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Thème
Le Grand Palais à Paris consacre une exposition majeure aux treize dernières années de création d’Henri Matisse, une période où l’artiste, malgré une santé déclinante, a révolutionné son langage plastique.
Cette rétrospective coproduite avec le Centre Pompidou offre une plongée dans l’énergie intacte et la liberté créatrice de Matisse, l’un des plus grands peintres du XXe siècle. Elle met en lumière plus de 300 œuvres (peintures, dessins, gouaches découpées, livres illustrés, projets décoratifs, vitraux) issues de collections internationales, dont beaucoup sont inédites en France.
De ses débuts fauves aux natures mortes intimes, en passant par ses immenses compositions décoratives, avec des ciseaux, des gouaches et une audace sans limite. Matisse ne peint pas, il fait vibrer l’âme.
Le parcours est conçu comme une immersion dans les dernières années de création de l’artiste, une période marquée par une réinvention constante. Il est organisé comme un cheminement dans le dernier atelier de l’artiste, restituant l’atmosphère mouvante de son espace de travail.
Parmi les ensembles les plus marquants, le visiteur peut admirer :
Les Nus bleus : ces figures monumentales, symboles de son œuvre, sont exceptionnellement réunies pour l’occasion.
L’album Jazz : une salle est particulièrement dédiée à cette série iconique, témoignant de sa recherche sur le corps et l’espace, et de sa capacité à simplifier la forme jusqu’à l’essentiel.
Les grandes figures en gouaches découpées : Matisse transforme cette technique en un langage autonome, fondant son art sur la couleur, la forme et l’espace, offrant une nouvelle vision de la représentation.
Un atelier en mouvement : l’exposition restitue la dynamique de l’atelier de Matisse, où les formes découpées se multiplient, se déplacent, se recombinent, créant un espace en transformation permanente.
Points forts
L’exposition met en lumière la place centrale du dessin dans les dernières années de Matisse, une période où l’artiste, malgré ses limites physiques, a redéfini les fondements de sa création.
Plusieurs aspects sont soulignés :
- Retour au dessin au pinceau : Matisse utilise le pinceau pour réaliser des dessins de grande envergure, comme le grand dessin au pinceau de Saint Dominique (Musée Matisse de Nice), exposé pour la première fois à Paris. Ces œuvres montrent une liberté de geste et une intensité chromatique remarquables.
- Dessins à l’encre et séries : l’exposition présente des séries de dessins à l’encre, notamment les Thèmes et variations, où Matisse explore la répétition et la variation comme moyens d’expression. Ces ensembles révèlent une recherche constante de simplicité et de pureté de la ligne.
- Dessiner avec des ciseaux : Matisse invente une nouvelle manière de dessiner, non plus avec un crayon, mais avec des ciseaux, découpant directement dans la gouache colorée. Cette approche, qualifiée de « dessin à l’aveugle » par les commissaires, donne naissance à des œuvres comme La Gerbe, Les Acanthes, Zulma, La Danseuse créole ou les Nus bleus, où la forme et la couleur ne font qu’un.
Dessins préparatoires et maquettes : pour la chapelle du Rosaire de Vence, Matisse réalise des dessins préparatoires et des maquettes de chasubles, montrant comment le dessin reste au cœur de ses projets monumentaux et décoratifs.
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Quelques réserves
L’exposition rencontrant un grand succès, le public est nombreux dans les salles. Il est donc préférable de réserver son billet en privilégiant une visite en fin d’après-midi.
Encore un mot...
Le catalogue officiel de l'exposition Matisse. 1941–1954 est disponible à la boutique du Grand Palais : Éditions Grand Palais RMN et Éditions du Centre Pompidou, sous la direction de Claudine Grammont - 480 pages dont 335 reproductions d’œuvres, principalement en pleine page (45 €)
Une phrase
"L’art doit être apaisant, un baume pour l’âme tourmentée". Henri Matisse
L'auteur
Fils d’un marchand de grains, Henri Matisse est né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis dans le Nord de la France. Sa mère, amateur d’art, l’initie à la peinture. Après des études de droit à Paris (1887–1889), il se tourne vers l’art à 21 ans. Une opération de l’appendicite le cloue au lit et lui fait découvrir la peinture comme passion. En 1891, il intègre l’Académie Julian, puis l’École des Beaux-Arts (1892–1895), où il étudie auprès de Gustave Moreau. Il copie les maîtres au Louvre et découvre l’impressionnisme.
Influencé par Pissarro, Cézanne, Van Gogh et Gauguin, il explore le pointillisme avant de développer son propre style. Il voyage en Bretagne, en Corse, à Londres, puis en Algérie et au Maroc, où la lumière et les couleurs vives marquent durablement son œuvre.
Il se lie avec Derain, Marquet, et d’autres artistes qui formeront le noyau du fauvisme. Au salon d’Automne de 1905 son tableau Femme au chapeau choque le public par ses couleurs pures et non réalistes. Le critique Louis Vauxcelles les qualifie de "fauves", donnant naissance au mouvement.
En 1917, il s’installe à Nice pour des raisons de santé. La lumière méditerranéenne inspire des œuvres plus sereines, aux couleurs chaudes et aux formes épurées.
En 1920, il réalise des décors pour le théâtre (ballet Le Chant du rossignol pour Diaghilev, 1920). Dans les années 30, il voyage aux États-Unis où son œuvre est très appréciée.
Après une opération du cancer en 1941, Matisse est alité ou en fauteuil roulant. Il invente alors une nouvelle technique : la gouache découpée, qui lui permet de créer des formes et des couleurs sans avoir à peindre debout. Malgré sa faiblesse physique, il continue à créer jusqu’à sa mort, explorant la synthèse entre forme, couleur et espace. Il meurt le 3 novembre 1954 à Nice.
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