Expositions

Maurizio Cattelan: Not Afraid of Love

Provocation créatrice et stimulante

Infos & réservation

Monnaie de Paris
11 Quai de Conti
75006 Paris
Tél. : 01 40 46 56 66
http://www.monnaiedeparis.fr
Jusqu'au 8 janvier 2017: Ouverture tous les jours de 11h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

Lu / Vu par

Sophie Cistac
Publié le 26 oct . 2016

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

L’exposition, « Not Afraid Of Love » , reprend le nom d’une œuvre datant 2000, éléphanteau naturalisé dissimulé sous un drap blanc, uniquement troué au niveau des yeux.

Si le thème annoncé évoque explicitement la peur de l’amour, les œuvres présentées à la Monnaie de Paris recouvrent une diversité de sujets, et tout particulièrement la question de l’autoportrait, du double, de la mort et des peurs. 

Cette exposition permet aux visiteurs français de découvrir une quinzaine d’œuvres parmi les plus emblématiques de l’artiste.

Points forts

- Le plus grand intérêt de cette exposition est principalement son seul fait d’être : en effet, pour la première fois, les œuvres de Maurizio Cattelan sont exposées dans un musée français. A cette occasion, les visiteurs de la Monnaie de Paris peuvent découvrir les œuvres les plus connues de l’artiste, qui structurent le parcours de l’exposition : la Donna (2007), jeune femme crucifiée au mur, La Nona Ora (1999) ou encore Him (2001) le corps d’enfant au visage d’Hitler en train de prier. 

Les œuvres qui se succèdent dans les salons de la Monnaie de Paris peuvent faire sourire le visiteur -comme lorsque l’on découvre Mini Me (1999), une miniature de Cattelan assise à côté des pigeons naturalisés sur un rebord de plafond-; l’interpeller –Charlie Don’t Surf (1997), apparait comme un simple adolescent assis à un bureau de dos, et lorsque l’on s’approche, on découvre que ses mains sont transpercées par deux crayons; ou le saisir d’effroi –lorsque l’on découvre All (2009), série de blocs de marbre sculptés en forme de gisants sous linceul blanc.

- De plus, il est intéressant de voir comment Maurizio Cattelan a pris possession des lieux, et ce, de la façade de l’hôtel au choix de la matière du sol des salons. Ainsi, la découverte de Maurizio Cattelan débute à l’extérieur du bâtiment où sont accrochés des pancartes portant des adjectifs sur la personnalité de Cattelan. Si le visiteur lève les yeux, il découvrira la sculpture de l’enfant pendu au-dessus de l’hôtel et, à peine entré dans l’hôtel, il apercevra deux œuvres dans l’escalier d’honneur. Moquette rouge dans le grand salon, murs repeints, sol percé pour y introduire un double de Cattelan -Sans titre (2001)- qui se hisse aux pieds du visiteur, l’artiste fait sien tous les éléments de l’hôtel du XVIIIe siècle.

- Enfin, la collaboration de différentes personnalités pour la rédaction de cartels apporte des clefs de lecture intéressantes et variées pour le visiteur. Parmi une longue liste, on découvre les interventions d’Audrey Azoulay, Laurence Bertrand Dorléac, Bernard Blistène, Christian Boltansky, Jack Lang ou encore Christian Lacroix.

Points faibles

- Pour ceux qui découvrent le travail de Cattelan, il est nécessaire d’être enclin à se confronter à des œuvres volontairement chargées de provocation, d’humour noir et de subversion, pour profiter pleinement de l’exposition.

- Pour les aficionados des œuvres de Cattelan, qui ont déjà eu l’occasion de voir ses travaux dans des galeries ou à l’étranger, cette exposition n’est qu’une relecture d’œuvres déjà exposées et souvent très connues. Il semblerait qu’il soit encore nécessaire de se rendre à New-York pour profiter des dernières œuvres de l’artiste – ce dernier a récemment créé des toilettes en or pour les visiteurs du Guggenheim de New-York.

En deux mots ...

« Not Afraid of Love » est la première exposition en France mettant en scène des œuvres emblématiques de Cattelan dans un musée. Ce qui est en soi, sur le plan artistique, un événement.

L'auteur

Maurizio Cattelan, né en 1960 à Padoue, est un artiste italien qui s’est fait particulièrement connaitre sur la scène de l’art contemporain à partir des années 1990.

Issu d’un milieu populaire et rejetant frontalement le modèle de l’école, le jeune Maurizio Cattelan multiplie les petits boulots sans trouver de situation stable. L’artiste raconte que ces différentes expériences l’aident toutefois à déterminer ce qu’il ne souhaite pas faire : travailler. Ainsi, après une période passée dans le design immobilier, il décide de se lancer dans le milieu de l’art, ce qui correspond selon lui au mieux à son objectif premier. mais sans pour autant assumer un statut d’artiste.

Le crédo de Cattelan peut se résumer en un seul mot: la provocation. Son humour noir étonne et son travail dérange– la Nona Ora, représentation à taille réelle du pape Jean-Paul II avait fait couler de l’encre, tout comme l’accrochage dans les rues de Milan de figurines d’enfants pendus, qui avait causé la chute grave d’un homme ne supportant l’image des pendus et qui avait décidé de les décrocher. En outre, la personnalité de Cattelan est souvent associée à la revue Toilet Paper, qu’il a créé.

Cependant, ce qui fait la plus grande force du travail de cet artiste, c’est l’effet de surprise. Ainsi, en 2011, il décide de se retirer du monde de l’art après l’exposition « Maurizio Cattelan, All » au Musée de Guggenheim de New-York, durant laquelle il avait suspendu l’intégralité de ses œuvres au plafond. 

Après cinq années, donc, de retrait du monde de l’art (à l’exception d’une petite reprise lors de son passage à la Fondation Bayeler), Maurizio Cattelan nous surprend avec une nouvelle exposition qu’il décrit comme « post requiem ».

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