Odyssée de la voix. De et avec Michaël Gregorio

Embarquons avec un caméléon de la chanson
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

En tournée dans toute la France à partir du 22 février, puis “tournée des Zéniths“ à partir de l’automne 2022.
Lu / Vu par

Thème

• Tout part d’une scène primitive pastichant celle ouvrant 2001, odyssée de l’espace (St. Kubrick, 1968) : un primate, dont le regard n’est pas sans rappeler celui de M. Gregorio, découvre un parallélépipède... muni de hauts-parleurs ! Tout à coup, les os servent de micro ou de baguettes de percussions...

• On embarque alors avec M. Gregorio dans un voyage, pour lequel son orchestre tient lieu d’équipage, et dont les différentes étapes sont autant de morceaux qu’il revisite.

Points forts

• L’artiste est généreux, qui donne tout pendant deux heures, bien épaulé par un orchestre « tout terrain » fort convaincant, Nicolas et “Bibiche“ aux guitares en tête. 

• Les interactions avec le public sont le fort du spectacle : effet garanti quand il nous demande d’imiter la pluie et l’orage s’abattant sur la forêt amazonienne.

• Certains détournements méritent... le détour - ainsi le Dave Metal ou le Hard Roch Voisine - qui singent à merveille les groupes de “métalleux“ inaudibles, aux postures et décorum sataniste pareillement grotesques. De la même manière, il se paye quelques “têtes de Turc“ à la réputation inversement proportionnelle au talent, comme Mylène Farmer ou Soprano.

• M. Gregorio est loin d’être ridicule dans l’imitation de Charlie Chaplin qu’il livre lors d’une séquence filmée intégrée au spectacle. D’une manière générale les cours métrages insérés ici ou là sont très bien conçus et exécutés ; ils donnent des respirations bienvenues au milieu de la déferlante de morceaux interprétés. M. Gregorio tire ici remarquablement parti de son expérience consistante au cinéma comme à la télévision. 

• Un final de très bonne facture et un rappel astucieusement amené et rondement mené.

Quelques réserves

• L’artiste n’est pas sans rappeler une sorte de Thierry Le Luron de la variété française et internationale. Après tout pourquoi pas, à condition toutefois que les imitations soient toutes réellement convaincantes. Or ce n’est pas toujours le cas, notamment celles des anglo-saxons, qui restent assez approximatives, si l’on excepte celles de David Bowie ou de Joe Cocker, dont il a parfaitement intégré la gestuelle. 

• Il n’est pas certain que son public soit suffisamment au fait des musiciens imités pour se rendre compte des faiblesses de certaines de ses pastiches. 

• On peut aussi regretter qu’il ne pousse pas les curseurs de la dérision plus avant à propos de certains artistes, dont les paroles détournées sont assez gentillettes, en quoi le chanteur s’écarte notablement de Th. Le Luron. Idem pour ses intermèdes assez bon enfant, ce qui correspond peut-être aux attentes d’un public bien sage, et de toute façon largement conquis d’avance.

Encore un mot...

• Michaël Gregorio a ses fans, c’est indéniable, et ils ont rempli sans problème le Casino de Paris. L’imitateur surfe adroitement sur des attentes de plus en plus nettes des quadras (et même au-delà) : le succès des tribute bands et « l’effet nostalgie », quand il propose une bande-son des années 1950 (Edith Piaf) aux années 1980, mais aussi la mode des karaokés auxquels son public est tout prêt à sacrifier.

• Il ajoute à ses atouts une disposition à combiner les arts, entre chansons et supports visuels variés et soignés.

Une phrase

Un  aphorisme de Michaël, qui n’en est pas avare durant son spectacle : « L’odyssée de ta voix, c’est l’odyssée de ta vie. »

L'auteur

• M. Gregorio se produit sur scène depuis 2006 (J’aurais voulu être un chanteur), son Odyssée de la voix étant le cinquième de ses spectacles. 

• Il possède également une expérience d’acteur, déclinée depuis 2012 (Dépression et des potes d’Arnaud Lemort) jusqu’aux Hommes au bord de la crise de nerfs d’Audrey Dana (2021). 

• On se doute bien qu’un chanteur aussi polymorphe que lui a pu faire le bonheur de doublages de nombreux films d’animation, tels Gnomeo et Juliette, Mune le gardien de la lune, ou encore Yéti et compagnie, pour ne citer que les principaux.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Toujours à l'affiche

Opéra Ballets Musique
Venezuela
De
Batsheva Dance Company – Ohad Naharin
Opéra Ballets Musique
La Truite
De
Le quintette AccordZéâm
Opéra Ballets Musique
La Bayadère
De
Rudolf Noureev, d’après Marius Petipa