Au non du père

Un road-movie vers l’inaccessible étoile.
De
Ahmed Madani
Durée 1H30
Mise en scène
Ahmed Madani
Avec
Anissa et Ahmed
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de Belleville
16 passage Piver
75011
Paris
01 48 06 72 34
Jusqu’au 27 février 2026 - en janvier : mercredi 19h jeudi et vendredi 21h15, Samedi 19H, Dimanche 15h ; - en février : mercredi au samedi 19h, Dimanche 15h.

Thème

  • Anissa cherche son père qu’elle n’a jamais connu, et qui n’a plus jamais donné signe de vie après avoir claqué la porte au nez de la mère d’Anissa, sortant tout juste de la maternité. De lui, elle n’a qu’une toute petite photo que sa mère a fini par lui donner, cédant à ses demandes incessantes de petite fille en quête de papa.

  • Alors qu’à vingt ans elle retrouve sa trace de manière totalement rocambolesque, Ahmed Amani - avec qui elle travaille à ce moment-là - l’enjoint à partir à sa recherche et l’accompagne dans cette improbable aventure jusqu’au fin fond du New Hampshire.

  • De ce voyage naît un spectacle où s’entrelacent deux histoires ; celle d’Anissa et celle d’Ahmed, toutes deux aussi surprenantes que bouleversantes. 

  • Ensemble ils interrogent la filiation, la liberté, la notion de destin, de libre arbitre et la place de l’art dans nos vies. 

Points forts

  • Anissa et Ahmed nous accueillent eux-mêmes dans la salle, un large sourire chaleureux aux lèvres, et déjà nous nous sentons bien, heureux de partager ce moment théâtral ensemble.

  • Anissa avait posé certaines conditions pour accepter de raconter son histoire : Ahmed devait être sur scène avec elle tout le long du spectacle et la lumière devait rester allumée dans la salle. Ainsi le spectateur devient acteur lui aussi, et participe à l’échange entre Anissa et Ahmed. Jamais je n’ai vécu une expérience comme celle-ci, où le quatrième mur se brise aussi simplement, et où la salle interagit de manière totalement fluide avec les deux conteurs sur scène, instaurant une complicité et une liberté dans la création du spectacle auquel nous assistons. 

  • De plus, Anissa n’est pas comédienne et ne connait pas vraiment le théâtre, elle a tout de même cinq créations originales à son compte : Alyah, Mohamed-Imran, Saya Nour, Ahlem et Yamin, les cinq enfants qu’elle a eus avant ses 25ans. Anissa est cheffe pâtissière et pendant les 1h30 où elle va nous partager son histoire, elle va cuisiner des petits gâteaux au chocolat ainsi que des amandes caramélisées que nous dégusterons tous à l’issue du spectacle. Là aussi, c’est une expérience nouvelle, où tous les sens se réveillent, au fur et à mesure que l’histoire avance, les parfums qui émanent de la cuisine sur scène nous plongent dans une ambiance chaleureuse et rassurante. Le naturel et la répartie cinglante d’Anissa ferait peur à nombre de standuppers du moment !

  • La force du travail d’Ahmed Amani est de parvenir à transformer sans impudeur une histoire extrêmement intime en expérience théâtrale commune inoubliable, de trouver toujours de la comédie dans le drame, d’apporter de la joie et de l’espoir là où, à priori, il n’y en a plus… de transformer le « NON » du père en un champ des possibles.

  • La force d’Anissa vient peut-être et surtout et avant tout de l’amour que lui a donné sa mère, et aussi de ne jamais s’être résignée, d’avoir toujours su garder une réelle joie de vivre, un humour résistant à toute épreuve. Ensemble, Ahmed et Anissa nous emmènent en territoire inconnu, entre fiction et réel, de surprise en surprise, et l’émotion surgit et nous étreint, simplement, sans pathos, une émotion pure.

Quelques réserves

  • Aucune.

Encore un mot...

  • Dès le début du spectacle, Ahmed raconte l’histoire du dieu Kairos de la mythologie grecque, qui est le dieu du “moment opportun“ : il prend la forme d’un jeune homme qui ne porte qu’une touffe de cheveux sur la tête, et quand il passe à notre proximité, il y a trois possibilités :

    • soit on ne le voit pas ;

    • soit on le voit mais on l’ignore et donc on ne fait rien ;

    • soit, au moment où il passe on tend la main, on l’attrape par sa touffe de cheveux, et on saisit ainsi l’occasion.

Ce sera le leitmotiv entre Ahmed et Anissa pour aller au bout de leur quête. 

Une phrase

• Ahmed  : « Où est ton père ? 
- Anissa : au New Hampshire
 - Ahmed : Tu vas le voir ?
- Anissa : Oui, pour la première fois de ma vie. »

L'auteur

  • Ahmed Amani inscrit sa recherche au cœur des périphéries urbaines, il intègre au roman national des récits qui en ont toujours été exclus. Artiste sans théâtre, il monte ses premières créations dans des entrepôts, des magasins inoccupés, des immeubles abandonnés, et même des haras…

  • Sa méthode de travail est fondée sur les récits de vie des protagonistes. En 2003, il dirige le Centre dramatique de l’Océan Indien à la Réunion. En 2012, il développe Face à leur destin, une aventure avec la jeunesse des quartiers populaires, 1300 représentations sont jouées avec Illumination(s), Je marche dans la nuit par un chemin mauvais, F(l)ammes, J’ai rencontré Dieu sur Facebook, Incandescences et Au non du père

  • Nous les miniuscules, réalisé avec des jeunes engagés dans des actions de désobéissance civile sera créée au théâtre Am Stram Gram à Genève. Entrée des artistes est actuellement en tournée nationale. Ses pièces sont éditées chez Acte Sud-Papiers et à l’Ecole des loisirs. Il est artiste associé au CDN de Normandie-Rouen à partir de janvier 2026.

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