A la découverte d’Oleg Goudcoff, l’œuvre révélé
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Thème
Dix ans après la disparition d’Oleg Goudcoff, la Galerie Setze / LePartking célèbre le centenaire de sa naissance et organise la première exposition consacrée à cet artiste inclassable, peintre, sculpteur et dessinateur.
Cette rétrospective est une étape importante dans la reconnaissance d’un artiste méconnu du grand public, dont l’œuvre singulière s’inscrit dans le paysage artistique de la seconde moitié du XXe siècle.
Le fonds conservé par Sophie Alexinsky, fille de l’artiste et dépositaire de son œuvre, a permis la présentation d’œuvres majeures – toiles, pastels, sculptures, dessins – qui rendent hommage à ce créateur humaniste, épris de liberté, à la recherche d’une vérité plastique et métaphysique.
Comme le précise Lydia Harambourg, historienne de l’art, « Peintre et sculpteur, Oleg Goudcoff quête le dévoilement du mystère de la création. À l'informe, il redonne les apparences de la nature en réinventant en permanence son geste. La présupposée réalité de la vie et du monde cosmique emprunte autant à la matière qu’à l’esprit. »
Points forts
Cette exposition met en avant la force créative d’Oleg Goudcoff pour transfigurer la matière.
Les sculptures représentent des formes puissantes à l’énergie chamanique. Le public peut d’ailleurs admirer une sculpture de l’artiste dans le parc floral de Vincennes.
La luminosité des couleurs évoque également le raffinement, le calme et la beauté de la peinture française du siècle des Lumières. (Le premier prénom d’Oleg Goudcoff est Sviatoslaz, qui signifie « porteur de lumière »).
L’artiste s’attache à créer une harmonie entre couleur et lumière, révélant une énergie à la fois sacrée et totémique. À travers la force des éléments et la puissance de la nature, il semble explorer des mondes parallèles, des réalités dont l’essence frôle l’infini.
Ses toiles vibrantes nous invitent à plonger dans un univers sans limites, comme un envol vers un monde cosmique. Chaque œuvre devient une porte ouverte sur une exploration visuelle où l’art et l’univers se répondent.
Les toiles d’Oleg Goudcoff transforment l’espace grâce à l’éclat envoûtant de ses couleurs.
La poésie qui émane de ses œuvres arrête le temps et offre une échappée belle à l’imaginaire du visiteur.
Un catalogue est édité en format 21 x 29 cm à l’italienne - 70 pages couleurs, textes, reproductions et détails (20 €)
Quelques réserves
Aucune réserve pour cet artiste complet, injustement écarté des circuits officiels. Cette première rétrospective doit contribuer à lui donner la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art.
Encore un mot...
- Ne pas manquer la vidéo de l’entretien avec Sophie Alexinsky, fille de l’artiste, à voir dans la galerie pendant toute la durée de l’exposition.
- Rencontre autour de l’exposition le jeudi 2 avril à partir de 17H avec Sophie Krebs, Conservateur du Patrimoine au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et Stéphanie Pioda, journaliste et critique d’art, spécialiste de l’Art Moderne.
- Récital piano/voix le samedi 25 avril : leads de Schumann et Mozart, interprétés par la petite-fille de l’artiste.
Une illustration
Une phrase
"Le tableau est une entité qui distille l’artiste, se nourrit de lui. L’artiste, comme medium, révèle à travers le tableau ce que le réel dérobe aux sens. Il déplie l’univers insondable pour le rendre visible à tous. Le tableau apparaît quand l’artiste disparaît.” Oleg Goudcoff
L'auteur
Né le 26 août 1926 à Fontaine-sur-Isère, Sviatoslaz Oleg Goudcoff, issu de parents émigrés en 1917 de Moscou pour sa mère, et de Kiev pour son père, a grandi dans un environnement riche en culture slave tout en s’immergeant dans la culture française.
Après avoir passé ses premières années à Grenoble, sa famille s’installe à Courbevoie en 1935. Son adolescence, marquée par la Seconde Guerre mondiale, a profondément influencé son esprit et orienté ses intérêts vers une quête intellectuelle et esthétique. La musique, la littérature et la philosophie sont devenues les fondements de sa formation artistique. Étudiant aux Beaux-Arts de Paris – d’abord en architecture, puis en sculpture et en dessin – Goudcoff développe un langage plastique à la fois rigoureux et poétique, oscillant entre figuration et abstraction, ombre et lumière, matière et esprit.
En 1955, de retour d’un exil forcé, Oleg Goudcoff installe son atelier rue Ordener, au cœur de Montmartre. Il y crée des sculptures monumentales en pierre, plâtre et bronze, mais aussi des dessins, encres et fusains d’une grande intensité. Son œuvre picturale, d’abord éclatante de couleur, s’oriente peu à peu vers une quête d’harmonie monochrome, empreinte de silence et de spiritualité.
À partir de 1972, Oleg Goudcoff s’éloigne du milieu artistique parisien et se retire d’abord en région parisienne, puis à Villeréal en Lot-et-Garonne. Sa créativité ne faiblit pas, s’exprimant à travers le dessin, la peinture et la sculpture jusqu’à sa mort à l’âge de 89 ans. Malgré les épreuves, y compris la spoliation de son œuvre après le décès de sa compagne, il continue à travailler au pastel, dans une petite maison en Côtes d’Armor. Il s’éteint quinze jours après avoir récupéré la jouissance de son œuvre.
La galerie SETZE LePartking
Fondée en 2021 par Sandra Corallo et Eric Setze, tous deux artistes et collectionneurs, la galerie est née d’une passion partagée pour la création et d’une volonté de bâtir un espace où se rencontrent regards d’artistes et regards de collectionneurs.
Cette double sensibilité nourrit une approche à la fois exigeante et profondément humaine du monde de l’art. Dans un cadre atypique, au cœur du quartier de la Mouzaïa à Paris à proximité des Buttes Chaumont, cette jeune galerie a fait parler d’elle grâce à une superbe rétrospective du peintre hongrois Endre Rozsda.
La galerie présente des artistes modernes majeurs, tout en poursuivant une mission de découverte d’artistes du XXe siècle et de promotion des talents connus ou à découvrir. Elle défend principalement la peinture, le dessin, la gravure et la sculpture, affirmant son attachement à la matérialité des œuvres et à la force expressive du geste.
Commentaires
Un grand merci à Véronique Guichard pour le temps qu'elle a consacré à venir pour réellement découvrir un grand artiste encore peu connu. C'est un véritable acte de journalisme et je salue la manière dont elle a si bien compris l'œuvre et transmis l'envie de la découvrir.
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