Opéra-Ballets-Musique

Trois grandes fugues

Danse: un moment de pur bonheur
De Ludwig Van Beethoven, Lucinda Childs, Anne Teresa de Keersmaecker, Maguy Marin
Avec Le Ballet de l’Opéra de Lyon

Infos & réservation

Maison des Arts de Créteil avec le théâtre de la Ville.
1 Place Salvador Allende
94000 Créteil
Tél. : 01 45 13 19 19
http://www.maccreteil.com/
Jusqu’au samedi 3 décembre. Théâtre de Beauvaisis-Compiègne le 6 décembre. À L’Apostrophe-Théâtre des Louvrais-Pontoise les 8 et 9 décembre. Au Théâtre Sénart, le 13 décembre. Nanterre- Amandiers les 15, 16, 17 décembre
Publié le 02 déc . 2016

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Il faut rappeler la définition de la fugue : Forme de composition contrapuntique fondée sur l'entrée et le développement successifs de voix selon un principe strict d'imitation qui donne à l'auditeur l'impression que chaque voix fuit ou en poursuit une autre. Trois des plus grandes chorégraphes mondiales s’en emparent:

- Chez Lucinda Childs, les costumes sont de teinte grise, simples, et les douze danseurs baignés d’une lumière laiteuse. Après un silence, les hommes coté court, et les femmes côté jardin entrent, dos à nous, tournés vers une cage au fond du plateau. Un lieu qui permettra à certains de s’échapper… La modernité de cette chorégraphie est saisissante de grâce et de fluidité. Devant nous les couples se forment, s’enlacent, se repoussent tout en se retenant, dans des portés absolument magnifiques, et les femmes volent des bras d’un homme à l’autre. On est frappé par l’expression des différentes individualités ou de caractères qui s’expriment chez ces danseurs, pourtant tous habillés pareillement, et interprétant, avec des variations bien évidemment, les mêmes figures.

- Anne Teresa de Keersmaecker choisit 8 danseurs, sous des lumières jazz, vêtus de costards blancs et noir. D’emblée le caractère masculin de la proposition marque une rupture de ton avec la précédente. Là où les danseurs se touchent, s’enlacent et se portent chez Childs, ils s’évitent ou se juxtaposent chez Keersmaecker. Les corps retombent, se couchent, disparaissent même sous des lumières rasantes. Par un habile jeu entre les rayons rasants des projecteurs, le noir & blanc, la disposition du plateau, les danseurs semblent incarner les notes de la partition de Beethoven. Des touches noires et blanches, des croches, des passages à la ligne. La virtuosité des danseurs et la puissance de la fugue se déploient.

Et c’est bien ce qui lie les trois chorégraphies, ces variations, ces répétitions ou imitations qui confèrent à l’ensemble un rythme si particulier, entre l’urgence et le déploiement du temps… 

- Maguy Marin clôt le spectacle, avec quatre danseuses, habillées de rouge. Elles incarnent la vie et la mort. Telles des mortes-vivantes elles tremblent, tressautent, secouées de spasmes ou projetées dans les airs par l’élan de la vie. Une interprétation bouleversante.

Points forts

Il est très intéressant d’assister le même soir, aux trois chorégraphies sur cette même fugue de Beethoven. On a le sentiment d’avancer dans le temps pendant la soirée, et peut-être d’y voir trois variations différentes sur le genre et le couple, la dualité du masculin et du féminin comme absolu:

- Lucinda Childs est moderne, avec une forme de minimalisme qui épouse la forme classique. Les couples se font et se défont et chacun(e) existe pleinement au sein du groupe. 

- Anne Teresa de Keersmaecker nous emmène par un rythme plus frénétique, viril, à confondre homme et femme, et toute représentation classique du couple. C’est la musique qui jaillit et les corps s’en font l’incarnation. 

- Enfin dans une contemporanéité extrême, Maguy Marin épure la fugue, pour se concentrer sur le féminin, la complainte comme le jaillissement de la vie et son expression chorégraphique vitale…

Points faibles

On peut déplorer que la musique soit jouée à partir d’un enregistrement. A part cela, je n’en vois aucun.

En deux mots ...

Ce spectacle offre un moment de pur bonheur … courez-y !

Une phrase

« Chaque danseur est comme un instrument de musique, qui a sa sonorité et sa couleur propres ». Anne Teresa de Keersmaecker

L'auteur

- Lucinda Childs, chorégraphe américaine, est proche du mouvement minimaliste. Elle travaille souvent avec Philip Glass et Robert Wilson. Elle a composé plus de 30 pièces pour des compagnies de danse prestigieuses.

- Maguy Marin, née à Toulouse, étudie à Strasbourg puis Bruxelles. En quittant l’école de Béjart elle ne cessera d’explorer divers territoires, géographiques et chorégraphiques, faisant partie de la Nouvelle Danse française, puis du mouvement la « non danse ». L'installation de la compagnie au Ramdam : Centre d’Art en 2015 permet « de continuer à ouvrir l’espace immatériel d’un commun qui cherche obstinément à s’exercer »… Elle reçoit en 2016 un Lion d’Or à Venise pour l’ensemble de son œuvre.

- Anne Teresa de Keersmaecker est une figure majeure de la danse contemporaine flamande et s’impose en explorant les relations et confrontations entre danse et musique. Sa pratique chorégraphique s’appuie sur les principes formels de la géométrie et les modèles mathématiques. 

Beethoven et sa grande fugue permet de réunir ces trois grandes artistes autour de la relation entre les corps, la danse et la fugue…

Commentaires

pascal glaud
Le 17 avr. 2017
à 10h10

les danseur on t il une idée de la modernité de cette musique ?
et de sa violence ? cela grince
BARTÓK ,STRAVINSKI
ET NON PAS TCHAIKOVSKY

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