Thêatre-Spectacles

Changer constamment en lumière et en flamme

De Michel Onfray
Adaptation de Dominique Paquet
Mise en scène : Patrick Simon
Avec Thomas Cousseau

Infos & réservation

Théâtre Artistic Athévains
45 bis rue Richard Lenoir
75011 Paris
Tél. : 0143563832
Jusqu'au 8 avril

Lu / Vu par

Jacques Paugam
Publié le 18 mar . 2014

Recommandation

3,0BonBon

Thème

A partir de toute une série de textes de Michel Onfray, trublion prolifique de l'univers philosophique français, choisis et adaptés par Dominique Paquet, et sous un titre emprunté à Nietzsche, prennent vie, à la mode-coup de poing, certaines étapes essentielles de la vie de Michel Onfray, étapes qui l'ont construit comme personne et comme philosophe.

Points forts

1 La force et l'authenticité du propos dans la description d'un univers d'enfance et d'adolescence à rendre timorés quelques uns des mélos les plus sombres du XIX° siècle.
Vous n'oublierez pas de sitôt les conditions dans lesquelles Michel Onfray  a été placé à l'orphelinat à l'âge de dix ans, ce qu'il y a vécu, ni sa découverte de l'usine, à seize ans; usine qu'il décrit comme un animal monstrueux auquel certains ouvriers  finissaient par s'identifier: "certains, dit-il, étaient devenus des morceaux de l'usine".

2 La philosophie comme moyen de surmonter et de dominer toutes ces épreuves. Pour Onfray, il n'y a de vraie philosophie qu'incarnée, enracinée dans une vie. La philosophie devient ainsi, à ses yeux, "une esthétique de l'existence".

3 Cet aveu d'Onfray : sa soif des mots, son amour de l'écriture comme réaction contre les silences de son père, dans "un monde  où la tendresse ne se disait pas".

4 La mise en scène, très sobre. Avec une habile utilisation de courts interviews vidéo qui apportent une respiration opportune. De superbes jeux de lumière, conçus par Cyril Hamès. Et une utilisation très astucieuse d'une structure métallique mobile.

Points faibles

1 La dernière partie, plus "intellectuelle", est moins forte.

2 Bien sûr, tout le respect et la sympathie que génère un tel spectacle n'implique pas que l'on soit d'accord avec l'ensemble du "message" philosophique de M.Onfray.
J'avoue être, personnellement, aux antipodes de certaines de ses conclusions, en particulier de la manière dont il assène un athéisme conquérant et un mépris de la mort, à mon avis bien présomptueux. L'histoire, dit très joliment Onfray, s'écrit avec "l'encre existentielle". On peut légitimement se demander si ses prises de position concernant Dieu et la mort ne sont pas ainsi des réponses provocantes à l'expérience qu'il fit d'un orphelinat dirigé par des ecclésiastiques.

3 La performance de Thomas Cousseau, seul en scène -vous le reconnaîtrez peut-être comme le personnage de Lancelot, dans la série Kaamelot- est remarquable, à ceci près que sa diction est souvent très rapide, dure. Ce qui implique, certes, une très grande maîtrise mais nous place parfois dans une situation de respect intellectuel et non, comme cela est beaucoup plus fort, d'intense compassion.
 

En deux mots ...

1 On comprend bien là qu'Avec Onfray la philosophie engage le tout de l'homme, la pensée, l'action, l'émotion et que son premier objectif est de nous aider à mieux vivre. D'où chez Onfray cette démarche, très originale dans l'univers intellectuel français, d'ouvrir, comme il l'a fait avec la création d'une "Université Populaire" à Caen, les chemins de la philosophie au plus grand nombre.

2 Reste un point qui m'a étonné- c'est un euphémisme...-, c'est la phrase de fin :" Si j'ai relaté tant de choses, c'est évidemment pour mieux cacher"(...)"plus je parle, moins je dis!" PAF! Nous qui avions fini par entrer avec sympathie dans sa vie! Comme quoi l'exemple tant regretté du père reste profondément prégnant...

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