L’anarchie positive. Du bon usage de Proudhon
Parution en janvier 2026
544 pages
22,90 € ; 7,99 € en téléchargement
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Thème
- Le style : profondément littéraire, l’écriture de Michel Onfray se distingue par une ampleur presque baroque, immédiatement reconnaissable. Les phrases se déploient en accumulations, les adjectifs abondent, le vocabulaire se fait volontiers érudit et recherché. Pourtant, cette richesse lexicale n’alourdit jamais la lecture : les termes les plus rares sont précisés, éclairés, replacés dans leur contexte.
- Une volonté pédagogique : derrière l’essayiste affleure sans cesse l’ancien professeur, soucieux de conduire son lecteur pas à pas, d’éclairer les notions, de reformuler les principes et d’en rendre les enjeux aisément perceptibles. Ce désir de se faire comprendre à tout prix constitue l’une des forces du livre, même s’il conduit à simplifier certaines nuances ou à privilégier la clarté au détriment de la complexité.
- Un humour parfois féroce : Michel Onfray cultive un art de la provocation qui n’est pas sans rappeler la verve voltairienne, avec ce goût du trait acéré, de la formule qui dérange et de l’ironie qui vise juste. À rebours des convenances et des prudences langagières de notre époque, il prend plaisir à bousculer les certitudes, à malmener le politiquement correct et à provoquer pour mieux obliger à penser.
- Un travail de documentation remarquable : il me semble que, dans ses ouvrages de grande envergure, l’écrivain se montre moins polémiste. Ici, l’admiration qu’il porte à Proudhon ne l’empêche pas d’en exposer les zones d’ombre. Ainsi, les prises de position antisémites du penseur ne sont pas éludées : elles sont abordées frontalement, comme une part dérangeante mais incontournable de son héritage intellectuel.
Points forts
Des répétitions : Michel Onfray a déjà beaucoup écrit et parlé de Proudhon, notamment dans ses cours de Contre-histoire de la philosophie. Le lecteur familier de son œuvre retrouvera des thèmes, des analyses et des convictions longuement développés ailleurs. Il est d’ailleurs assez piquant de voir Onfray reprocher à Proudhon son manque de concision, tant on pourrait parfois lui retourner le compliment. D’un essai à l’autre, certains raisonnements reviennent avec insistance.
Quelques réserves
Les pages dévolues à la relation entre Marx et Proudhon comptent parmi les plus instructives de l’ouvrage. Michel Onfray y met en lumière l’opposition de deux conceptions radicalement différentes de l’émancipation sociale. Là où Marx pense la lutte des classes et la conquête du pouvoir, Proudhon privilégie davantage l’autonomie et le mutualisme.
Une phrase
“ Son [celui de Proudhon] lignage enraciné et rebelle, sa famille honorable et travailleuse, son milieu pauvre et modeste, son enfance campagnarde et panthéiste, son éducation austère et probe, sa jeunesse bohème et révoltée, sa formation autodidacte et boulimique, sauvage aussi, sa morale austère et carrée, sa vie monacale et militante, son œuvre puissante et méconnue, ses rencontres intellectuelles également structurent ce tempérament rugueux et sanguin.” P.137,138
L'auteur
La rencontre intellectuelle entre Michel Onfray et Proudhon est ancienne. Proudhon occupait déjà une place importante dans sa Contre-histoire de la philosophie (Grasset), où il s’attache depuis longtemps aux penseurs laissés en marge du récit philosophique dominant. L’Anarchie positive prolonge donc une fréquentation ancienne et manifeste une fidélité profonde à une tradition libertaire, décentralisatrice et antiautoritaire qui traverse une large part de sa pensée. Pour prolonger la découverte de Michel Onfray, on pourra également consulter quelques-unes des nombreuses chroniques de ses livres sur Culture-Tops :
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