Expositions

Moulène

Une exploration mathématique des formes, du corps humain et de l'espace

Infos & réservation

Centre Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004 Paris
Tél. : 0144781233
http://www.centrepompidou.fr
Jusqu'au 20 février 2017: Tous les jours de 11h à 22h (fermeture des espaces d'exposition à 21h) Le jeudi jusqu’à 23h
Publié le 13 déc . 2016

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Une fois le portillon passé, un tas de journaux posés à terre accueille le visiteur. Ce dernier est invité à se saisir d’un exemplaire avant de pénétrer dans l’espace d’exposition. Cette série de journaux est un recueil de photographies réalisées et datées par Jean-Luc Moulène, Cette introduction aux travaux photographiques de l’artiste se poursuit dans l’antichambre de l’exposition où sont disposés des recueils de photographies portant sur quatre thèmes : « la vigie »,  « le tunnel « les filles d’Amsterdam »», « 58 produits de Palestine » et « 38 objets de grèves ». Dans un second temps, le visiteur est invité à pénétrer dans l’unique plateau qui compose l’exposition pour découvrir la « rétrospective de protocoles ».

Cette dernière consiste à présenter ses nouvelles recherches sur les objets et les formes. Grâce à une étude précise des matériaux et l’utilisation de techniques industrielles, Jean-Luc Moulène explore matériellement la théorie des ensembles. Se fondant explicitement sur cette théorie mathématique, il conçoit un objet comme un ensemble, intersection de deux volumes, et use de ce principe pour proposer au « regardeur » (terme privilégié par l’artiste) le résultat de cette expérimentation. Il questionne dans cette exposition les notions d’intersections, de volumes et d’espace -notamment public.

Points forts

- L’approche artistique de Jean-Luc Moulène, conjugaison d’art, de science et technicité industrielle, est très poétique : le contour d’une forme devient bord et la surface se réduit à une intersection de deux volumes. Les formes ainsi créées sont intrigantes et sont disséminées harmonieusement dans l’unique plateau. La situation de l’exposition, au niveau de la rue Saint-Merri donnant sur la Fontaine Stravinsky, met particulièrement bien en exergue son questionnement de l’espace public et sa volonté d’associer l’exposition à un environnement urbain.

- De plus, le parcours est pensé de manière initiatique. Le premier sentiment qui saisit le visiteur est la surprise de voir tous les objets, inertes, posés sur des socles dans l’unique espace. Puis, grâce au plan sur la documentation, on part à la conquête de ces formes, qui deviennent plus facilement reconnaissables grâce aux titres – par exemple, en faisant le tour de « Car&Girl », 2016, on devine la fusion d’un corps de femme et d’une voiture.

- Fort de cet apprentissage, les grands thèmes traités par l’artiste surgissent d’eux-mêmes. Les sculptures apparaissent comme des formes disséquées – « Figure Intermédiaire », 2016 est une sphère coupée par des surfaces planes-, des volumes mathématiques réalisés dans l’espace et conçus dans une grande diversité de matières. Le thème du corps humain, prégnant dans toute son œuvre et enrichi par la fréquentation par Jean-Luc Moulène de Michel Journiac, artiste corporel- apparait particulièrement présent ici -par l’utilisation de forme d’os, de corps humains, de sculptures humaines…

Points faibles

- Il faut aborder l’exposition de Jean-Luc Moulène comme un tout, une proposition formulée dans une seule phrase et exposée dans un unique espace. Si on ne prend pas le temps d’analyser la trentaine d’œuvres, les correspondances entre les objets et le lien avec la théorie des espaces, l’exposition peut paraitre courte.

- De plus, je regrette que le travail sur les matériaux ne soit pas mieux mis en évidence. Comme souvent dans les expositions d’art contemporain, et par souci esthétique de laisser pur l’espace d’exposition, les cartels sont éloignés des œuvres. Il est donc nécessaire pour le visiteur de revenir sur ses pas -pour chaque œuvre, à moins de prendre des notes- pour connaitre le matériel de création. Il faut donc faire preuve de beaucoup de proactivité pour entrer de plain-pied dans cette exposition...

En deux mots ...

« La rétrospective de protocoles » de Jean-Luc Moulène est une belle parenthèse esthétique et propose une exploration mathématique des formes, du corps humain et de l’espace.

J’encourage les visiteurs à s’aventurer de ce côté du centre Pompidou, car l’exposition Moulène – intrigante en soi- est accolée à l’espace réservé au Prix Marcel Duchamp 2016. Cela permet de conclure la « rétrospective de protocoles » par les brillants travaux de Yto Barrada, Ulla Von Branderburg, Barthélémy Toguo et le film-essai captivant Réfléchir à la mémoire du lauréat Kader Attia.

L'auteur

Jean-Luc Moulène, né en 1955, est un artiste contemporain italien. Après des études d’arts plastiques et dix années passées en tant que conseiller artistique, il se consacre à la création. 

Si l’artiste est particulièrement connu pour ses photographies, ses travaux prennent des formes très diverses : dessins, peintures ou encore sculptures. A l’occasion de l’invitation au Centre Pompidou pour une rétrospective de son œuvre, il décide de proposer « une rétrospective de protocoles » et expose à cette occasion ce qui caractérise au mieux son travail actuel : l’étude d’objets.

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