TOM A LA FERME

Scènes d’homophobie en milieu rural
De
Michel-Marc Bouchard
Mise en scène
Vincent Marbeau
Avec
Lydie Rigaud, Vincent Marbeau, Léonard barbier, Milena Hernandez
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Manufacture des Abbesses
7 rue Véron
75018
Paris
01 42 33 42 03
Du 24 aout au 8 octobre 2022, du mercredi au samedi à 19H

Thème

• Tom, jeune publicitaire, se rend aux funérailles de son amant dans la ferme familiale de celui-ci. Dès son arrivée, il est confronté à une famille étrange, toxique, violente, qui ignore tout de la vie du défunt, et Tom se retrouve coincé dans cet espace clos à réinventer une vie, cacher une vérité. 

• Tom, privé d’un deuil qu’il est venu faire, se retrouve captif d’un frère qui lui impose un jeu de rôle malsain pour préserver “l’honneur“ de la famille. 

• Au fur et à mesure, Tom perd ses repères, et se soumet à une relation toxique dont la fin paraît inéluctable.

Points forts

• Un univers sombre rendu par le choix d’une scénographie minimaliste mais très étudiée. On oscille entre le thriller et une réflexion sur les violences intrafamiliales. La pièce est incroyablement forte, qui vous emporte dès le début dans un tourbillon de violence sourde. Cependant l’écriture est ciselée. Il y a dans cette atmosphère sordide une poésie violente de l’écriture, comme celle que Visconti ou Pasolini insufflaient à leurs films.

• Une mise en scène et une direction d’acteurs qui poussent le spectateur à remplir les espaces de ses doutes et de ses propres projections. 

• La performance déstabilisante de Vincent Marbeau, oscillant entre naïveté et soumission. La présence de Léonard Barbier insuffle une sauvagerie de personnage à la Tennessee Williams.

Quelques réserves

Il faut parfois tendre l’oreille dans les moments intimiste.

Encore un mot...

• On accroche à ces protagonistes tout à la fois inquiétants et perdus. Toutes les clés ne nous sont pas données par choix du metteur en scène, ce qui nous oblige à une attention permanente pour déchiffrer, décoder les ressorts de ces rapports de domination- soumission qui s’établissent entre les deux hommes. 

• Bref, une pièce qui relève d’un théâtre de la cruauté dans lequel on retrouve les influences de Jean-Luc Lagarce, notamment via une parole oscillant entre le monologue intérieur et le dialogue. Une réflexion sur l’homophobie, sorte d’épée de Damoclès permanente dans une société en mal de tolérance.

Une phrase

AGATHE : « Je peux savoir ce que vous faites dans cette maison ?
TOM : J’avais juste votre adresse. J’ai fait toute la route sans m’arrêter. C’était beaucoup plus loin que je ne pensais. Mon GPS disait “Recalcul ! recalcul !“
AGATHE : Vous étiez un de ses amis ?
TOM : Je suis Tom. [pour lui] Je suis Tom qui n’arrive pas à se lever, à se mettre debout, à se redresser. Tom vissé à sa chaise. Enchaîné, retenu, soudé, cloué à sa chaise. Tom qui devrait lui offrir sa main. Tom qui devrait la prendre dans ses bras.
(…)
TOM : Mes condoléances, madame ! J’aurai dû commencer par ça. Mes sincères condoléances.
AGATHE : Appelle-moi Agathe. Je suis contente que tu soies là, Tom.
TOM [pour lui] Elle dit mon nom. Elle me tutoie. L’espace entre elle et moi se rétrécit.
AGATHE [pour lui] Il ne m’a jamais parlé de toi.
TOM [pour lui] : Et l’espace entre elle et moi reprend sa place. (à elle) Jamais parlé de moi ? »

L'auteur

• Auteur québécois, Michel-Marc Bouchard est joué à travers le monde, lauréat de plusieurs récompenses. Ses pièces se donnent régulièrement  en France, et parmi les plus connues figurent Les muses orphelines ou Le chemin des passes dangereuses. 

• Tom à la ferme a fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Xavier Nolan, un succès critique et du public qui remporta le prix FIPRESCI à la Mostra de Venise.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Toujours à l'affiche

Théâtre
Naïs
De
Marcel Pagnol
Théâtre
Avant la terreur
De
Vincent Macaigne, très librement inspiré de Richard III de William Shakespeare