture » dont François Pinault a choisi chaque artiste. Son souhait étant de rapprocher l’art contemporain de tous les publics.

Points forts

- Pour avoir suivi depuis de nombreuses années le parcours de ce grand patron français dans le monde de l’art, de la Punta della Dogana au Palazzo Grassi à Venise, en passant par les vicissitudes du projet de l’île Seguin, nous pouvons affirmer que François Pinault est à la fois compositeur et chef d’orchestre.        

- François Pinault sent, traque le monde, hume l’air du temps. Il crée une œuvre, l’œuvre d’une vie. Nous avons tous des âmes d’artistes, il suffit de les laisser s’exprimer et le condottiere le fait avec passion, patiemment, avec une pulsion gargantuesque. Son acte créateur restera. L’empreinte est là.

- Une certaine nostalgie ou une mélancolie d’un monde qui se finit.         

- Plongé au cœur d’une centrifugeuse d’idées dans un monde en décomposition à l’image des cires d’Urs Fischer dans la Rotonde, tout reste à réinventer. L’ouverture sur un monde nouveau. Dans ce monde en perte de repères où tout est vanité, les artistes nous guident. « J’ai souhaité que cette exposition soit le manifeste des valeurs que j’ai toujours défendues – la soif de liberté, la révolte contre l’injustice, l’acceptation de l’autre -, des qualités qui sont essentielles – l’audace, la curiosité et l’humilité -, et des questions qui me taraudent – l’impermanence, la vanité et le temps qui passe. » 

- Le lieu : dès l’entrée dans ce lieu, nous découvrons l’architecture de béton minimale qui sublime le bâtiment. Son cylindre de 29 mètres de diamètre sur 9 mètres de haut avec ses ouvertures dissymétriques laisse une place à la déambulation, à une visite aléatoire. Le regard est projeté vers la coupole, comme au Panthéon à Rome. La lumière est omniprésente. Le travail de réhabilitation de l’architecte japonais Tadao Ando, compagnon de longue date de François Pinault, est toujours aussi captivant, établissant des liens entre le passé et la modernité, entre le temple du commerce et celui de l’art. Le cercle au Japon signifie « le néant, et en même temps, de façon contradictoire, le tout ». La fresque datant de 1889, évoquant l’histoire du commerce mondial, remarquablement restaurée, et les vitrines mises en valeur par les œuvres de Bertrand Lavier, maintiennent vivante la mémoire des lieux.

Quelques réserves

Aucune réserve.

Encore un mot...

Ouverture symphonique, ouverture sur le monde, ouverture sur l’âme d’un collectionneur ? c’est tout à la fois.

Et pour aller plus loin : lire la très intéressante biographie consacrée à l'un des collectionneurs les plus influents dans le monde de l'art actuellement, François Pinault, artiste contemporain , par José Alvarez. Edition Albin Michel. 2018. « Quand on lui demande ce qu’il attend de son musée, il répond invariablement, avec une sincérité empreinte de spiritualité : « Que les gens sortent de la visite en se sentant meilleurs » (Extrait).

Pour connaître les coulisses de ce projet, il faut voir absolument le reportage sur Arte, réalisé par Olivier Lemaire, Le musée et le milliardaire anticonformiste.

Et pour apprécier le travail de Tadao Ando dans un écrin de verdure, se rendre au Château La Coste en Provence. 

Une illustration

Commentaires

Claire
ven 08/10/2021 - 11:22

Je modererais cet enthousiasme. D'abord, on aimerait que la chronique donne quelques exemples de ces oeuvres si enthousiasmantes qu'elles ne suscitent "aucune réserves" du chroniqueur. Ensuite, beaucoup d'oeuvres posent la question de la limite entre l'effacement de l'artiste, la décomposition du monde... et la pure et simple imposture artistique. Une bâche de plastique déchirée, une robe de mariée qui pendouille... Sérieusement?

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