La marine & les peintres, quatre siècles d'art et de pouvoir
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Thème
Dans le cadre de la commémoration des 400 ans de la création de la marine, royale puis nationale, cette exposition temporaire invite à découvrir les artistes qui ont façonné la représentation de l'Histoire maritime française : 150 tableaux, dont certains d'immense format, du XVIIe au XX siècle, sont ici réunis.
Mais avant même de pénétrer dans les 6 salles de l’exposition, on repère déjà, dès l'entrée dans le musée au milieu des maquettes, vidéos et objets, quelques tableaux intéressants, par exemple Femmes en régate d'Alexandre Brun (1910) évoquant l'une des premières femmes navigatrices Virginie Heriot... Puis vient l'illustration des tempêtes et naufrages vus par Isabey, par Joseph Vernet, et par d'autres dont le Coup de vent de Théodore Gudin (1835) où il faut regarder en détails l'effroi des visages des naufragés. Quelques photos récentes rappellent hélas les "marées noires" dont celle du Prestige en 2002 qui souilla 3000 km de côtes en déversant 64.000 tonnes de fuel...
Points forts
En pénétrant dans l'exposition proprement dite, on est accueilli par les immenses portraits de Louis XIII en tenue de guerre et de Richelieu par Philippe de Champaigne - et c'est bien normal puisque l'Édit du roi instituant une marine pérenne date de 1626, puissance navale que Colbert confirmera à son tour.
Les commandes de tableaux, royales et privées, représentant des scènes maritimes commencent alors à augmenter. Il s'agit d'illustrer la grandeur de la France et sa puissance sur les mers. Et pour les "peintres du Roy pour la mer", de bénéficier d'honneurs et de gratifications. Les portraits des premières salles leur font une large place.
Un hommage particulier mérite d'être rendu à ceux qui ont assuré les décors intérieurs de ces immenses vaisseaux, décors qui atteignent leur apogée au XVIIe siècle.
Dans la salle 2, on fait connaissance du décorateur naval Pierre Puget, et d'excellents dessinateurs, qui ont permis de sculpter, notamment à Toulon, des décors magnifiques.
La salle 3 montre des œuvres qui atteignent la perfection dans l'art pour la marine royale, où la lumière, l'atmosphère, les vues offrent des rendus superbes. Il n'y a pas que des scènes de batailles navales ! Il y a aussi des scènes de genre, de la vie quotidienne en mer.
Plusieurs toiles de la salle 4 montrent Napoléon 1er et Marie-Louise assistant à des lancements de navires, occasions de festivités grandioses, par exemple le Friedland à Anvers en 1810 par van Bree.
On passe ensuite au XIXe siècle où le tableau d'Horace Vernet montrant le visage cadavérique des marins atteints du choléra sur le Melpomène (1834) est frappant.
On ne manque pas d'admirer les 24 panneaux des ports par Louis A. Garneray (ex-corsaire avant d'être peintre), du moins ceux à hauteur des yeux, car ceux du haut sont plus difficilement visibles.
Durant le Second Empire, Napoléon III n'a pas cessé de soutenir les innovations techniques et scientifiques de la marine. Les toiles sont souvent immenses ; celle de Paul Jobert Lâcher de pigeons militaires à bord d'un torpilleur dans la Manche (1895) a des dimensions inouïes !
Encore à admirer, deux petites toiles du russe Hirschfeld, Le jeune mousse et Le vieux marin à la jambe de bois.
Et parmi les œuvres de peintres devenus célèbres, La vague de Gustave Courbet et Clair de lune sur le port de Boulogne d'Edouard Manet.
Enfin, la dernière salle souligne la diversité des inspirations avec, entre autres des œuvres de Mathurin Méheut et Marin-Marie, peintres qui n'ont pas hésité à s'embarquer.
Ajoutons, parmi les points forts de cette exposition, les rappels du contexte historique de l'œuvre et quelques mots sur l'artiste. Explications claires, concises, et facilement lisibles !
Quelques réserves
Pas de réserves à signaler concernant l'exposition elle-même, tout au plus la signalisation pour indiquer l'entrée qui n'est pas évidente...
Encore un mot...
L'exposition est en quelque sorte prolongée par le 46ème Salon de la marine. On y explique ce qu'est un peintre de la marine... Sont exposées une trentaine d'œuvres de peintres officiels de la Marine en exercice.
Une petite salle rend hommage aux 8 peintres décédés depuis le dernier salon en 2021 à Brest. Puis sont exposées les œuvres (peintures et photographies) des 43 artistes candidats visant l'obtention de ce titre. Les sélectionnés auront le droit d'apposer une ancre après leur signature, de porter l'uniforme (sans galons) et d'accéder au grade d'officier...
Rappelons que le Musée national de la Marine se compose de 5 sites qui organisent des événements dans le cadre de "L'appel des profondeurs» : Paris, Toulon (plusieurs conférences) ; Port-Louis ("Les machines des mers, les inventions extraordinaires d'Henri de Lôme") ; Rochefort ("Au poste de plongée, l'aventure des premiers submersibles" à partir du 30 septembre); Brest ("Les Marines de François Dilasser").
Une illustration
L'auteur
Le commissaire de cette exposition est Bertrand de Sainte-Marie, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation du musée national de la Marine.
Le catalogue de l’exposition est une co-édition Musée national de la Marine/éditions Sans Egal, en vente à la boutique 216 p. 36 €.
Autour de l'exposition sont proposées des visites guidées, des conférences, des rencontres, des lectures musicales... se renseigner sur le site.
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