Catherine d'Aragon et Jeanne la Folle, deux sœurs dans la tourmente
Publication en septembre 2025
410 pages
24€
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Thème
Une biographie croisée de deux filles d'Isabelle la Catholique et de Ferdinand d'Aragon : Jeanne, troisième enfant et Catherine, dernière et sixième ; elles ont six ans d'écart et reçurent la même solide éducation de la part de leur mère, très religieuse mais aussi assez insouciante à la cour de Castille et notamment à Grenade qui venait d'être reprise aux Maures.
Mais le destin des Infantes doit répondre à des alliances hautement importantes dans cette première Renaissance en Europe : Jeanne va épouser Philippe le Beau - fils de Charles le Téméraire - Empereur du Saint Empire, et rejoindre les Flandres, Catherine va s'allier aux Tudors en épousant d'abord le Prince Arthur, puis son frère Henri VIII. Leurs destins furent terribles, quoique très différents :
Jeanne a un très beau mari, volage, dont elle est éperdument amoureuse et, malgré les conseils de sa mère, elle n'a aucune aptitude ni désir de s'impliquer dans la politique, alors qu'après la mort de son frère et de sa sœur aînés, c'est elle qui est Reine de Castille ! Ses violentes crises de jalousie, qui confinent à l'hystérie, lui vaudront d'être enfermée pendant près de cinquante ans dans le château-forteresse de Tordesillas, après avoir eu six enfants, dont Charles-Quint, et perdu précocement son mari.
Catherine, sa dernière sœur, est très vite promise aux Tudors ; très proche de sa mère, d'une piété sincère et affichée, dotée d'un esprit solide et équilibré (à la différence de sa sœur Jeanne), elle perd beaucoup d'enfants en bas-âge et n'a qu'une fille, donc pas d'héritier mâle...après vingt-trois ans de mariage, Henri VIII veut la répudier car selon la Bible « elle est la femme de son frère », mais surtout pour épouser Anne Boleyn, Catherine refuse de céder, elle résiste et montre une grande dignité dans l'épreuve, très soutenue par le Pape ; mise à l'écart et soumise à de nombreuses privations, elle s'éteint assez jeune.
Points forts
On se rend compte, dans cet essai historique, du sort des femmes dans les cours d'Europe au seizième siècle et de l'importance des alliances : les Flandres et la Bourgogne avec les Habsbourg, la Castille avec les Trestamare et Aragon, l'Angleterre avec les Tudors...et tous contre la France des Valois.
Sachant que la grand-mère de Jeanne, mère d'Isabelle-la-Catholique, était dans un état comparable, on a peut-être instrumentalisé son hystérie pour laisser les coudées franches à son père Ferdinand d'Aragon et à son fils Charles-Quint.
Quelques réserves
Aucune réserve pour ce portrait croisé de 2 sœurs, devenues reines pour leur malheur.
Encore un mot...
Sans la force de caractère de Catherine qui résiste de toutes ses forces au cours de son procès de répudiation, l'Angleterre n'aurait pas eu cette nouvelle religion, l'Anglicanisme...
Une phrase
« Alors, dans un accès de folie et de rage, la fille des « rois Catholiques » saisit la jeune blonde par les cheveux et la traîne au sol sur plusieurs mètres, elle s'empare ensuite de la paire de ciseaux dissimulée sous sa robe avant de lui couper les cheveux à ras et lui entaille le visage ; Philippe n'en croit pas ses yeux... » page 171
« Catherine achève son discours des larmes dans la voix. Devant tant d'honneurs et de noblesse de cœur, les religieux qui ont endossé des habits de juges, honteux et embarrassés, baissent les yeux ; ils ont conscience qu'un tel traitement infligé à la Reine d'Angleterre est indigne d'une cour européenne. » page 301
L'auteur
Dounia Tengour est journaliste et critique littéraire, docteure en civilisation hispanique, cet essai historique est son premier livre.
Sur notre site, lire aussi L’insoumise, le roman que Yann Kerlau a consacré à la véritable histoire de Jeanne La Folle.
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