« Cheyenne »
94 p.
19,5€
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Thème
Ils vivaient là depuis des millénaires. Et les hommes blancs sont arrivés. Dans les grandes plaines des Etats nouvellement Unis, la conquête de l'Ouest fait se rencontrer colons et amérindiens, entre méfiance, défiance, et plus rarement confiance.
Cheyenne raconte l'histoire de la cohabitation fragile entre indiens du peuple Cheyenne à la veille de 50 années de guerres indiennes ; entendez le massacre systématique des peuples premiers pour s'approprier leurs terres.
Le retour de deux frères métis dans le ranch paternel, et l'hostilité qu'ils soulèvent parmi les "colons", constitue le point de départ de cette histoire qui s’achèvera par une promesse de paix cyniquement et tragiquement trahie. Ce qui inspirera au chef Sioux Oglada Red Cloud cette citation désabusée : « Ils nous ont fait beaucoup de promesses, mais ils n'en ont tenue qu'une seule… Ils avaient promis de nous prendre nos terres et ils les ont prises. »
Points forts
Sous la plume et les pinceaux de Patrick Prugne, cette BD évoque une histoire vraie, à peine romancée, celle d'une vraie promesse faite par un officier sincère, trahie par un officier fanatique, conduisant au massacre d'une tribu qui avait accepté de s'installer sur une réserve dans laquelle la paix leur avait été promise.
Scénario intelligent, dialogues inspirés, dessins de grande qualité et d'une véritable beauté formelle – aquarelles pour de très belles ambiances et de grands formats –, Cheyenne est un beau et terrible récit, à l'image des aventures mises en scène et réalisés par Patrick Prugne.
A noter l'intérêt de la note introductive, qui esquisse le contexte de l'histoire, et le cahier final de croquis, qui propose des images emblématiques du récit et de ses personnages.
Quelques réserves
Les fans de Patrick Pugne regretteront peut-être un trait moins soigné que dans Pocahontas, ou Vanikoro, pour ne prendre que deux exemples de mises en image d'une qualité exceptionnelle. Il n'en reste pas moins de très beaux dessins qui vous plongent au cœur du récit.
Encore un mot...
Dans une belle édition due à l'éditeur Daniel Maghen, dans un grand format qui magnifie la plume artistique de Patrick Prugne, Cheyenne est un nouveau tribut à la mémoire de peuples premiers, et un rappel, si nécessaire, au cynisme et à l'absence totale de respect, ou à tout le moins de compassion, des colons de l'époque.
Des images réalistes peuvent choquer les jeunes enfants, mais ce Cheyenne plein d'amertume et de beautés sauvages mérite sa place dans votre bibliothèque de grands récits de bande dessinée.
La conquête de l’Ouest et le sort réservé aux tribus indiennes Indiens sont au cœur de nombreux albums de la série Blueberry (cycle Fort Navajo, cycle Le Cheval de Fer, cycle La Longue Marche). On y retrouve l’inspiration de ce qui est la somme incontestable en la matière ; Bury my heart at Wounded Knee, An American History of the American West, Dee Brown, 1970 ; éd. Vintage 1991.
Une illustration
L'auteur
Patrick Prugne est auteur et dessinateur de bandes dessinées.
Autodidacte, il propose un dessin précis et réaliste, des décors très fouillés aux couleurs très nuancées. Dès 1990 (il a 29 ans), il reçoit le prix Alph-Art-Avenir du festival d'Angoulême. Notamment expert de la mise en forme et en scénarii de l'histoire des amérindiens, il en traduit les coutumes, les costumes et les environnements avec la précision combinée d'un ethnologue, d'un botaniste et d'un géographe.
Dans cette veine, il ne faut pas manquer les albums Frenchmann, Tomahawk, Pawnee, Iroquois, et le non moins remarquable Vanikoro, qui évoque le mystère de la disparition en Océanie en 1788 de la Pérouse et de ses navires, l'Astrolabe et la Boussole. Quelques très belles réalisations, parmi une vingtaine d'autres.
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