Les Cuisinières

Pas à la hauteur de Goldoni
De
Carlo Goldoni
Mise en scène
Philippe Lagrue
Avec
Heidi-Eva Clavier, Christian Cloarec, Zazie Delem, Aude GognyGoubert, Grant Lawrens, Alain Payen, Françoise Pinkwasser, Baptiste Roussillon, Catherine Sauval, Maxime Taffanel, Thomas Matalou, Pauline Vaubaillon
Notre recommandation
2/5

Infos & réservation

Théâtre Artistic Athévains
45 bis rue Richard Lenoir
75011
Paris
0143563832
ATTENTION: dernière représentation, le 30 juin

Thème

La pièce raconte une journée de carnaval à Venise dans la vie de quatre cuisinières et de leurs maîtres ou maîtresses. Les cuisinières intriguent entre elles ou les unes contre les autres pour pouvoir abandonner leurs maîtres et se rendre au Carnaval pendant leur seule journée de congé. Le carnaval va leur permettre d'échapper à leur quotidien et à leur condition sociale grâce au masque, accessoire incontournable du carnaval. 

Points forts

1 Le texte: le portrait de ces cuisinières et de leur quotidien est vivant, drôle et touchant. Goldoni décrit une réalité qui n’est pas toujours rose avec un humour certain, parfois même une certaine tendresse.  

2 Les personnages: aucun n’est caricatural mais simplement humain avec des qualités et des défauts : des personnages attachants auxquels on peut s’identifier.

3 À travers des épisodes et rebondissements tous aussi extravagants et colorés qu’une journée de carnaval, on perçoit les aspirations profondes de ces cuisinières qui, sous leurs airs de commères incorrigibles, rêvent d’un avenir plus doux. L’humour permet aussi d’aborder des sujets profonds tels que l’infidélité conjugale ou l’addiction au jeu.

4 Les comédiens ont du talent et mettent beaucoup d’énergie et de dynamisme dans leur jeu. Certains viennent de la Comédie française, et c'est visible. 

Quelques réserves

1 La mise en scène : le choix du metteur en scène s’est porté sur un décor sobre fait de draps blancs. Les comédiens sont en tenue qu’on pourrait dire « d’époque », et les scènes sont entrecoupées d'une musique douce. L'ensemble manque de rythme et de dynamique collective. Ce qui est décrit est pourtant très évocateur : une journée de carnaval, des couleurs chatoyantes, de l’animation dans les rues, du mouvement… Il m’a semblé que la mise en scène n’évoquait rien de cela. Je n'étais pas loin de m'ennuyer à certains moments. 

2 Le jeu des acteurs : j’ai eu le sentiment que les comédiens étaient, certes, de talent et généreux mais que la mise en scène ne les mettait pas en valeur. J'ai trouvé cela assez décevant car il m'a semblé que la troupe peinait à nous emmener, ensemble, dans une vraie aventure. 

Encore un mot...

Je n'ai pas passé un mauvais moment et j'ai été touchée par ces personnages. Leurs travers, addictions et frivolités m'ont amusée, sans occulter les sujets plus profonds qui apparaissent tout au long de l'histoire. Les préoccupations et aspirations de ces cuisinières du XVIIe siècle m'ont semblé très actuelles: la recherche de l'évasion par la fête ou le jeu, le rêve d'une vie meilleure et plus paisible, le désir d'aimer et d'être aimé. Malgré cela, je me suis ennuyée par moments, en grande partie à cause de la mise en scène, trop lente. En somme, il manquait l'étincelle qui m'aurait fait quitter mon quotidien et basculer dans cette journée unique de Carnaval à Venise. Et pourtant, Goldoni est un grand... 

Une phrase

"Chaque année, je sors avec des cuisinières, et ça me fait du bien".
Anzoletto, le jeune bourgeois que les cuisinières adulent.

L'auteur

Carlo Goldoni est un auteur vénitien du XVIIIe siècle exilé en France en 1762, grand admirateur de Molière.

Il est principalement connu pour avoir fait évoluer la comédie italienne en s’éloignant du théâtre populaire italien, la Commedia dell’arte. Ses pièces campent des personnages et des situations plus réalistes et dont les dialogues sont intégralement écrits. C’est ce choix du réalisme qui l’a fait critiquer en Italie et finalement poussé à s’exiler en France. La pièce « Les Cuisinières » a été écrite pour le carnaval de 1755, avant cet exil.

Son thème de prédilection : dépeindre la société, la vie quotidienne, les différentes classes sociales.

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