Pêcheur d’Islande
Texte lu par Marc Hamon
Durée 6 h
9,90 euros en téléchargement
(Edition brochée, première parution en 1886 chez Calmann-Lévy 260 pages)
Infos & réservation
Thème
Si vous n’avez pas la possibilité de visiter la maison natale de Pierre Loti à Rochefort, véritable écrin de ses voyages et de ses rêves d’ailleurs, restaurée avec un budget considérable, alors laissez-vous porter par l’écoute de l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre. Dans Pêcheur d’Islande, l’amour fragile et presque irréalisable entre Gaud et Yann se déploie dans l’univers âpre des pêcheurs bretons partis affronter les mers d’Islande.
Points forts
- Le cadre : il constitue à lui seul un personnage, peut-être même le véritable protagoniste. La mer d’Islande, immense et souveraine, tour à tour majestueuse et meurtrière, domine les êtres autant qu’elle façonne leurs destinées. Les maisons battues par le vent et les horizons noyés de brume dessinent un monde austère, imprégné de nostalgie.
- Les personnages : sobres et profondément touchants, ils évoluent dans la retenue et le silence. Chez Pierre Loti, les sentiments ne s’épanchent jamais avec éclat. Cette pudeur donne une émotion discrète et profonde, perceptible dans un regard ou quelques paroles.
- La fin que l’on se gardera bien de dévoiler ici ! Elle compte parmi les plus belles réussites du roman. D’une grande épure, sans effets inutiles, elle atteint pourtant une intensité émotionnelle remarquable. Une fois le livre refermé demeure encore le ressac obstiné de la mer.
Quelques réserves
Le style : le rythme volontairement lent et la minceur de l’intrigue pourront désarçonner les lecteurs habitués à des péripéties plus animées. En outre, le vocabulaire employé demeure dépouillé ; certains lecteurs pourraient même le juger pauvre. Pourtant, cette apparente simplicité épouse la nature des personnages. Tout ici repose sur les paysages, les silences et les non-dits.
Encore un mot...
Au fond, l’histoire demeure assez mince : il ne s’y passe, à proprement parler, que peu d’événements. Nulle analyse psychologique complexe à la manière de Honoré de Balzac, nul grand discours philosophique ou message appuyé. Et pourtant, le charme agit avec une force singulière. Très vite, on vit au rythme de cette existence battue par les vents et la mer. C’est peut-être dans cette austérité que réside la puissance de l’ouvrage.
Une phrase
“ Ce qui avait été un crépuscule blême, une espèce de soir d’été hyperborée, devenait à présent, sans intermède de nuit, quelque chose comme une aurore, que tous les miroirs de la mer reflétaient en vagues traînées roses.”
L'auteur
Pierre Loti (1850-1923), de son vrai nom Julien Viaud, fut officier de marine, académicien et infatigable voyageur. Toute son œuvre porte l’empreinte de ses traversées, de ses escales lointaines et de sa fascination pour les civilisations découvertes au fil des mers.
Le lecteur :
Après une longue parenthèse consacrée à la conception-rédaction, Marc Hamon retrouve ce qui fut, dès l’origine, son premier élan : le jeu. Formé au Conservatoire, nourri par l’expérience des cabarets, il met son talent au service de cette œuvre, attentif à en révéler la musique intérieure. Sa lecture habitée et sans emphase épouse parfaitement le rythme lent et mélancolique du roman.
Commentaires
Un merveilleux souvenir de lecture, dans lequel vous me donnez envie de me replonger, merci !
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