Come back

Barré ne pratique pas seulement la radio, il cultive aussi un art consommé de la scène et de sa dramaturgie pour un spectacle original et très « punchy »
De
Pierre-Emmanuel Barré et Arsen
Durée : 1h20
Mise en scène
Pierre-Emmanuel Barré
Avec
Pierre-Emmanuel Barré
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

La Bataclan
50, boulevard Voltaire
75011
Paris
01 43 14 00 30
Du 29 au 31 octobre, les 18-19 décembre 2026 au Bataclan
21 mai à Arlon
22 mai à Sausheim
24 septembre à Clermont-Ferrand
25 septembre à Saint-Etienne
1er octobre à Rodez
2 octobre à Toulouse
3 octobre à Semeac
8 octobre à Reims
10 octobre à Lyon
22 octobre à Seignosse

Thème

  • Parallèlement à une brillante carrière à la radio (aujourd’hui sur Radio Nova dans La Dernière), Pierre-Emmanuel Barré signe avec Come-Back un spectacle qui ressemble moins à un simple one-man-show qu’à une autopsie du métier d’humoriste. Fidèle à son personnage de provocateur désabusé, Barré imagine ici un futur proche : en 2031, il est devenu has-been. De ce constat naît une satire féroce du divertissement contemporain, des réseaux sociaux et de la mécanique du “bad buzz”. 

  • Le sujet de Come-Back pourrait se résumer à une question simple : que peut encore dire un humoriste dans une époque saturée de commentaires, d’indignation permanente et de blagues instantanément recyclées ? Barré transforme cette interrogation en moteur dramatique. Il ne joue pas seulement un humoriste sur le retour, il campe aussi un artiste qui doute de la possibilité même de faire rire.

  • Barré démonte les rouages du show-business, attaque les réflexes du stand-up moderne, et surtout se moque de lui-même avec une cruauté réjouissante. Ce faux déclin devient une matière scénique. Entre autodérision et charge politique, il brouille constamment la frontière entre sincérité et posture. 

  • On retrouve son obsession habituelle, qui consiste à dénoncer les hypocrisies collectives. Mais Come-Back semble plus mélancolique que ses précédents spectacles. Derrière la violence des punchlines perce ici une inquiétude réelle sur le vieillissement artistique, la fatigue médiatique et la disparition du temps long dans le débat public.

Points forts

  • Le passage d’une chronique de 3 minutes à un one-man-show de 80 est parfaitement réussi, jusque dans sa construction. Barré ne se contente plus d’aligner des vannes : il bâtit une véritable dramaturgie du doute. Le spectacle avance comme un laboratoire à vue où chaque idée est immédiatement sabotée, commentée ou retournée contre son auteur. Cette instabilité permanente donne au show une tension rare dans l’humour contemporain. 

  • La mise en scène est très étudiée, presque sophistiquée. Dans sa promo, il promettait « des effets visuels, des sons et tout ça, hein ? », et effectivement il élargit ici son langage scénique. Les bricolages visuels et sonores participent pleinement au propos, même si tout semble volontairement précaire, comme si le spectacle risquait l’effondrement à chaque instant. 

  • L’écriture, elle, reste d’une précision chirurgicale, et Barré possède toujours ce talent rare pour faire surgir le malaise avant le rire. Son humour conserve une dimension profondément politique sans jamais devenir démonstratif. C’est sans doute ce qui continue à diviser autant qu’à fasciner son public, qui apprécie justement cette capacité à rester frontal et engagé dans un paysage humoristique souvent plus consensuel. 

  • Il faut enfin souligner son courage artistique. À une époque où nombre d’humoristes calibrent leurs spectacles pour éviter toute polémique, Barré persiste à travailler dans la zone d’inconfort. Cela produit parfois des moments de grâce.

Quelques réserves

  •  Le dispositif d’auto-déconstruction finit également par tourner légèrement en boucle. À force de commenter sa propre fatigue, l’humoriste frôle parfois l’exercice narcissique, surtout lors d’inévitables petites baisses de rythme dans l’écriture …

  • Enfin, son humour demeure profondément clivant. Ceux qui n’adhèrent pas à son ton abrasif risquent de rester à distance … Pierre-Emmanuel Barré ne cherche jamais à séduire tout le monde — et c’est peut-être autant une qualité qu’un défaut.

Encore un mot...

  • Come-Back n’est pas fait pour être confortable. C’est un spectacle inquiet, nerveux, parfois bancal, souvent brillant. Un spectacle qui accepte le risque de l’échec pour éviter la tiédeur.

  • Pierre-Emmanuel Barré ne signe pas seulement son retour : il transforme sa propre obsolescence fantasmée en matière comique. Et dans ce grand bazar lucide, grinçant et remarquablement écrit, il prouve surtout une chose : les artistes vraiment vivants sont souvent ceux qui doutent encore.

Une phrase

  • « Quand on met 2 politiciens dans un sandwich, le troisième il … ???? . Eh bien, quand on met deux politiciens dans un sandwich, le troisième, il se ramène et il te dit qu’il est temps de changer de régime et qu’il faut voter pour lui pour réduire la diète de la France. »

L'auteur

  • Pierre-Emmanuel Barré est né en 1984 à Quimperlé, dans le Finistère. Après des débuts dans le théâtre et l’improvisation, il se fait connaître du grand public grâce à ses chroniques sur Canal+, puis sur France Inter et Radio Nova. Très vite, il impose un style singulier : humour noir, satire politique et refus du consensus.

  • Ses spectacles — Sale Con, Full Metal Moliere, Pierre-Emmanuel Barré est un sale con, Nouveau spectacle, Pfff… — rencontrent un large succès public et critique. Barré cultive une image d’humoriste anti-système, volontiers provocateur, dans des sketchs très écrits. 

  • Ses chroniques politiques, souvent virales, lui valent autant d’admirateurs fervents que de polémiques sanglantes, comme la plus récente avec le cancer de Gabriel Attal et Sophie Aram.

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