Croire au code
Parution en août 2026
304 pages
20 €
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Thème
Elle, la narratrice, intègre une start-up informatique pour devenir chef de projet, forte de son doctorat en intelligence artificielle et de son expérience de « codeuse ». Le graal pour les informaticiens, cette fonction qui sait faire naître des algorithmes, des calculs, des probabilités, de l’intelligence, et au bout du compte, des profits. Ce roman à la première personne raconte son parcours dans un univers ultra compétitif, où les égos se percutent, la performance, l'exigence de base pour tenir et durer, pour décrocher le projet qui assurera votre reconnaissance par vos pairs. Ce roman raconte une tranche de vie partagée entre engagement professionnel, recherche de stabilité amoureuse et épanouissement, au péril de tout perdre.
Points forts
Écrit à la première personne, ce roman a deux originalités :
Le mode de narration, très stroboscopique – entendez par là, de petites séquences de récits, comme des pensées fugaces et spontanées, converties en mots, et suivant une chronologie intuitive qui se révèle à la fin.
La seconde originalité est le style d’écriture, qui associe le langage des « geeks » de l’informatique, de l’économie numérique, d’une jeune femme entreprenante, et d’une auteure qui choisit d’en bousculer les codes. Parfois narratif, parfois télégraphique, parfois poétique – bref, incontestablement original.
Quelques réserves
La diversité des styles et la compréhension du sens du récit peuvent dérouter le lecteur, au moins dans le premier tiers du livre. Puis comme le tempo d’une chanson qui vous séduit, vous vous laisserez probablement prendre à vouloir comprendre où cette jeune femme entreprenante et déterminée veut en venir.
Attention, le récit comporte aussi pas mal de mots techniques de l’univers de « la tech », comprenez, du secteur des technologies informatiques et des start-ups. Décodeurs parfois nécessaires, mais sans nuire à la compréhension de la fiction.
Encore un mot...
Voici un original voyage dans la peau d'une informaticienne entreprenante, prise dans l’engrenage de l'injonction de réussir, ou de quitter la scène ! Sans dévoiler l’issue, ce roman est celui d’une ascension et d’une chute, d’un mouvement irréversible et incontrôlé, provoqué par la rencontre entre une jeune femme ambitieuse et une industrie sans états d’âmes. Son charme est lent à s’exercer, du fait de la spécificité de son écriture, mais il opère en vous donnant le sentiment étrange de vivre dans ce corps et cet esprit qui racontent et analysent, qui espèrent et qui souffrent.
Investie sans réserve, la narratrice ne voit pas que le plafond de verre qu’elle essaie de franchir - informaticienne issue de « la diversité » - se révèle être un fragile plancher de verre que chacun de ses pas pourrait briser. Il ne faudra pas faire un excès de prospective en pensant que ce premier roman de Sarah Tadlaoui est fortement inspiré de son expérience professionnelle, ce qui lui donne une résonance particulière.
Une phrase
« Et je me suis demandé ce qui fait que l'on est plutôt bonsaï ou plutôt palmier et si, finalement, le bonsaï et le palmier n'étaient pas deux figures d'un même empêchement, deux façons différentes de dire la même chose - qu'il faille être taillée ou qu'il faille briser pour exister -, deux figures d'une même inadéquation, d'une même disproportion - trop petit ou trop grand, trop tôt ou trop tard, trop fragile ou trop vigoureuse. Deux façons d'être femme. » P 187
« Allô, Tristan ? Voilà, il s'est passé quelque chose.
J'essaie. J'essaie d'expliquer à Tristan, mais Tristan est en déplacement.
... un maillot dans la matrice ? la promo à l'eau ?
Je ne suis pas sûr de comprendre... Chérie, je suis peiné de te le dire, mais ça me paraît confus.
Non, je ne vois pas d'approche juridique pertinente.
Hein, tu dis que c'était entre baiser et tuer ?
Je croyais que le lancement s'était très bien passé ?
Mais puisque ta démo était stupéfiante ?
Du schmoozing sur stéroïdes ? L’inégalité isopérimétrique, le ratio des bulles ? ... Non là, franchement, je ne vois pas. » P 236
L'auteur
Sarah Tadlaoui est franco-marocaine. Elle a vécu entre la France et les États-Unis (Californie). Après avoir été diplômée de l'université de Columbia, elle rejoint une mission humanitaire de l'ONU en Colombie. Séduite par les promesses de la tech, elle travaille ensuite pour Google dans la Silicon Valley. Elle y découvre la genèse de l’Intelligence Artificielle dite « générative », celle qui, aujourd’hui, est capable d’inventer des contenus à force d’apprentissages guidés par ses concepteurs. Elle vit actuellement à Paris.
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