Oraisons funèbres

Vanité des vanités, et tout est vanité ! La splendeur de la langue classique
De
Bossuet
Version audio réalisée par les éditions Le Livre Qui Parle parue 2008
Texte lu par Jean-Luc Debattice
Durée 2 h 12
9,90 euros en téléchargement
Edition brochée, première parution en 1689 chez Mabre-Cramoisy 528 pages en poche)
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Thème

Les éditions Le Livre Qui Parle réunissent ici les deux oraisons funèbres les plus fameuses de Bossuet : celle d’Henriette de France, prononcée en 1669, puis celle d’Henriette d’Angleterre, l’année suivante. À un an d’intervalle, l’orateur célèbre d’abord la mère avant de pleurer la fille, donnant à cet ensemble une résonance particulièrement émouvante.

Points forts

  • Un style : une éloquence majestueuse et profondément musicale traverse ces pages où chaque phrase semble portée par le souffle même de l’ambon sacré. Grave, lyrique, théâtrale, la prose de Bossuet s’élève avec une autorité naturelle qui saisit l’auditeur autant qu’elle l’émeut. Trois cent cinquante ans plus tard, l’art d’un prédicateur, intact, révèle la splendeur de la langue classique.
  • Une portée philosophiquela mort s’affirme comme l’ultime révélateur des illusions terrestres et de la vanité des ambitions humaines. Les puissances terrestres s’avèrent désarmées devant les décrets du destin. Cette méditation conduit Bossuet vers une affirmation éclatante de la foi catholique, seule capable, selon lui, d’offrir un sens à la souffrance, au déclin et à la mort.

Quelques réserves

Des références historiques : Bossuet parle à un public qui porte en lui le souvenir brûlant des guerres civiles anglaises, de l’exil des souverains et de la chute tragique de Charles Ier. Ces événements, qui résonnaient alors comme des plaies ouvertes, nous parviennent désormais à travers l’épaisseur du temps. L’auditeur contemporain peut parfois se sentir tenu à distance par l’abondance des références politiques et religieuses qui nourrissent l’oraison, tant elles supposent une familiarité avec le contexte du XVIIe siècle.

Encore un mot...

Une parole retrouvée : conçues pour être prononcées devant une assemblée, ces oraisons trouvent dans le livre audio une forme de restitution naturelle. Il permet ainsi de retrouver quelque chose de l’expérience originelle : celle d’une voix qui tout à la fois admoneste et bouleverse. Aujourd’hui encore, les déclamations de Bossuet préservent cette force rare qui donne le sentiment d’entendre résonner la chaire du Grand Siècle.

Une phrase

“Nous mourons tous, disait cette femme dont l’Écriture a loué la prudence au second livre des Rois, et nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour. En effet, nous ressemblons tous à des eaux courantes. De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine ; et cette origine est petite. Leurs années se poussent successivement comme des flots ; ils ne cessent de s'écouler ; tant qu'enfin, après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de pays les uns que les autres, ils vont tous ensemble se confondre dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, ni toutes ces autres qualités superbes qui distinguent les hommes.”

L'auteur

Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) est l’un des plus brillants orateurs du classicisme français. Évêque de Meaux, prédicateur renommé à la cour de Louis XIV et précepteur du Grand Dauphin, il s’illustre par ses sermons. Son style ample lui vaut le surnom d’Aigle de Meaux.

Le lecteur :
Une interprétation habitée : Né à Liège en 1947, Jean Luc Debattice est comédien, chanteur, musicien et auteur-compositeur de plus de trois cents chansons. Il suffit de l’entendre lancer avec une gravité biblique : “ Vanité des vanités, et tout est vanité !”, pour mesurer pleinement l’étendue de son talent et l’intensité de l’incarnation qu’il apporte à ces pages.

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