Au nom du ciel
Oiseaux de tragédie
De
Yuval Rozman
Scénographie : Victor Roy
Mise en scène
Yuval Rozman
Avec
Cécile Fisera, Gael Sall, Gaétan Vourc’h (Compagnie Inta loulou)
Notre recommandation
3/5
Infos & réservation
Le 104
5, rue Curial
75019
Paris
01 53 35 50 00
Du 13 au 17 janvier 2026 à 20h du mardi au vendredi, à 18h le samedi
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Thème
- Cette pièce met en scène une fable contemporaine contée par des oiseaux en Terre sainte au cœur de la vieille ville de Jérusalem. Les volatiles, Bulbul (Gael Sall), Drara (Cécile Fiszra) et Martinet (Gaétan Vourch) enquêtent sur la mort d’un jeune palestinien âgé de 32 ans tué par la police israélienne. Le véritable procès a duré trois ans. À la suite de cet événement tragique, de nombreuses manifestations de protestations se sont déroulées dans les rues de Jérusalem durant plusieurs semaines.
- La pièce est consacrée à la recherche de la vérité sur les circonstances et les témoins de ce meurtre.
Points forts
- On soulignera l’originalité de la mise en scène, de la symbolique des oiseaux, mi-apaisants mi-inquiétants, de leurs costumes et de leurs impressionnants mouvements aériens, proches de l’acrobatie.
- L’acrobatie s’immisce aussi dans les conversations et dans le dialogue parfois difficile à établir entre des personnages qui s’opposent.
- L’utilisation d’accessoires et des liens formant le nid des oiseaux, les fils des trapèzes difficiles à attraper ou à dénouer renforcent la sensation de complexité. Les oiseaux cherchent à comprendre ce qui s’est passé exactement ce matin-là du 30 mai 2020 à Jérusalem en questionnant tous les protagonistes, quel que soit leur rôle ou leur parti pris.
Tous ont une perception, une version différente de l’événement. - Le spectateur devient le témoin d’une volonté de recul, de prise de hauteur, de tentative de compréhension des faits, par rapport à une situation qui semble inextricable.
Quelques réserves
- On est parfois dans une certaine confusion quant aux rôles multiples joués à différents moments par les personnages impliqués dans le drame.
- L’humour, très présent est manié de façon surprenante. On assiste à un jeu de devinettes entre les oiseaux qui parait hors de propos mais qui les amuse beaucoup. Certaines grossièretés proférées par l’oiseau Martinet, semblent excessives ou complaisantes (goût pour les poubelles, moments scatos)
Encore un mot...
- L’approche souvent burlesque est ponctuée de vannes assez oiseuses, de chamailleries et de moments tragiques. Celle-ci peut être déroutante et parfois difficile à suivre pour les spectateurs. Cependant, le minutieux travail de mémoire de l’assassinat du jeune autiste à Jérusalem est empreint d’une grande humanité, et fait l’effort de présenter les différents points de vue des personnes impliquées et témoins d’un événement qui s’est déroulé en plein covid, au lendemain du dernier jour du Ramadan et au début de la fête juive de Soucott.
Une phrase
- « J’aime rester éveillé quand les autres dorment. »
- « Un jour tout ira bien. »
L'auteur
- Après des études au conservatoire de Tel Aviv, Yuval Rozman a créé sa propre compagnie en 2010, et développé ses travaux comme auteur et metteur en scène. Il a créé de nombreux spectacles comme Cabaret Voltaire avec l’acteur palestinien Mohammad Bakri. Il est installé en France depuis 2012.
- Au nom du ciel » est le quatrième opus de sa Quadrilogie de la terre, consacrée au conflit Israélo-Palestinien. Le premier pilier est « la guerre ». Le deuxième volet - The Jewish Hour (« la religion ») - avait notamment reçu le Prix du Jury du festival Impatience 2020. En 2023, il a donné Ahouvi (« l’amour »), le troisième volet, pour la Scène nationale de Valenciennes.
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