Une vie

Chronique d’une mésalliance
De
Guy de Maupassant
Mise en scène
Frédérique Poslaniec
Avec
Annie Vergne
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre du Guichet-Montparnasse
15, rue du Maine
75014
Paris
01 43 27 88 61
Depuis le 13 septembre, les dimanches à 15h.

Thème

 • Jeanne Le Perthuis des Vauds, au soir de sa vie, entreprend de la raconter au moment où elle doit quitter son cher château familial des « Peuples » (entendre Peupliers).

• Issue d’une dynastie de riche noblesse rouennaise, elle pensait à 17 ans que « les étoiles m’offraient leur mystère, et l’espoir d’un avenir lumineux ». 

• Elle allait assez vite déchanter, car à suivre les préceptes de son milieu (« Prends sur toi », « On ne veut pas faire d’histoire »), le risque est grand d’enchaîner les déconvenues...

Points forts

 • Tout repose ici sur l’interprétation délivrée par Annie Vergne, qui est plus que convaincante : mobile, expressive, une gestuelle, une prononciation et des intonations parfaitement en phase avec le propos, qui de ce fait coule de source et retrouve la fluidité du style du grand Maupassant.

• Le talent de la comédienne est servie par un texte qui a fait la réputation de l’écrivain : précis et suggestif, surprenant et attendu. C’est un modèle du genre. L’une et l’autre s’épaulent pour faire de la nuit de noces et du voyage en Corse qui s’ensuivit des moments forts du spectacle.

Quelques réserves

• Il n’y en a guère, tant il est vrai qu’on passe un bon, voire un très bon moment.

Encore un mot...

• Quoiqu’ancré dans la noblesse normande, Une vie - et c’est ce qui explique pour partie son succès - évoque les pires craintes du bon bourgeois du XIXe siècle : une vie, voire des générations de travail, d’épargne et de richesse menacées par un mari volage et oisif (le vicomte Julien de Lamarre) qui prend le contrôle de la fortune de sa riche femme, laquelle devient mère de Paul, un fils autant aimé que dispendieux... 

• La bonne société de la seconde moitié du XIXe siècle, d’extraction bourgeoise ou nobiliaire, partageait un certain nombre d’appréhensions : le déclassement, la réputation salie, « l’honneur » perdu. 

• C’est également un milieu au sein duquel l’inégalité des sexes et l’assignation des femmes jouent pleinement ; du reste Maupassant n’y échappe pas, qui fait l’éloge de la maternité comme issue salvatrice pour Jeanne.

Une phrase

« La vie, ce n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit. »

L'auteur

• Faut-il encore présenter Guy de Maupassant (1850-1893), l’un des plus fameux écrivains de la littérature française, et sans doute le novelliste le plus doué de sa génération (Boule-de-suif, Le Horla, Les contes de la bécasse) ?

• En l’occurrence, Une vie est son premier roman, paru en 1883. Ce récit, qui entreprend de raconter celle d’une femme, « depuis l’heure où s’éveille son cœur jusqu’à sa mort », inaugure une série de chef-d’œuvre, ainsi Bel-Ami, deux ans plus tard. Le roman se situe en Normandie, entre Rouen, Yport et Etretat, région que connaît bien ce natif de Tourville-sur-Arques. 

• Cet ancrage géographique n’est pas le seul aspect autobiographique du roman : comme le vicomte Julien de Lamarre, Maupassant épousa une demoiselle fort bien dotée (mais issue de la bourgeoisie), et il fut un mari pareillement volage ...

 

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