Elle s’appelait Sarah
Texte traduit par Agnès Michaux
Lu par Odile Cohen
Durée 3 h 30
18,30 Euros ; 16,45 Euros en téléchargement
(Edition brochée, première parution en 2007 chez Héloïse d’Ormesson 416 pages)
Infos & réservation
Thème
La mémoire, la culpabilité collective et le poids des secrets enfouis. Paris, juillet 1942 : Sarah, une petite fille de dix ans, est arrêtée avec ses parents au milieu de la nuit. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, doit couvrir la commémoration de la Rafle du Vél d’Hiv. Son chemin va croiser celui de Sarah...
Points forts
- Une double narration bien pensée : en croisant les trajectoires de Sarah, arrêtée en 1942, et de Julia, journaliste en 2002, le récit tisse un lien tendu et douloureux entre mémoire enfouie et quête contemporaine de vérité.
- Un supplément audio précieux : l’interview finale, incluse dans la version Audiolib, offre un éclairage précieux sur la genèse du roman et sur le lien personnel que Tatiana de Rosnay entretient avec le devoir de transmission. C’est un vrai plus.
- Un livre devenu référence : recommandé dans les programmes scolaires de troisième, ce best-seller n’a pas volé son statut de classique contemporain. Difficile de le refermer sans se demander : et moi, qu’aurais-je fait ?
Quelques réserves
- Le style : le style de Tatiana de Rosnay se caractérise par une grande simplicité, parfois à la limite de la platitude. Les phrases sont courtes, souvent stéréotypées, ce qui peut donner une impression de monotonie. Cela tient peut-être au fait que le roman a été écrit en anglais avant d’être traduit, ce qui se ressent dans la langue. Cela dit, cette écriture dépouillée convient aux scènes les plus fortes – notamment celles de la rafle – où toute recherche stylistique serait déplacée. Et cette sobriété peut aussi toucher un public plus jeune, ce qui explique sans doute en partie l’attribution du prix Plume de Paon des lycéens en 2011.
- Une amputation regrettable : l’édition Audiolib précise qu’il s’agit d’une version abrégée, approuvée par l’autrice. Dommage. L’absence de certains passages affaiblit la portée du récit, notamment la scène cruciale de la rencontre entre les fillettes et leur geôlier, qui éclaire pourtant les raisons de sa complicité lors de leur fuite. Un enregistrement intégral aurait sans doute renforcé la cohérence et la force émotionnelle de l’ensemble.
- Un second thème : l’écrivaine intègre à son récit une dimension plus intime – questionnements sur la maternité, tensions conjugales – qui enrichit le personnage de Julia, mais peut aussi détourner l’attention du sujet central : le sort de Sarah et le passé effacé. Ces thématiques secondaires, bien que légitimes, peuvent donner à l’intrigue une structure un peu dispersée.
Encore un mot...
Le roman a connu une seconde vie à l’écran en 2010, dans une adaptation sobre et poignante signée Gilles Paquet-Brenner, avec une Kristin Scott Thomas juste et habitée, couronnée par un César mérité. Tatiana de Rosnay s’y est reconnue, et c’est compréhensible : le film prolonge fidèlement l’émotion du livre, sans en trahir la pudeur.
Une phrase
Zakhor, Al Tich kah. “Souviens-toi. N'oublie jamais.”
L'auteur
Franco-britannique, Tatiana de Rosnay est journaliste, scénariste et romancière. Elle s’appelait Sarah, son plus grand succès, a été traduit en plus de 40 langues, adapté au cinéma et s’est vendu à plus de onze millions d’exemplaires dans le monde.
La lectrice :
Odile Cohen est une actrice française, très active sur les planches et dans le doublage de films. Elle interprète avec sobriété les scènes de 1942 et insuffle davantage de vivacité à celles de 2002.
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