Cyrano de Bergerac

De
Edmond Rostand
Mise en scène
Dominique Pitoiset
Avec
Jean-Michel Balthazar, Adrien Cauchetier, Antoine Cholet, Nicolas Chupin, Patrice Costa, Gilles Fisseau, Jean-François Lapalus, Daniel Martin, Bruno Ouzeau, Philippe Torreton, Martine Vandeville, Maud Wyler
Recommandation

 

Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de l'Odéon
Place de l'Odéon
75006
Paris
01 44 85 40 40
Jusqu'au 28 juin

Thème

Cyrano de Bergerac est la pièce la plus célèbre d'Edmond Rostand (1868-1918). Interprétée pour la première fois en 1897 par le célèbre acteur Coquelin, elle a toujours connu depuis un succès considérable. Lorsqu'on entre dans le théâtre de l'Odéon, on est surpris de voir sur scène, non pas l'hôtel de Bourgogne, mais une sorte de réfectoire, avec tables en formica blanc, tabourets tristes et carrelage froid, ainsi qu'un surprenant jukebox placé dans un coin. Tournant le dos au public, on aperçoit le sommet du crâne dégarni de Philippe Torreton, installé dans un fauteuil. Puis débarquent par la porte à double battants, non pas de grands bourgeois ni des mousquetaires, mais une cohorte de personnages loufoques, en joggings informes, bourrés de tics et de mouvements incontrôlés... S'agit-il d'une maison de fous? Lorsque Cyrano se lève en marcel blanc et baskets, on se pose des questions sur son panache et le sens de l'épique... Est-ce un fou qui joue à Cyrano ou est-ce un Cyrano d'aujourd'hui? Qu'a voulu faire Dominique Pitoiset, le metteur en scène?

Points forts

1. Philippe Torreton nous embarque de surprise en surprise. Avec son grand nez et malgré son look de voyou breton, bonnet marine vissé sur le crâne, il endosse immédiatement le rôle imposant de ce héros rempli d'amour, de générosité et d'honneur. D'une énergie impressionnante, il passe de l'autorité à l'émotion, de la douleur à la mélancolie, de la violence à la douceur, emportant tout sur son passage. Et si l'habit a disparu, le panache est bien là.

2. Il y a des moments de mise en scène très réussis, comme ces fils à linge dressés pour y installer des lettres d'amour qui volent au vent, ou encore la scène du balcon remplacée par un coup de téléphone avec skype où l'on voit Roxanne sur un écran géant...

3. Dominique Pitoiset a réussi à allier la farce, l'amour et le pathétique de cette pièce. Le registre noble de Cyrano au centre d'un environnement déroutant, l'importance de la musique (on entend Queen, Pinkfloyd, Edith Piaf, Bashung au jukebox), l'apologie de la nourriture (on est dans un réfectoire) sont aussi respectés.

Quelques réserves

Les amateurs de théâtre classique seront déçus : pas de beaux décors, ni de costumes d'époque (sauf à la fin, Cyrano sera en habit avec chapeau à plume et bottes aux pieds). La tendance actuelle à adapter à un contexte contemporain les grands classiques du théâtre souligne l'intemporalité des textes, et ouvre la voie à d'intéressantes trouvailles dans la mise en scène. Mais il y a aussi des limites, comme ce choix audacieux et peu clair d'un asile de fous.

Les jeunes qui ne connaissent pas l'oeuvre d'Edmond Rostand, seront peut-être déboussolés devant cette version. Il serait important qu'ils lisent l'oeuvre auparavant...

Encore un mot...

Ce qu'on retiendra avant tout de ce spectacle, c'est le jeu éblouissant de Philippe Torreton.

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