En direct du Festival off d'Avignon - dimanche 19 juillet
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Et aussi
- Darius – Jean-Benoît Patricot
Théâtre du cabestan
Mise en scène : J-B Patricot
Interprétation : Catherine Hauseux - Félix Pruvost
Du 4 au 25 juillet à12h55, relâche les 8, 22 juillet
Claire met au défi Paul, un grand parfumeur : sera-t-il capable de créer des parfums qui permettront à son fils immobilisé de se souvenir des voyages et des moments précieux qu’ils ont partagés ? "J'en viens à ma demande. Je suis à la recherche d'un créateur de senteurs. Je crois que je peux dire un nez plus qu'un parfumeur. Pour comprendre le sens de ma démarche, il faut que je vous parle de mon fils, Darius. Il a presque dix-neuf ans. C'est un garçon curieux, qui aime voyager, manger avec les doigts dans des pays lointains, grimper les rues de Lisbonne, dévaler celles de Naples. Partir. Juste pour aller loin. Ailleurs." Entre Claire et Paul, s'établit un échange intense afin de permettre à Darius de continuer à voyager grâce aux parfums des lieux et des personnes qu'il a aimés.
C’est un spectacle bouleversant servi par deux interprètes magnifiques de tendresse et de pudeur. Un texte merveilleusement écrit par Jean-Benoît Patricot qui le met également en scène. Sans pathos, ni misérabilisme le parcours de cette mère prête à tout pour son fils poly-handicapé est une délicate leçon de vie dont on sort très ému. Entre résilience, sacrifice, amour maternel et exaltation des sens, cette équipe vous offre un magnifique voyage au pays des sensations. On redécouvre un de nos sens trop souvent sacrifié, l’odorat, qui nous apporte au détour de nos vies des fulgurances et des (re)souvenirs étonnants. Embaumez-vous la vie avec ce spectacle.
5 cœurs
- Aux marges du palais – D'après Marcus Malte - Adaptation : Aurélie Audax
Théâtre du Petit Chien
Mise en scène : Aurélie Audax
Interprétation : Aurélie Audax - Gérard Audax - Clément Beauvoir - Etienne Luneau - Lila Tamazit - Pauline Vincent
Du 4 au 25 juillet à 14h50, relâche les 7, 14, 21 juillet
Au doux pays de Frzangzwe, le fossé entre les nantis et les fauchés ne cesse de se creuser. D’un côté, la baronne, secondée par son équipe de bras cassés. De l’autre côté, l’archimaréchal règne avec ses zeds de camp. Et puis il y a la marjorette, Aneth. Lorsque sa servante Chantal organise une escapade clandestine dans la jungle du réel, tout bascule, les deux mondes vont se croiser, alors que grogne la révolte. Retranchés dans leur manoir, la bande de marginaux fomente un coup d’éclat : voler la Grande Tour F.
C’est un spectacle étrange. L’écriture est très compacte et l’histoire très dense qu’on s’y perd parfois. Mais paradoxalement, la distribution d’une grande efficacité vous emmène dans cette épopée mi-dystopique, mi-fantaisiste avec une très belle énergie communicative.
Entre comédie sociale et voyage en absurdie réjouissante. Faites le détour pour la bonne humeur.
3 cœurs
- Enquête de famille – Elisabeth Bouchaud
Avignon Reine Blanche
Mise en scène : Elisabeth Bouchaud
Interprétation : Benoit Di Marco - Adrien Madinier - Matila Malliarakis - Isis Ravel - Nicolas Vial
Du 4 au 22 juillet à 18h, relâche les 9, 16 juillet
Chez les Chardin, au seuil de la mort, il est coutume d’adresser une lettre à ses enfants, à la fois bilan et héritage, révélant un secret de famille. Ces lettres ont vocation à constituer un Livre de Raison qui renferme l’histoire de la lignée. Un journaliste du New-York Times vient interviewer Sophie Chardin, petite fille du grand violoniste Paul Chardin, pour commémorer le trentième anniversaire de sa mort. Mais cet immense artiste est un personnage trouble, qui a travaillé à « l’épuration de la musique » pour le gouvernement de Vichy. Durant cette enquête, où viennent témoigner les fantômes de la famille, chacun se dévoile petit à petit.
C’est un texte puissant et très belle mise en scène que signe ici Elisabeth Bouchaud. Nous sommes bousculés dans nos certitudes entre le pardon, la résilience sur l’attitude des être humains pendant la seconde guerre mondiale. Faut-il dissocier le génie et l’artiste de ses actes ? L’œuvre doit-elle disparaître quand l’homme s’est conduit de façon abjecte ou répréhensible ? Faut-il tenir compte d’un contexte et « amender » ? Pardonner mais se souvenir ? Nous sommes tenus en haleine durant tout le spectacle avec ses multiples rebondissements dans cette enquête passionnante sur ce « Paul Chardin ». Du théâtre de très haute tenue. A ne pas manquer.
5 cœurs
- 4 saisons – Ariane Liautaud
Théâtre Golovine
Interprétation : Karim El Toukhi - Ariane Liautaud
Du 4 au 24 juillet à 20h, relâche les 6, 13, 20 juillet
En quatre épisodes, quatre états de cœurs, [4] Saisons livre le portrait intimiste d’un couple en mutation : emportés par les compositions d’Antonio Vivaldi et d’Astor Piazzolla deux interprètes se rencontrent, se séduisent, s’observent, se défient, se soutiennent, s’éloignent et se retrouvent.
Un couple qui évolue selon les 4 saisons de Vivaldi. Entre déséquilibre et tension, la chorégraphie de ce spectacle dans laquelle domine les accents du tango argentin navigue entre humour, poésie et la ambiguïtés du couple. La parfaite adéquation des deux corps dans leur complémentarité sur le plan de l’énergie, de la prise de pouvoir alternante, révèle l’exaltation des sentiments et irradie de plateau. Quand le désir se manifeste, tendre et fragile, exalté ou violent, il vous emporte, comme le souffle qui traverse ce spectacle.
4 cœurs
- L’école des femmes – Molière
Théâtre du Chêne Noir
Mise en scène : Frédérique Lazarini
Interprétation Alain Cerrer - Cédric Colas - Emmanuelle Galabru - Hugo Givort - Sara Montpetit - Guillaume Veyre
Du 4 au 25 juillet à 10h15, relâche les 6, 13, 20 juillet
Un tuteur, Arnolphe, isole sa jeune pupille du monde et l'éduque dans l'ignorance pour mieux l'épouser.
La lecture que Frédérique Lazarini nous propose avec cette Agnès cloitrée dans une cage de verre transparente soumise aux caméras de son « protecteur » est provocante et d’une modernité géniale. L’interprétation que donne Cédric Colas est bouleversante dans cet Arnolphe enfermé dans sa folie possessive. Ancré dans un quotidien glaçant, Frédérique Lazarini a su conserver tout l’humour de Molière avec ses Alain et Georgette et traduire l’irrépressible envie d’émancipation d’une jeune fille, Sara Monpetit, étonnante Agnès. Entre fraîcheur des jeunes amoureux et gravité des propos, un étonnant cocktail de comédie et d’énergie organique traverse le plateau.
5 cœurs
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