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Ni vue, ni connue de Marc Fitoussi - Avec Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Anne Marivin…
Corinne Maclou (Isabelle Huppert) est figurante. Elle enchaîne les apparitions dans des films en espérant un jour décrocher un grand rôle. Lorsque sa route croise celle de Sandrine Kiberlain, elle sent que quelque chose est en train de se passer. Mais le chemin vers le succès est long et la relation d’amitié entre les deux femmes va se révéler plus complexe qu’il n’y paraît…
Marc Fitoussi aime le milieu du cinéma, cet univers impitoyable dont il a déjà dépeint les dessous (pas toujours) très reluisants dans son film La Vie d’artiste (2007) ainsi que dans la série Dix Pour Cent dont il a réalisé plusieurs épisodes. En s’intéressant cette fois à la condition précaire du métier de figurant, le réalisateur signe une comédie aussi légère que amère sur l’industrie du septième art où les faux-semblants et trahisons sont monnaie courante. Drôle à de nombreuses reprises mais aussi particulièrement émouvant dans sa dernière partie, Ni vue, ni connue doit aussi beaucoup à son irrésistible duo de comédiennes principales. Face à l’impériale Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain fait des merveilles en comédienne hors-sol. Un régal !
Recommandation : 4 cœurs
Antoine Le Fur
L’Espèce explosive de Sarah Arnold - Avec Alexis Manenti, Ella Rumpf, Vincent Dedienne…
Sur une petite commune rurale des Ardennes, les sangliers, énigmatiquement toujours plus nombreux, ravagent les cultures, provoquant une guéguerre ouverte entre les notables, qui se délectent à les chasser et en veulent toujours plus, et les agriculteurs, dont ils détruisent les cultures. Brun, l’un de ces derniers, acculé à la faillite, disparaît mystérieusement. Mais les hostilités persistent…. Un an plus tard, Fulda Orsini (Alexis Manenti, une fois de plus d’une remarquable finesse de jeu), un gendarme corse, imprévisible et dépressif, muté dans la région pour être lui aussi sorti de ses gonds à la suite d’une rupture amoureuse - vient mener l’enquête. A ses côtés, une psychologue, brillante mais énigmatique (Ella Rumpf, épatante !) et un autre gendarme plus bébête que méchant (Vincent Dedienne, savoureux en total contre-emploi). S'ensuit une comédie déjantée…
Pour son premier long métrage, Sarah Arnold s'est amusée à nous dérouter. Commencé comme un film sociétal noir, son Espèce explosive nous embarque ensuite, tour à tour, avec une belle habileté et un humour jubilatoire, dans le (faux) polar, la comédie romantique, et aussi le drame rural. Et toutes ces incursions dans des genres différents, sans jamais se départir d’un ton réaliste qui « ancre » l’histoire, pourtant d’une loufoquerie irrésistible. Malicieusement déroutant, on comprend que ce premier film ait été sélectionné par la « Quinzaine des cinéastes » au dernier festival de Cannes.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Ton animal maternel de Valentina Maurel - Avec Daniela Marin Navarro, Mariangel Villegas, Marina de Tavira…
Après des années passées en Belgique, Elsa, 28 ans (Daniela Marin Navarro) décide de revenir dans son Costa Rica natal. Elle y retrouve Amalia, sa petite sœur (Mariangel Villegas) qui vit dans leur maison d’enfance avec de drôles de dresseurs de chiens et se prétend médium à ses heures. Elsa reprend aussi contact avec son père, qui ne semble intéressé que par ses conquêtes, et avec sa mère (Marina de Tavira), écrivaine et poétesse connue, plus préoccupée par le maintien de sa notoriété que par la situation de ses filles. Malgré ses efforts, Elsa ne parviendra pas à reconstituer le quatuor familial dont chacun des membres est devenu socialement si différent. Ses déambulations entre les uns et autres, seront l’occasion d’une plongée passionnante dans la ville si fiévreuse de San José, la capitale du Costa Rica…
Malgré un scénario assez abrupt et décousu, on ne peut s’empêcher d’éprouver une sorte de fascination pour ce portrait de famille décomposée et sans doute irréconciliable. Est-ce l’intensité de son tournage, la violence qui sourd de toutes les scènes, familiales ou urbaines, la précision clinique de sa direction d’acteurs (les trois comédiennes principales du film sont reparties de la sélection cannoise « Un Certain Regard » avec un prix d’interprétation commun), ou sa maîtrise formelle ? Le fait est là. On sort de ce film en se disant qu’il va falloir guetter le prochain long métrage de Valentina Maurel.
Recommandation : 3 coeurs
Dominique Poncet
Doraemon et le Château sous-marin de Tetsuo Yajima- Animation
Doraemon est un chat-robot bleu qui vient du futur. Il vit avec Nobita, un petit garçon flemmard et maladroit. Grâce à des gadgets secrets dissimulés dans une poche ventrale, Doraemon aide souvent son compagnon à résoudre ses problèmes. Un été, Nobita propose à ses amis d’aller faire du camping. Mer ou montagne ? Va pour la mer, dont les fonds ont des reliefs de montagne ! En les explorant, la petite bande de copains découvre une épave et fait la rencontre des Thalassiens. Une annonce survient : au secours ! Le Château sous-marin s’est réveillé ! Autour de Doraemon, les petits vacanciers vont se lancer, unis, dans une bataille sous-marine qui sauvera…la terre.
Trois cents millions de mangas vendus, diffusion de plus de 1000 épisodes conçus autour de lui pour le petit écran (dont certains à découvrir en France sur Netflix), deux films sur grand écran dont il est le héros, qui ont réuni, à travers le monde, plus de 100 millions de spectateurs cumulés… Depuis sa « création » en 1970, par le duo de manga, Fujiko Fujio, le chat Doraemon, est devenu une icône des petits et des plus grands. Signé par une référence en matière de dessin animé, Tetsuo Yajima, Doraemon et le Château sous-marin a tout pour séduire : son scénario, bourré de rebondissements, nous fait découvrir, avec pédagogie, les richesses, la beauté et la diversité du monde sous-marin, ses pièges et mirages aussi. Et sur le plan formel, on est impressionné par la richesse des décors à base de photos,qui donne au film une touche réaliste. Autre atout : la création d’une voiture appelée Buggy qui « parle » comme un être humain. Un joli clin d'œil au monde contemporain et à l’IA. Un bijou de l’animation, résolument écologique et tout public.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Joyeuse Jungle ! d’Edmunds Jansons - Avec les voix de Nina Ringelheim, Emmanuel Dell'Erba, Marcha Van Boven…
Elizabeth (Nina Ringelheim) a neuf ans. À l’occasion des vacances, elle quitte la grande ville pour rentrer chez sa mère (Marcha Van Boven) et son père (Emmanuel Dell’Erba) qui vivent dans la forêt tropicale. Mais alors qu’elle comptait en profiter pour se reposer et lire dans son hamac, elle doit finalement s’occuper de son petit frère Léo (Marie Braam). Lorsque celui-ci disparaît, la jeune fille décide de partir à sa recherche et s’embarque pour une folle aventure à travers la jungle…
Parmi les récentes sorties de films d’animation, Joyeuse Jungle ! est assurément l’une des plus jolies surprises. Ce nouveau long-métrage d’Edmunds Jansons, déjà remarqué avec Jacob et les chiens qui parlent (2019), mélange habilement aventure et émotion à travers l’histoire de cette jeune fille embarquée dans une formidable odyssée. Si le film parle surtout aux enfants, il n’en demeure pas moins amusant pour les adultes. Une bonne idée de sortie au cinéma en famille à l’approche des vacances.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
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