Expositions

Rouge. Art et utopie au pays des soviets

CQFD: L'art n'est pas fait pour être politiquement embrigadé
Commissaire : Nicolas Liucci-Goutnikov

Infos & réservation

Grand Palais, Galeries nationales entrée Clemenceau
Tél. : 01 44 13 17 17
https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/rouge
Jusqu'au 1er juillet 2019

Lu / Vu par

Anne Jouffroy
Publié le 04 avr . 2019

Recommandation

3,0BonBon

Thème

La politisation des arts en Russie soviétique de 1917 à la mort de Staline en 1953.

L'exposition considère deux périodes historiques et artistiques différentes :

De 1917 à 1929,  l'espoir : "Le Productivisme", l'utopie artistique des années 20.

De nombreux artistes de gauche, héritiers du Constructivisme, adhèrent au projet communiste et participent par leurs œuvres à l'édification de la société nouvelle. Vladimir Maïakovski, Alexandre Rodtchenko et Vladimir Tatline, pour ne citer qu'eux, décident d'arrêter « l 'art bourgeois » de la peinture de chevalet et de la sculpture. Ils inventent de nouvelles formes d'art pour les masses prolétaires (affiches, spectacles dans les usines, films, montages photographiques) et s'attachent à en « produire » le plus possible pour les villes et les campagnes.

Leurs productions sont très inventives car les artistes s'opposent, entre-eux, dans la définition de ce que doit être l'art du socialisme.

Mais en 1929, les débats sont clos sous la férule de Staline.

De 1929 à1953, la soumission : "Le Réalisme socialiste", l'art de la propagande stalinienne.

Staline impose, en effet, une doctrine esthétique qui régit peu à peu tous les secteurs de la création.

         Considérée comme la plus apte à pénétrer les masses et à leur présenter les modèles du nouvel homme socialiste, la peinture de chevalet est de retour.

Ainsi, La Société des artistes de chevalet à Moscou, avec Alexandre Deïneka ou Youri Pimenov, et Le Cercle des artistes à Leningrad, avec Alexandre Samokhvalov ou Alexeï Pakhomov, proposent une peinture de mythification célébrant héros idéalisés et avenir radieux.

Points forts

La séparation bien marquée entre les 2 périodes artistiques : le Productivisme, au 1 er étage, dont les cimaises claires évoquent l'espoir en une société nouvelle ; le Réalisme socialiste, au 2nd étage, dont les cimaises foncées illustrent la soumission et la terreur.

L'intérêt historique des 450 œuvres et documents prêtés par les musées russes et le Centre Pompidou.

Les textes des salles.

La sélection des vidéos de films de propagande, inédits en France.

Les photos et autres documents glaçants des procès staliniens qui permettent de ressentir le drame vécu par les artistes de l'époque (Terreur d'Etat, terreur dans l'art).

Les 2 tableaux, non-politiquement-corrects, découverts à la mort des artistes dans une cachette de leur atelier...des œuvres intimes d'une tristesse infinie, très émouvantes.

Points faibles

Ne pas s'attendre à des émotions artistiques...

Mais, on l'aura compris, il s'agit, ici, d'un « art  nécessaire » politiquement.

En deux mots ...

Une rétrospective intéressante pour les Historiens et les amateurs d'Histoire contemporaine.

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