L’étonnant Noël de Monsieur Scrooge
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Thème
Nous sommes à Londres en 1843. Le riche et vieux Scrooge est une personne détestable : tyrannique avec son employé aux écritures, odieux avec sa nièce bien intentionnée, méprisant envers les personnes démunies, intraitable avec ses débiteurs. Comment s’étonner dans ces conditions que Scrooge déteste par-dessus tout Noël ?
C’est pourtant à ce moment-là que trois esprits viennent à sa rencontre, le replongeant aux moments-charnières de son existence, le conduisant à réexaminer ses choix, à révéler ses fêlures intimes, et lui indiquant le sort qui l’attend s’il persiste dans sa manière de vivre et traiter avec ses congénères.
Points forts
La Compagnie du Loup gris, qui se définit comme « émergente », mérite qu’on lui rende visite, car elle propose un récit bien interprété et fait preuve d’inventivité avec moyens limités, les décors et les accessoires parvenant astucieusement à suggérer tantôt un vol débridé en aéroplane piloté en mode dingo, tantôt un séjour au pays glacé des ombres et des fantômes.
L’interaction avec le public, jamais forcée, est placée sous le signe de la spontanéité et de la bonne humeur, même quand les enfants sont un peu turbulents, ou piquent les répliques des personnages !
L’accompagnement musical nous accueille dans la salle et pendant toute la représentation, installant une atmosphère totalement en phase avec le propos. Les chants, tous bien interprétés, le sont en langue anglaise, pour mieux nous plonger dans le Londres de la première moitié du XIXe siècle.
Quelques réserves
Certains spectateurs pourront s’étonner du caractère un peu stéréotypé des situations sociales décrites dans le conte, mais c’est un sentiment trompeur : Dickens force à peine le trait quand, au travers de Scrooge, il montre la bonne conscience inaltérable des plus aisés et leur mépris de classe monumental envers les plus démunis dans la société britannique du milieu du XIXe siècle.
En revanche, l’optimisme qui préside au dénouement du conte est d’un angélisme moralisateur qui n’a plus trop cours de nos jours. Là encore, Dickens est de son époque, car Eugène Sue, dans ses Mystères de Paris, fait preuve au même moment en France d’un état d’esprit assez semblable.
Encore un mot...
Voilà un spectacle qui ne devrait pas faire regretter aux parents d’y avoir emmené leur progéniture.
Une phrase
« Craignez l’ignorance et l’envie : ils sont le fléau de cette société et rendent sombre le cœur des hommes. »
L'auteur
Charles Dickens (1812-1870) décrit un monde qu’il connaît bien, ayant lui-même vécu dans la misère et côtoyé la violence chez les pauvres. Il a travaillé à douze ans dans une fabrique de cirage, où il découvre la dureté de ses compagnons et celle de la vie des misérables.
En 1836, il publie son premier livre, Les aventures de M.Pickwick. Il écrit de nombreux romans dont la plupart sont restés célèbres : Oliver Twist, d’abord publié en feuilleton mensuel, ou encore David Copperfield…
Ses romans peignent la société de son temps dans Grande-Bretagne citadine et industrielle avec un grand réalisme, et en même temps beaucoup d’humour. Ses oeuvres sont aussi pleines de chaleur humaine.
En 1843, il publie A Christmas Carol (Un chant de Noël), un conte dont l’action se déroule au moment où il l’écrit, et qui remporte un succès considérable, au point de devenir une lecture incontournable lors des fêtes de Noël, du moins pour celles et ceux qui parviennent à s’abstraire de la contemplation des écrans...
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