Les guerres des mers - La Marine française au coeur des nouveaux enjeux du monde
Parution en janvier 2026
238 pages
20, 90 euros
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Thème
L’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine française, nous expose les enjeux et la grandeur de la Marine française en tant que « marine globale », présente sur toutes les mers du globe.
Chacun des chapitres s’ouvre par une introduction autobiographique au sein d’une actualité plus ou moins récente. Nous entrons ainsi dans le vif du sujet, où l’expérience précède une analyse prompte et factuelle de la question abordée.
Au fil des pages se déploie devant le lecteur l’éventail des opérations propres à la flotte française. Face aux dangers et aux menaces, elle se confronte aux autres puissances maritimes, au narcotrafic, à la piraterie, au changement du climat et à la situation des réfugiés.
La technologie, le réarmement, l’industrie, sont au cœur du sujet ainsi que la « flexibilité opérationnelle », la « diplomatie agile », le « doute stratégique », la « zone grise », la « respiration collective », et l’ADN du marin ; tous ces thèmes sont abondamment présentés, expliqués, développés .
La géopolitique des mers ainsi que celle des airs et des terres sont intimement liées. Le consensus « Marine nationale - commerce », indispensable en temps de paix ou à l’approche de conflits entre Etats plus ou moins étendus, nous est dévoilé avec la complexité qui lui est propre. Nous découvrons aussi le choix du risque contre l’inaction, ainsi que le partenariat ou les alliances. Le seul moyen de « tenir la mer », de « rester dans le théâtre des opérations », nous est confié : il s’agit d’« être prêt ».
Points forts
Le livre peut s’adresser au profane qui reçoit ainsi l’occasion de réaliser ce qu’est la Marine nationale ; il peut susciter des vocations de marins et peut être mis entre de jeunes mains au même titre qu’un roman de Jules Verne .
Quelques réserves
Au vu de l’actualité mondiale, la découverte de notre Marine s’avère frustrante. Qu’en est -il à ce jour, au regard de l’accroissement de nos futurs rayons d’action obligatoires ? Une suite à cet essai pourrait éviter que s’émousse la confiance ; cependant il est extrêmement délicat aujourd’hui « de dire l’histoire » car c’est trop tôt .
Encore un mot...
Dans un style clair et précis, connaissance et analyse, partagées par l’auteur au lecteur, permettent de visualiser, de suivre et de comprendre la permanence de notre action maritime. Les risques tangibles sont développés, les défis à relever le sont tout autant, ainsi que la complexité du Droit International. En effet, ce récit génère et vivifie notre réflexion.
À noter que l’on peut suivre sur internet les interventions récentes de l’auteur.
Une phrase
« L’exemple le plus frappant apparaît en mer de Chine méridionale, où la République populaire de Chine revendique près de 90% de l’espace maritime via sa ligne des « dix traits ». Cette délimitation de la zone sur laquelle elle affirme unilatéralement avoir une souveraineté enveloppe les archipels contestés des Spratleys et des Paracels, au détriment de ses voisins comme les Philippines, la Malaisie et le Vietnam. Cette revendication est en contradiction avec notre interprétation du droit international et s’oppose aux réclamations des autres Etats riverains, comme l’a d’ailleurs jugé en 2016 la Cour permanente de l’ONU. » P.51
« Remontons encore l’histoire et souvenons-nous que la Marine royale a été créée par Richelieu précisément pour protéger nos flux commerciaux contre les pirates et les marines concurrentes. Nos opérations actuelles dans le détroit de Bab-el-Mandeb, qui sépare le Yémen de Djibouti et de l’Erythrée, sont donc un retour aux fondamentaux : une Marine de guerre protégeant le commerce et les intérêts nationaux. La forme change, les menaces évoluent, mais la mission demeure. » P. 87
« La situation en Baltique illustre parfaitement ce que j’appellerais l’effet « camisole » qui affecte désormais la Marine russe. Imaginez une personne enfermée dans une camisole de force et tentant désespérément de bouger : ses mouvements sont limités, prévisibles et inefficaces ; c’est ce qui se passe avec les forces navales russes dans cette région. » P. 132
L'auteur
Chef d’état -major de la Marine nationale depuis septembre 2023, Nicolas Vaujour, né en 1968, est admis à l’Ecole Navale en 1989. En 1992 il est affecté à la frégate Ventôse, puis De Grasse en 96, puis Jean Bart en 98. Capitaine de corvette, il protège le port de Djibouti et il commande en 2004 l’aviso Commandant Birot dans l’Océan Indien. En 2012, il prend le commandement de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul. Promu Vice-amiral en 2020, il est nommé Amiral chef d’état-major de la Marine le 1er septembre 2023. Il prend la plume pour Les guerres des mers, alors qu’il est en plein exercice.
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