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Automobile Club d'Egypte

De Alaa El Aswany
Editions Actes Sud

Lu / Vu par

Marie Ruffin
Publié le 22 sep . 2014

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Fin des années 40 : dans le microcosme de l'Automobile Club, l'Egype des pachas, sous la tutelle britannique,  se lézarde; le roi Farouk, décadent et perverti, manipule James Wright, directeur du club, arrogant et raciste. El Kwo, le chambellan - et esclave du roi-  domine et brutalise le personnel du Club; les serviteurs oscillent entre soumission imposée par les châtiments corporels qu'il inflige, rébellion dès que leurs pourboires sont supprimés et simple souhait d'obéissance et de reconnaissance. Abdelaziz Hamam, noble ruiné, qui doit faire vivre sa famille et veut développer l'éducation de ses enfants, se retrouve employé humilié.  Sa femme, emblème de force et de dignité, et deux de ses enfants relèvent la tête. La révolte nationliste gonfle et s'organise.

Points forts

1/ l'écriture formidablement imagée, vivante et foisonnante d'Alaa El Aswany nous immerge dans le microcosme de l'Automoblile Club où l'on est pris par des personnages hauts en couleurs, certains dignes et courageux, d'autres ignobles et méprisants. Entre magnificence et dénuement, entre puissance et décadence...

2/ les deux narrateurs,  Kamel et sa soeur Saliha, sont des personnages très attachants et courageux, de belles âmes qui refusent de céder sous le poids de principes qui ne tiennent plus.

3/ la place des femmes, prépondérante dans ce tableau pittoresque et bouleversant, est remarquable à la fois de force et de fantaisie : entre drame et comédie.

4/ une analyse de l'Egypte en fin de règne, à la fois politique, sociale, religieuse et sentimentale, qui nous plonge dans un univers haletant, avec la justesse de ton et le don de conteur d'El Aswany qui nous tient en haleine du début à la fin.

Points faibles

1/ les tribulations de Mahmoud et de Faouzi avec les femmes étrangères âgées n'apportent rien de passionnant.

2/ Une juxtaposition constante  de situations et un imbroglio de personnages font qu'il est bon, au début du livre, de noter leurs noms pour ne pas s'y perdre... Mais on est ensuite complètement absorbés même si la fin est un peu abrupte et rapide.

3/ il faut aimer se plonger dans un pavé de 550 pages qu'on ne lâche pas....

En deux mots ...

Après le magnifique "Immeuble Yacoubian", Alaa El Aswany confirme, s'il en était besoin, son talent d'alchimiste des situations et des sentiments, et sa virtuosité d'écrivain humaniste. Avec pour seul credo : la voie juste est la démocratie.

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