Y’a de la joie !
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Thème
Un homme d’une trentaine d’année et tout jeune marié se pose plein de questions existentielles : suis-je heureux ? Qu’est- ce que le bonheur ? Il est triste, un peu abattu, il essaie plein de choses pour aller mieux. Rien n’y fait ; alors en dernier ressort, après avoir un peu trop bu, il se décide à aller voir son médecin, qui lui dit « Vous devriez vous changer les idées, oui vraiment, vous divertir, aller au théâtre. Vous savez, pour ça, c’est formidable le théâtre. »
L’homme descend de son escabeau s’avance sur scène et nous embarque dans sa quête du bonheur, drôle, sensible et surtout joyeuse, au gré de ses rencontres insolites et de ses échanges décoiffants avec ses proches et ses expériences personnelles. Et ça marche !
Points forts
- L’accouchement de sa chère et tendre Anna qui le transporte au comble du bonheur, mine de rien, et au prix de douleurs salvatrices (pas les siennes). Oh p…., oui ! L’ombre chinoise de l’accouchée derrière un drap de lit, c’est simple et c’est génial.
- Les rencontres avec son psy… qui n’est autre que Fabrice Luchini (ou alors son double !), interprété à la perfection, même gestuelle, même mimique, même philosophie “aigre douce“, et surtout même identité culturelle, mélange de Flaubert et de Cioran, ou si l’on préfère, un mix entre Charles Trenet et Léonard Cohen.
- Sur le fond, les allusions politiques dans la bouche de Luchini par exemple, réflexions sur l’évolution de la gauche et de son rapport au plaisir - « Même ça, elle n’en a plus le monopole » - ou encore, cette sortie sur la mauvaise humeur qui nourrit la mauvaise humeur : « Et c’est comme ça qu’on a créé la France ! » (scène 21).
Quelques réserves
Quelques longueurs, surtout au début. Les scènes avec le prof de yoga notamment ne sont pas tout à fait au niveau des autres qu’on attend avec impatience, comme celles avec le sosie de Luchini déjà nommé.
- Mais, comme on nous le répète d’un bout à l’autre de ces sketches pour stigmatiser certains tics de langage bien français, « Il n’y a rien d’autre à dire » à ce niveau.
Encore un mot...
- Il y a un autre comédien qui ne parle pas mais qui en dit beaucoup, beaucoup, et pourtant il est petit, tout petit, c’est un petit carnet, neuro actif ou poétique, de notes à sourire… et à relire • Michaël Hirsh, du haut de son escabeau, y jette un œil de temps à autre pour nous délivrer quelques pensées ou observations réconfortantes. Par exemple : la plasticité cérébrale. En effet, la neuroplasticité est la capacité du cerveau à créer, à renforcer ou à affaiblir des connexions neuronales. Chaque fois que l’on prête attention à une pensée, ou à une émotion, on renforce son circuit. Les réseaux neuronaux non utilisés s’estompent peu à peu . • « Penser souvent à la joie de vivre et à ce qui nous met en joie, c’est tracer des sillons dans notre cerveau et les renforcer» M.H.
Une phrase
Michaël (en septembre) : « Depuis un mois, je lutte contre la mauvaise humeur, je traque la rumination mentale, en plus de quoi, je souris, je complète mon petit carnet et je fais du yoga trois fois par semaine… je suis crevé
- Le porte-parole : Abattu, abattu, abattu…. Mes cadences sont devenues infernales… yoga, petit carnet, petit carnet, souris, petit carnet, yoga, yoga, petit carnet… On est crevé ! "
- Michaël :Vous êtes qui, vous ?
- Le porte-parole : Je suis le porte-parole du syndicat de l’abattement ! »
L'auteur
Après des études de commerce à Reims, Michaël Hirsch se lance dans le théâtre… qui sera sa véritable vocation. Il suit les cours de Jean Laurent Cochet.
En 2008 il joue dans les Justes de Camus, puis dans la Visite de la vielle Dame de Durrenmatt (2009). Il donne ensuite la réplique à Pierre Arditi dans Votre maman ; un peu plus tard ,il trouve définitivement sa voie : l’humour. Il crée son spectacle comique avec un one man show : Pourquoi ?, suivi de Je pionce donc je suis.
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