En direct du Festival off d'Avignon - mardi 21 juillet

Pendant toute la durée du Festival, notre chroniqueur Jean-Pierre Hané voit pour nous les pièces à ne pas rater ... Voici sa sélection du jour 20
Notre recommandation
4/5

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Et aussi

  • Le dernier aïd – Wacil Ben Messaoud 

11 Avignon
Les 7, 9, 11, 13, 15, 19, 21, 23 juillet à 11h00 
Interprétation : Wacil Ben Messaoud 

Wacil Ben Messaoud raconte seul en scène les derniers moments de la boucherie halal familiale dans laquelle il a travaillé avant de se lancer sur les planches. Il réussit avec brio la chronique d'une transmission et d'une émancipation. (...) Mais la pièce ne se limite pas à croquer la vie dans une boutique de quartier. Elle parle de la transmission d’un savoir-faire, de la précision du geste, du respect presque sacré de la viande.

Un texte fort qui manie la tendresse, le sens de la transmission, les valeurs familiales dans un agréable mélange de portraits pittoresques de personnages attachants dans un univers peu conventionnel : la boucherie.
L’énergie débordante de Wacil Ben Messaoud ( qui incarne entre autre un magnifique Pyrrhus dans « Andromak » au théâtre des corps saints) donne à ses personnages dans leur incarnation, une saveur toute particulière. Sans cliché, ni caricature, le portrait du père courageux qui a sacrifié ses ambitions à ses enfants, le devoir familial, la tradition, les rites religieux et ses aléas sont traités avec humour. On navigue entre tension et recul sur le dérisoire de certains principes mais traite de la fidélité à la mémoire et formidablement du respect sacré de la viande. Ce récit intime est monté dans une dramaturgie intelligente qui en fait une aventure théâtrale passionnante.

5 Cœurs 

 

 

  • L’autre – Didier Caron

Le Buffon
Mise en scène : Didier Caron
Interprétation : Didier Caron - Christophe Corsand  - Juliette Galoisy - Miguel Vander-Linden
Du 4 au 25 juillet à 13h, relâche les 9, 16 juillet

Avril 1944. La Milice fait régner la terreur dans toute la banlieue lyonnaise. 
Une nuit, Samuel Rosenthal, pourchassé par ces collabos tente de gagner la Suisse et trouve refuge chez le prêtre d’une paroisse, l’Abbé Jocelyn. Marceline, sa dame à tout faire, ne voit pas cette arrivée impromptue d’un très bon œil, d’autant que les soupçons du chef de la Milice locale se resserrent peu à peu autour de l’homme d’église et du fuyard. L’Abbé trouve alors une idée pour aider Samuel à se cacher et éloigner le danger qui le guette : faire de ce médecin juif le futur curé de la paroisse. Samuel va-t-il accepter cette proposition ? 
Et si ce qui les unit était plus fort que ce qui les oppose ?

C’est une comédie dramatique de grande qualité qui se déroule sous nos yeux. Écrite avec subtilité et intelligence loin des clichés et des caricatures qu’on pourrait redouter, Didier Caron met en présence deux aspects deux religions face à face dans un temps sombre où l’obscurantisme a pris toute sa place. La guerre n’est plus le sujet principal mais la conviction, le doute, l’humanisme, le jugement au regard d’une certaine immanence. « Dieu » quel que soit son nom constitue t’il toute valeur et toute intelligibilité en regard de la folie des hommes ? Défendue par une distribution parfaite laissez-vous entrainer par cet « autre » qu’on méconnaît tant à force d’ignorance. Une jolie leçon d’humanité.

5 Cœurs 

 

  • La plaidoirie des forêts – Françoise Cadol, Rémi Bichet

Le Buffon
Mise en scène Françoise Cadol 
Interprétation Rémi Bichet - Françoise Cadol - Bernard Lanneau
Du 4 au 25 juillet   relâche les 8, 22 juillet à 14h45 – au Buffon

Un procès. Un arbre. Deux visions du monde.

La défense de l’environnement est un sujet clivant qui déclenche des réactions passionnées. Dans une intrigue où se mêlent réalité et fiction, Françoise Cadol s’inspire d’un fait réel pour nous proposer une intrigue de justice efficace dans laquelle deux visions s’opposent, le productivisme et la préservation de la vie. Merveilleusement distribués les comédiens déploient tout leur talent pour mener cette intrigue à rebondissements dans des joutes oratoires de grande envolée. En mêlant deux formes d’écriture et des projections sur lesquelles se projettent film d’animation et dessins, nous sommes happés dans cette fable moderne qui sonne encore et toujours l’alarme nécessaire sur l’état d’une planète dont la préservation est un enjeu majeur. Comme il est souvent répété dans le spectacle , il faut savoir déceler l’arbre qui cache la forêt. Soyons vigilants.

4 Cœurs 

 

Lennon et McCartneyGermain Récamier

L’arrache Cœur
Mise en scène Joseph Laurent Interprétation : Tristan Garnier - Léo Perlot-Lhuillier - Jeff Saucet
Ddu 4 au 25 juillet   relâche les 8, 15, 22 juillet à 16h50

New-York. 27 novembre 1980. Et si Paul était venu sonner chez John ? « Lennon et McCartney » est la première pièce de théâtre musicale qui raconte les Beatles avec des extraits de leurs plus grandes chansons. C’est aussi le récit d’une amitié qui a changé le monde.

Un spectacle hommage joliment troussé et émaillé d’une grande partie du répertoire des Beatles dont on retrace l’itinéraire. Les deux interprètes comédien-instrumentiste-chanteur jouent les personnages avec sobriété et une juvénilité qui donne une dynamique particulière à ce spectacle dont on a les mélodies au bord des lèvres. Bien sûr la rencontre est fictive mais les dialogues sont savoureux et retracent ce parcours composé d’anecdotes savoureuses aux réparties réjouissantes.

4 Cœurs 

 

  • Le masque de fer et le mousquetaire – Donat Guibert

L’ambigu théâtre
Mise en scène Alain Veniger 
Interprétation Donat Guibert
Du 4 au 25 juillet à 20h, relâche les 12, 19 juillet

Paris, 1708. Monsieur de Saint-Mars, gouverneur de la Bastille, est interrogé par Linget, journaliste de la "Gazette d'Amsterdam" ; celui-ci veut connaître le secret du Masque de Fer. L’ancien mousquetaire de d'Artagnan va lui conter sa vie épique ; et sous la forme d’une confession, lui révéler toute la vérité sur cette affaire.

Une agréable promenade historique dans ce jeu du chat et à la souris avec Monsieur de Saint-Mars et son mystérieux « masque de fer » dont il porte la charge toute sa vie comme un sacerdoce. On se perd en conjectures, fausses pistes et révélations. Un spectacle comme un jeu de piste, dans une interprétation soignée.

2 Cœurs 

 

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