Bel Ami

Un chef-d’oeuvre du XIX° siècle qui n’a rien perdu de son mordant
De
Guy de Maupassant
Version audio réalisée par les éditions Écoutez lire parue en 2008
Texte lu par Jacques Roland
Durée 10 h 10 min
9,90 € en téléchargement
(Edition brochée, première parution en 1885 chez Victor Havard 441 pages)
Notre recommandation
5/5

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Thème

Le pouvoir, l'argent, les médias... Dans Bel-Ami, ces forces s'entrelacent en une toile dont les fils semblent n'avoir jamais cessé de nous envelopper. En suivant l'irrésistible ascension de Georges Duroy, Maupassant révèle un monde où séduire vaut souvent mieux que mériter. Plus de cent quarante ans après sa publication, cette satire n'a rien perdu de son mordant.

Points forts

  • Le style : comme dans ses nouvelles, l’écrivain va droit au but, privilégiant la précision du trait à l'abondance descriptive, loin des longues fresques balzaciennes. Parmi les nombreuses formules qui jalonnent le roman, celle-ci demeure ma préférée : « Car les paroles d'amour, qui sont toujours les mêmes, prennent le goût des lèvres dont elles sortent. » Et puis il y a cette ironie, discrète, parfois mordante, qui affleure au détour d'une phrase et fait souvent sourire. La citation en fin de chronique en est une savoureuse illustration.
  • Bel-Ami lui-même : Georges Duroy est un personnage aussi fascinant que insaisissable. Sans fortune ni scrupules, il gravit les échelons grâce à son charme, son opportunisme et son instinct redoutable des faiblesses humaines. On le condamne autant qu'on l'admire, tant son ambition dévorante le pousse à faire de chaque rencontre un marchepied vers la réussite. Ce héros ambigu, parfois émouvant ou ridicule met en lumière par son cynisme les faux-semblants de son temps.

Quelques réserves

Une histoire immorale ? C'est l'un des aspects les plus déroutants de Bel-Ami. Sans rien dévoiler de son dénouement, disons simplement que le destin se montre particulièrement généreux envers Georges Duroy, en dépit d'une conduite qui ne cesse de heurter les principes de la morale. Manipulations, trahisons, calculs intéressés... rien ne semble entraver son inexorable progression. Le romancier ne cherche ni à absoudre ni à condamner le protagoniste éponyme. Il se contente d'en observer les succès avec une lucidité presque clinique, laissant au lecteur le soin d’exercer son jugement par lui-même.

Encore un mot...

Les femmes : Impossible de les confondre. Chacune impose sa voix, son tempérament, sa manière d'aimer ou de conquérir sa place. Madeleine Forestier séduit par son intelligence politique ; Clotilde de Marelle apporte au récit légèreté et spontanéité ; Madame Walter, quant à elle, incarne la passion amoureuse. À travers elles, l’auditeur mesure la cruelle condition féminine au XIXᵉ siècle.

Une phrase

“ Le notaire était un petit homme tout rond, rond de partout. Sa tête avait l’air d’une boule clouée sur une autre boule que portaient deux jambes si petites, si courtes qu’elles ressemblaient aussi presque à des boules.”

L'auteur

Peu d'écrivains ont observé leurs contemporains avec une telle acuité. Chez Maupassant, chaque sourire cache un calcul, chaque ambition révèle une faiblesse humaine. Disciple de Gustave Flaubert, il est surtout célèbre pour ses nouvelles (Boule de Suif, Le Horla). Son œuvre explore avec une grande finesse les passions humaines, les inégalités sociales et les illusions de son époque.

Le lecteur :
Jacques Roland se met avec une justesse remarquable au service du texte. Sa lecture en épouse toutes les nuances, toutes les respirations. Sous sa voix, les personnages cessent d'être des silhouettes de papier. Ils respirent, s'affrontent, séduisent, manipulent. Une inflexion, une intonation, un changement de cadence suffisent à faire vivre les dialogues avec un étonnant naturel.

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