Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur

De la nécessité de nouer un nouveau contrat social, en appliquant la règle des 3 M :.Moins-Mais-Mieux !
De
Denis Pennel
Editions du Panthéon - 300 pages - 20,90€
Notre recommandation
Excellent

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Thème

La pandémie a placé chaque consommateur dans une  tenaille schizophrénique entre, d’une part, sa volonté de consommer toujours plus et plus vite  et, d’autre part, le risque majeur de perdre son emploi à cause de l’automatisation ou de l’externalisation  de sa fonction. 

 C’est ainsi que,  entre bien d’autres maux, la crise de la  Covid 19 a montré l’ addiction de notre société et «notre appétit insatiable, notre soif inextinguible..» pour une consommation effrénée,  en temps  réel, accessible 24 h sur 24 , 7 jours sur 7.

 Mais avec le confinement à répétition nous  avons redécouvert la notion de manque, la lenteur, la patience, la  frugalité, le silence  et le calme  dans les villes. Fort de ce constat l’ auteur  analyse cette « révolution » de notre modèle  économique  comme celle  d’un passage  d’une « économie de masse » à une économie  dictée par la demande.

 Dans  cette nouvelle ère , le consommateur devenu roi  impose aux entreprises de  se réorganiser,   de  devenir plus  agiles et ce très largement au  détriment  «  des  travailleurs ». Sous nos yeux nait  et prospère une  société de  surabondance, ( déjà conceptualisée par François- Xavier  Oliveau in  la  crise de l’abondance,  L’ Observatoire 2021)  caractérisée par le  gaspillage des ressources, la hausse  des inégalités et une course folle  vers le « toujours plus » .

Points forts

Le dogme productiviste  - extraire, produire, consommer, jeter-  fait courir des  risques inédits pour la planète. L’auteur  examine  dans ce brillant nouvel  essai les voies et moyens  susceptibles  de modifier ces comportements impulsifs jusqu’à  espérer modifier la logique  du système capitaliste pour le  rendre plus inclusif et plus équitable.

 Quelle place pour l’Etat  dans ce nouveau défi ? Quel système de protection sociale à repenser ?

 Denis Pennel propose des actions concrètes  pour remettre l’économie et la finance au  service de la  société, respecter la planète et placer l’humain au cœur du modèle.

Points faibles

Les  développements sur la  fin de la « culture de masse » et les  risques du communautarisme et d’éclatement  de la vie politique ( qui y sont liés ) auraient mérité sans doute  d’être mis en perspective de l' après crise. Ce qui laisse espérer une parution complémentaire  et attendue !

En deux mots

 Les réponses  de  Denis Pennel  s’inscrivent  sur l’ axe  de la  refonte  de notre contrat  social :  Recréer du lien, renouer le  dialogue social, combattre la marchandisation du  travail pour  parvenir ((enfin !)  à un  capitalisme plus humain .   Les propositions  et la vision  de Denis Pennel sonnent justes :   Il n’y a plus de  temps à perdre ! 

Une phrase

« .. l’apparition de nouveaux risques (diversification des  formes de  travail, carrières hachées, vieillissement de la population, familles monoparentales,etc.) et l’allongement de leur durée au cours  de la vie  obligent à  repenser notre contrat  social. La logique du modèle hérité  de 1945 était de  faire peser sur le  travail  l’essentiel de la protection  sociale en  raison  du  ratio : nombre  d’ actifs/ inactifs ( 4 actifs contre 1 inactif) ... Aujourd'hui nous  sommes déjà à 1,8 avec  le  risque de tomber en 2050 à 1,2,…. » p. 277

L'auteur

Denis Pennel, expert, influenceur et  auteur  de livres   ( dont : “Travail, la  soif de liberté” -2017 nommé par le Prix  Turgot) est  reconnu  du monde  du  travail et de l' économie  sociale. Il est professeur à   Sciences Po et membre de plusieurs Thinks Tanks.

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