Expositions

Paul Klee, l'ironie à l'oeuvre

Paul Klee: et l'art, dans tout ça, qu'est-ce que c'est?

Infos & réservation

Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris
Tél. : 01 44 78 12 33
http://www.centrepompidou.fr

Lu / Vu par

Marie Wimez
Publié le 21 avr . 2016

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Réunissant 230 œuvres, cette rétrospective propose une nouvelle lecture de l’œuvre de Paul Klee, autour des thèmes de l’ironie et du commentaire satirique.

Paul Klee est né en Suisse, en 1879, dans une famille de musiciens. 

Il a beaucoup voyagé. En 1906, il s’est installé avec sa femme à Munich où il a enseigné au Bauhaus. En 1933, il s’exile en Suisse, fuyant le nazisme. Il meurt à Locarno en 1940      

Attiré par les modernismes de son temps, Paul Klee n’a jamais hésité à ironiser sur leurs principes. Ce que veut nous montrer l’exposition, c’est que Klee a adopté des postures toujours différentes, pratiquant l’ironie, la satire, voire le grotesque tout en balançant constamment entre le réel et l’idéal ainsi qu’en maniant le paradoxe ou les antagonismes avec une virtuosité certaine. A l’aune de sa technique qui oscille entre un abord facile et une extrême sophistication.

Points forts

- L’approche didactique : l’exposition se déploie en 7 sections thématiques; chaque étape de  l‘évolution artistique de Klee est mise en lumière.  Influencé  par le cubisme, le constructivisme, le surréalisme, Dada et Picasso, le style de l’artiste suisse aboutit à une œuvre très singulière, «inclassable».  

- Les effets de couleur, de matière et de profondeur associés à la subtilité des petits détails. De ce point de vue, on remarque tout particulièrement certaines oeuvres:  «Saint Germain près de Tunis » (1914), aquarelle colorée d’inspiration cubiste. Des toiles très esthétiques comme: «une maison» (1915), « roseraie » (1920), «la fenêtre», huile de 1922; «l’homme aux larmes», aquarelle et gouache, de 1923; et «le sauteur aquatique» (1930).

Points faibles

- Le petit format de nombreuses toiles, surtout en début de parcours.

- Les «inventions» de 1903 à 1905, soit onze gravures/eaux fortes tournant le corps en dérision, tant que s’en est «grotesque». En l'occurrence, le souci esthétique semble absent; même chose concernant les 3 sculptures en plâtre datées de 1915.

- Certains dessins au style enfantin ne suscitent pas toujours de plaisir esthétique. Le processus créateur, que l’artiste s’emploie à rendre visible (les élastiques fixant sa feuille, par exemple), peut laisser indifférent.  

En deux mots ...

1 On sort de cette exposition avec l'impression que l’œuvre de Klee est à la fois complexe, irrégulière quant à son intérêt, et difficilement classifiable. 

2 Et, surtout, qu'elle repose la question du «qu’est-ce-que l‘art»:  un va et vient entre autocréation et autodestruction? Le moins qu'on puisse dire est que le regard que Klee porte sur la situation de l’art au début du XXe siècle est plutôt négatif.

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