La fin du courage
Infos & réservation
Thème
Le texte de la pièce est adapté du livre de la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, La fin du courage, paru en 2010.
Elle raconte son expérience intime du découragement, de la période d’abattement qui l’a suivi et qui débouche sur la nécessité de reprendre courage.
Les deux femmes : une autrice et une journaliste qui l’interroge, confrontent leur vision du courage, comment elles résistent au découragement, échangent sur leurs parcours intimes respectifs et se projettent dans l’action.
Points forts
On peine à en trouver, alors que cette rencontre était riche de promesse : confronter à travers un texte original et ambitieux un monstre sacré du spectacle, Isabelle Adjani – laquelle avait subi suffisamment d’épreuves pour éprouver la dualité découragement / courage, et tellement payé de sa personne pour toujours garder le contrôle de sa vie - et une actrice, Laure Calamy, qui a toujours fait preuve d’une vitalité et d’une créativité épatantes, comme si rien ne pouvait lui arriver.
Adapter un texte philosophique pour la scène en misant sur la légèreté, voire même le comique, est un défi, en partie réussi. Le message passe et l’actualité le rend plus brûlant encore, en nous interrogeant sur notre capacité à agir.
Le texte se transforme en fable existentielle et motivante taillée pour lutter contre les chaos du monde. Les deux femmes, confrontées lors d’une improbable rencontre, s’interpellent, s’éloignent puis se retrouvent pour unir leurs volontés et leurs espoirs.
Quelques réserves
En revanche, nos réticences sont importantes, qui tiennent principalement à la forme inaboutie de la mise en scène : pourquoi leur faire lire – la plupart du temps – un texte qui les encombre et nuit à la fois au naturel de la parole et de la gestuelle ?
est-ce pour leur éviter d’avoir à apprendre le texte ?
ou bien un parti pris de mise en scène de Jacques Vincey, qui dit que « les actrices gardent le texte en mains, l’enjeu étant qu’elles se saisissent de cette pensée en lui prêtant un corps, une voix, une sensibilité qui la font raisonner au diapason de leurs singularités respectives » ?
A moins qu’il ne s’agisse de précipiter sans ménagement le public, à qui il faut bien du courage, dans la problématique de la pièce …
Quel profond mépris pour le public, à qui l’on inflige de suivre des personnages cherchant leur équilibre entre l’envie de jouer et la nécessité de lire, se mouvant sur scène sans lâcher l’imposant texte qui les encombre ! Voir par exemple Laure Calamy en tenue d’alpiniste, se balancer au bout d’une corde en rappel tout en lisant le volumineux texte qu’elle tient dans sa main, est l’un des moments les plus embarrassants qu’il m’ait été donné de voir sur une scène.
Entre Isabelle Adjani, distante et froide, et Laure Calamy, captivante et enthousiaste, la rencontre a du mal à se faire. Il faut attendre les saluts au public pour voir ce que ces deux grandes actrices sont capables de partager.
Encore un mot...
- A quelle idée correspond cette distribution éclatée entre huit actrices qui vont, par paire, composer six duos pour interpréter la pièce une dizaine de fois chacune ?
Une phrase
- « Première règle. Pour reprendre courage, il faut déjà cesser de chuter. Deuxième règle : il faut accepter de prendre son temps. Troisième règle. Il faut chercher la force là où elle se trouve. Quatrième règle : faire face à la vulgarité de ce monde. Tenir. Sourire. Se tenir prêt. »
L'auteur
Cynthia Fleury est une philosophe, enseignante et psychanalyste française, née en 1974.
Professeure titulaire de la chaire Humanités et Santé au Conservatoire national des arts et métiers, elle est également professeure associée à l’Ecole nationale supérieure des mines de Paris et titulaire de la chaire de philosophie à l’hôpital Saint-Anne.
Elle a également été chercheuse au CNRS et enseignante à l’Institut d’études politiques de Paris. Psychanalyste de formation, Cynthia Fleury est membre du Comité consultatif national d’éthique et autrice de très nombreux ouvrages, dont La fin du courage.
Commentaires
Bonjour, J'ai vu la pièce hier, avec Adjani et Calami. Comme vous j'ai été gênée par la lecture du texte par les actrices, je n'ai pas compris que les actrices prenaient "mieux en main le rôle à jouer" ! quelle idée. Mon amie a même pensé que c'était parce qu'elles n'avaient pas eu le temps d'apprendre le texte ...
Mais quel enthousiasme et joie de vivre de Laure Calamy, tellement communicative qu'Isabelle Adjani était elle aussi conquise lors des rappels, elle a embrassé Laure sur la joue avec la joie du bonheur partagé.
Le texte de la voie off n'est pas à la hauteur du texte, la vulgarité des propos n'ajoute rien à la rencontre des courages qui semble le fil conducteur de la relation entre l'auteur et la journaliste.
Je partage votre avis, cela a été une grande déception pour nous d’assister à ce spectacle, nous en attendions beaucoup plus, nous n’avions pas eu de bons retours de la Scala en 2019, mais nous pensions qu’avec Monsieur Vincey, la mise en scène serait plus brillante.
En fait il n’y a pas de mise en scène ou bien quelque chose de très lourd qui génère surtout un réel endormissement de la part des spectateurs (constaté autour de nous).
Incompréhensible d’avoir besoin du texte papier pour quelque chose qu’elles ont déjà joué en 2019, cela en est presque grotesque en effet par moments.
Sans parler des costumes et du décor laids et en ajoutant le prix exorbitant pour 1h15 de lecture.
Nous aurions préféré écouter Mme Fleury, elle-même, qui aurait certainement donné beaucoup plus de passion à ce texte que les actrices. Était-ce juste une opération séduction pour les fans d’Isabelle Adjani ?
Ajouter un commentaire