Derrière le miroir

Les affres de la création, entre réel et imaginaire. Une brillante réussite !
De
Valérie Mastrangelo
Compagnie La Famiglia
Compagnie Cambalache
Durée : 1h10
Mise en scène
Valérie Mastrangelo
Avec
Daphné de Quatrebarbes, Laurent Muzy, Manuel Olinger, Aude Ollier, Juan Ramos
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Essaïon Théâtre
4 rue Pierre au Lard
75004
Paris
01 42 78 44 62
Du 22 juin au 29 juillet, les jeudis, vendredis et samedis à 21h15

Thème

  • Monsieur Alfred, qui n’a rien écrit depuis dix ans, tente de finir son premier roman, que son éditrice attend pour le lendemain.
  • Pour y parvenir, il est persuadé qu’il doit faire mourir l’un de ses quatre personnages. Dans l’incapacité de choisir, il les convoque à dîner et leur confie la rude tâche de décider entre eux qui sera le malheureux élu !
  • Ceux-ci vont s’entredéchirer pour sauver leur peau, sous l’œil goguenard de l’écrivain, qui espère bien achever son roman.
  • Mais qui décide réellement ? Et de quoi ?

Points forts

  • Le miroir, c’est celui qui sépare la réalité de l’imaginaire, l’auteur de sa création. En convoquant ses personnages pour leur donner le pouvoir d’influer sur leurs propres destins, l’écrivain regarde derrière ce miroir ce qui s’y passe … et se retrouve confronté à sa propre personne. Il espère ainsi palier son manque d’inspiration.
  • Le dialogue qui s’instaure – et dont je nous révèlerai pas les dessous pour ne pas “divulgâcher“ la pièce – nous plonge dans les méandres de la personnalité de l’écrivain. Face à ses quatre personnages, qui représentent chacun un des traits de sa personnalité, il se retrouve face à lui-même. Mais pouvons-nous faire le tri entre les différents traits qui façonnent notre caractère pour ne garder que le meilleur ?
  • Le texte nous plonge progressivement, et assez subtilement, dans les affres de la création et de l’existence de cet écrivain prêt à tout pour terminer son roman. Il est servi par une mise en scène de l’autrice, Valérie Mastrangelo, qui décompose brillamment, dans une succession de tableaux, la quête de Monsieur Alfred. Elle convoque tour à tour le rêve, la poésie, le gothique, le burlesque ou le trash par de subtiles touches qu’elle assemble dans une composition impressionniste.
  • La réussite de la pièce doit énormément à la troupe de cinq comédiens, tous à leur meilleur, dans des registres pourtant différents. Ils servent parfaitement le texte en incarnant subtilement les différentes personnalités de l’auteur.

Quelques réserves

  • Peu de réserves, si ce n’est un public clairsemé, qui aura pourtant vibré pendant 70 minutes. 

  • La pièce se joue durant tout le mois de juillet, profitez-en ! Derrière le miroir est la bonne surprise de l’été.

Encore un mot...

  • Derrière le miroir trouve son inspiration dans la théorie du psychologue Carl Gustav Jung et sa thèse de “l’archétype“, qui définit les modèles élémentaires de la psyché humaine qui forment l’inconscient collectif.

  • Ce monde mystérieux de l'inconscient crée une galerie de personnages burlesques qui, tour à tour, vont devenir monstrueux, comme si nous faisions une balade du côté de chez Fellini ou de Pasolini.  Cet univers nous permet d'explorer le monstre qui est dans chacun de nous.

L'auteur

  • Valérie Mastrangelo débute en tant que comédienne en Italie, puis revient en France et à partir de 2021, travaille avec Fabio Marra. Ensemble, ils créent trois spectacles.
  • En 2014, avec Pierre Santini, elle joue, Goldoni Perdu et retrouvé, organisé par le Théâtre National de Toscane, l’Ambassade d’Italie.
  • En 2017, elle publie Derrière le miroir chez l’Harmattan et en 2019, toujours chez l’Harmattan, Bulles de rêves, conte pour adolescent.
  • En 2023, elle écrit et met en scène, L'amour c'est aussi pour les garçons, avec le soutien du Centquatre-Paris et le Grand Parquet, Le Théâtre Quartiers d'Ivry CDN du Val-de-Marne, et la Ligue de l'enseignement.

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