Le compagnon de voyages et autres contes merveilleux
Texte lu par quinze comédiens
Durée 1 h 05
9,90 euros en téléchargement
(Edition brochée, première parution en 1876 chez Hachette, 64 pages au Mercure de France)
Infos & réservation
Thème
À la question : « Citez un auteur danois », je ne suis même pas certain que le nom d’Andersen me viendrait immédiatement à l’esprit. Il fait partie de ces écrivains étrangers que l’on oublie tant leurs histoires ont irrigué notre imaginaire collectif. Le Compagnon de voyage célèbre la bonté et la foi en les êtres. Le Petit Ole Ferme-l’œil ouvre les portes du rêve. Quant au Goulot de bouteille, on assiste à un véritable tour de force poétique. D’un objet brisé, il fait le dépositaire mélancolique d’une existence humaine. Une méditation discrète sur le temps et le destin.
Points forts
Un univers féérique : Le Compagnon de voyage enchante par son atmosphère de légende, peuplée d’épreuves, de fidélité et de miracles. L’enfance s’invite dans Le Petit Ole Ferme-l’œil. Dans Le Goulot de bouteille, il confie à un simple débris de verre la mémoire d’une vie entière. Dans chacun de ces récits se dessine cette tonalité si particulière au conteur danois : une compassion infinie pour les êtres fragiles, les oubliés et les choses perdues. L’irréel n’efface jamais la tristesse ; il lui offre simplement un éclairage plus doux.
Quelques réserves
Des histoires datées ? À l’heure des écrans omniprésents et de l’immédiateté devenue réflexe, la question mérite d’être posée : Andersen peut-il encore toucher les jeunes générations ? La dimension morale peut également sembler éloignée des sensibilités contemporaines. La foi chrétienne qui affleure en filigrane, comme la pureté parfois naïve des personnages, semble appartenir à un autre siècle. Et pourtant, le taxer de « daté » serait sans doute passer à côté de l’essentiel. La peur de la solitude, le besoin d’être aimé, la nostalgie de l’enfance, le sentiment du temps qui passe : autant d’émotions qui, elles, ne vieillissent jamais.
Encore un mot...
Il ne faut surtout pas se contenter des versions édulcorées que les grands studios américains ont popularisées au fil des décennies. Elles ont souvent adouci la singularité d’Andersen : cette alliance troublante de lumière et de douleur, de féérie et de cruauté silencieuse. Saluons le travail des éditions Le Livre Qui Parle qui ont eu l’excellente idée de redonner vie à ces contes moins célèbres. Ils gagnent à être redécouverts, tant ils révèlent la richesse et la sensibilité de cet écrivain.
Une phrase
“ Jean pleurait : il n’avait plus personne au monde, ni père ni mère, ni frère ni sœur. Pauvre Jean ! Agenouillé devant le lit, il baisa la main de son père mort et versa des larmes amères…”
L'auteur
Né en 1805 à Odense, dans une famille pauvre, Hans Christian Andersen grandit au milieu des privations et des rêves, deux matières qui nourriront toute son œuvre. Fils d’un cordonnier et d’une blanchisseuse, enfant solitaire et souvent moqué, il conserve toute sa vie la mémoire douloureuse de cette fragilité sociale et affective qui apparaît dans chacun de ses écrits.
Le clin d'œil d'un libraire
Quinze comédiens se relaient ici et cette pluralité de voix apporte chair et présence au texte. Ceux-ci semblent ainsi retrouver quelque chose de sa dimension première : celle d’une intrigue transmise oralement, au coin du feu, portée par le souffle vivant de la parole. Les timbres se répondent et se nuancent avec finesse. Tour à tour, ils incarnent la tendresse, l’inquiétude, l’émerveillement ou la mélancolie, sans jamais tomber dans l’artifice.
Ajouter un commentaire