Choses que je croyais perdues
Parution le 20 août 2026
176 pages
19 euros
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Thème
Emilie se sépare de son conjoint. En faisant les cartons, chaque objet lui rappelle un souvenir.
Ces choses que la jeune femme croyait perdues sont l’occasion de réflexions: qu’est-ce qu’un souvenir ? Il y a les souvenirs que l’on achète et puis il y a les souvenirs qui sont des petits riens, dont la simple vue fait jaillir des moments de vie.
Assiette, cocotte, verre Amora, chaque objet est comme une capsule qui diffuse un souvenir et déclenche une réflexion sur l’existence, la vie, l’amour.
La vie n’est-elle pas, finalement, qu’un puzzle de souvenirs?
Points forts
- C’est un moment triste de la vie d’une femme - une séparation - et pourtant, la narratrice s’adressant tantôt à son ex-compagnon, tantôt à elle-même, est pleine d’humour et d’autodérision. Ce grain de folie s’illustre par les coupures de presse issues du papier journal qui lui sert à emballer ses affaires. Sont ainsi glissées, entre les chapitres, des articles ou des photos légendées. N’ayant rien à voir avec le récit, ils tombent comme un cheveu sur la soupe et en deviennent absurdes et drôles.
Décidément que c’est bon de rire en lisant!
- Au-delà de l’humour, les souvenirs retrouvés sont l’occasion d’une réflexion intéressante sur les étapes de la vie, l’existence, la rencontre amoureuse, ce qui nous attire chez l’autre, etc. ce roman nous emmène plus loin que l'on avait imaginé.
Quelques réserves
J’aurais peut-être aimé que le récit soit moins court pour m’en imprégner davantage. Je l’ai dévoré tellement vite que j’aurais presque peur de l’oublier. J’y suis retournée plusieurs fois, avec la même gourmandise, m’en refaire des petites “piqûres”!
Encore un mot...
Dans son roman Alors c’est bien, Clémentine Mélois racontait l'accompagnement de son père, sculpteur déjanté, dans ses derniers jours de vie. Avec ses sœurs et leur mère, elles avaient réussi à installer une ambiance douce, heureuse et pleine de fantaisie.
Avec Choses que je croyais perdues Clémentine Mélois nous confirme que la joie et l’humour peuvent cohabiter avec la tristesse de la nostalgie.
Une phrase
“Quand j'ai annoncé à ma copine Sandra qu'on se séparait, elle a dit « J'aime beaucoup Tristan, mais c'est pas trop tôt », puis « Ne t'inquiète pas, tu finiras par trouver le bon : chaque pot a son couvercle ». Il se peut qu'elle ait raison. En attendant, dans le placard du bas, j'ai compté douze Tupperware qui ont perdu le leur. Je n'ai aucune idée d'où ils peuvent être. À mon avis, ils ont dû s'échapper. C'est la seule explication possible. Ils ont fugué en secret avec les chaussettes déserteuses, celles que je n'ai jamais retrouvées en étendant mon linge. Ensemble, ils ont tout quitté pour tenter leur chance ailleurs, dans un monde où les couvercles de Tupperware et les chaussettes orphelines peuvent s'aimer au grand jour. Sans doute dans un pays froid, pour que le couvercle ne fonde pas et que la chaussette puisse trouver du boulot. Je suis contente pour eux, j'espère qu'ils auront plus de chance que nous.” P. 42
L'auteur
Née en 1980, Clémentine Mélois a étudié aux beaux-arts de Paris.
Elle a publié une vingtaine d'ouvrages pour enfants et pour adultes.
Elle est notamment l’auteure, au rayon jeunesse, des albums des Les chiens pirates, une bande de toutous canailles et fainéants qui régalent les lecteurs adultes et enfants. Le texte, drôle (encore!) et riche en vocabulaire, associé aux magnifiques illustrations est un vrai cadeau.
Choses que je croyais perdues fait partie de la première sélection du Goncourt 2026. Nous lui souhaitons bonne chance!
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