Expositions

The Color Line, Les artistes africains-américains et la ségrégation.

A voir, à apprécier, à méditer

Infos & réservation

Musée du Quai Branly
37 quai Branly
75007 Paris
Tél. : 01 56 61 70 00
http://www.quaibranly.fr
Jusqu'au 15 janvier 2017: Mardi, mercredi et dimanche : 09h15 - 19h30 ; Jeudi, vendredi et samedi : 09h15 - 21h15

Lu / Vu par

Sophie Cistac
Publié le 15 nov . 2016

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Le Musée du Quai Branly consacre, avec l’aide du commissaire d’exposition Daniel Soutif, une exposition aux artistes africains-américains et questionne le rôle qu’a pu jouer leur travail dans la quête d’égalité. En effet, malgré l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis en 1865, une ségrégation raciale, réelle frontière entre deux communautés, a persisté : la « Color Line ». Cette exposition revient sur un siècle et demi d’histoire de racisme, de ségrégation et de créations artistiques et apporte un éclairage historique intéressant sur la question identitaire américaine, alors même que fin septembre Barack Obama inaugurait un musée dédié à l’histoire et la culture des africains-américains (National Museum of African American History and Culture -NMAAHC-).

La construction de l’exposition est chronologique et les délimitations entre chaque période (l’abolition de l’esclavage, les premiers combats contre la ségrégation, l’exposition universelle de 1900 à Paris, la première et seconde guerre mondiale, la quête des droits civils dans les années 60) sont clairement définies par le passage d’une salle à la suivante et une introduction complète sur cartel. 

150 ans d’histoire des Etats-Unis sont couverts dans cette exposition, qui rassemble une multitude de documents (des extraits vidéo, des reproductions de couvertures de journaux, des livres) et d’œuvres d’art (peintures, sculpture, lithographies, photographies).

Points forts

- Le principal atout de cette exposition est de mettre à l’honneur des artistes qui ont longtemps manqué de considération aux Etats-Unis et sont restés méconnus en France. A cet égard, l’exemple sur la Harlem Renaissance du début du XXe siècle, véritable effervescence culturelle et littéraire des africains-américains durant l’entre-deux-guerres, met en exergue de nombreux artistes aux qualités indéniables : pour ne citer qu’un artiste, les dessins aux couleurs très contrastées d’Aaron Douglas, mélange de modernisme et de motifs ancestraux africains, sont captivants. D’autres travaux, plus réalistes, témoignent de la vie de la communauté noire durant les guerres ; ainsi Albert Alexander Smith dessinait au crayon les scènes de repos sur le front de la première guerre mondiale.

- L’approche chronologique est un fil rouge qui permet de guider le visiteur dans cette découverte foisonnante et riche en documents -l’exposition en compte plus de 600-. De plus, l’exposition se veut très pédagogique : à chaque nouvelle étape, les éléments descriptifs, historiques, les copies de couvertures de journaux datées et les résumés des principaux théoriciens de l’époque permettent de bien contextualiser les œuvres.  

- De plus, la conception pluridisciplinaire (travaux écrits / musique / peinture / gravures/ lithographies) témoigne de la richesse de la création africaine-américaine et permet aux visiteurs de découvrir la grande diversité des travaux des artistes. La scénographie permet, à certains moments, de s’isoler et de se concentrer sur une thématique. Par exemple, le travail de Dubois est présenté dans une petite salle fermée par des rideaux où sont affichées face à face ses études statistiques et les photographies des familles noires qu’il a étudiées. De plus, une salle « Prière de Toucher » invite le visiteur à toucher des reproductions d’œuvres, à écouter en parallèle des commentaires audio; des explications en braille sont également proposées. Un réel atout pour les personnes non-voyantes, cette petite salle permet plus généralement une découverte tactile de l’exposition.

- Cette approche est également variée dans le ton : l’exposition aborde des thèmes très durs (comme le lynchage public d’africains-américains) et confronte des œuvres qui révèlent la cruauté de ces scènes – Strange Fruits de Billie Holiday - avec des travaux teintés d’humour de Harrington.

Points faibles

Un des grands points forts de l’exposition en fait également une faiblesse : c’est très riche. On se disperse parfois dans cet univers foisonnant et on perd de vue la question initiale : quel rôle a joué l’art dans la quête d’égalité ? Comment distinguer les œuvres qui témoignent uniquement tandis que d’autres critiquent ou revendiquent ?

Je regrette également que la dernière salle, qui rassemble les œuvres d’art contemporain, ne mette pas davantage en exergue les problématiques auxquelles doivent faire face aujourd’hui les africains-américains aux Etats-Unis. Que reste-t-il de cette color line aujourd’hui ?

En deux mots ...

L’exposition « The Color Line, les artistes africains-américains et la ségrégation » propose une découverte d’un monde artistique trop longtemps resté méconnu des musées -états-uniens et a fortiori français...

Commentaires

michelle
Le 11 jan. 2017
à 02h03

j ai visite cette expo avec ma fille et mon epoux on ne peut rester insensible a la problematique developpe par cette expo une journee ne suffuit pas car l expo est riche et fournie il faut s arreter lier et contempler chaque oeuvre s impregner de lambiance et de la musique qui s echappe de certaines salles des films on en sort epoustoufler et riche ;nous avons decides dy retouner une nouvelle fois avant la fermeture de lexpo

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