Cinéma/Séries TV

Killing Eve

La série qui tue !
De Phoebe Waller-Bridge (saison 1), Emerald Fennell (saison 2) et Suzanne Heathcote (saison3)
Créée par la chaîne BBC America Diffusée par Canal + Séries Saisons 1 et 2 disponibles en replay, saison 3 en cours « à l’heure américaine, c’est-à-dire en VO avec 24 heures de décalage avec la diffusion américaine.
Avec Sandra Oh, Jodie Comer, Fiona Shaw …

Infos & réservation

Lu / Vu par

Charles-Edouard Aubry
Publié le 25 mai . 2020

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

La série est tirée du roman Codename Villanelle de Luke Jennings.

Eve Polastri s’ennuie dans un travail de bureau au sein du MI5, les services de renseignement anglais, et mène une vie monotone avec son mari.
Villanelle est une redoutable et impitoyable tueuse à gage qui tue pour l’argent, le plaisir et combattre l’ennui.

La rencontre entre les deux femmes, l’une ordinaire et l’autre psychopathe, accouche d’une rivalité qui va se jouer sur tous les tons, attisée par une attirance et une haine réciproques.

Points forts

Il est rare, hélas, de voir des séries dont les trois rôles principaux sont tenus par des femmes. Et quelles femmes :
Jodie Colmer (Villanelle) est époustouflante : tour à tour douce, cruelle, folle, tendre, perverse, amoureuse ou débauchée, elle donne à la série son charme vénéneux et sa fantaisie déconcertante.
Sandra Oh (Eve Polastri), connue pour son rôle dans Grey’Anatomy semble son opposé idéal par sa normalité, sa simplicité, sa banalité pourrait-on presque dire si elle ne cachait pas elle aussi un caractère et un tempérament aussi fougueux que ceux de son adversaire.
Troisième actrice de la trilogie, Fiona Shaw (Caroline Martens), n’est autre que la Petunia Dursley, tante acariâtre d’Harry Potter. Elle mêle ici un chic et une morve très British en rupture avec les deux autres personnages féminins.

Des relations entre ces trois femmes naît une confrontation excitante et sans cesse renouvelée.
Dès les première scènes, la série impose son immoralité manifeste et sa rupture de ton avec beaucoup de productions actuelles, ce qui en fait un OVNI dans un éventail de séries pourtant peu avare en personnages et autres situations déjantées. L’action rebondit en permanence vers des événements imprévisibles tout en gardant son ADN et c’est là le plus grand mérite de la série : nous maintenir sur un fil sans jamais tomber dans la surenchère ni dans la répétition.

Les épisodes sont courts – 40 minutes, à l’américaine il faut bien ménager du temps pour la pub – mais terriblement rythmés et nous laissent constamment sur notre faim. La relation entre Vilanelle et Eve, tour à tour sur un mode amoureux ou criminel est arbitrée par Caroline en patronne du MI6 mystérieuse et trouble.
Avec le succès la série gagne en moyens et nous emmène de Londres à Paris en passant par Moscou, Barcelone, la Pologne … ajoutant encore au dépaysement et à un tempo survitaminé.
Malgré le changement de showrunneuse à chaque saison, la série garde la ligne : un jeu du chat et de la souris sentimentalo-psychotique.

Points faibles

Killing Eve est complètement déjanté, c’est pour cela qu’on adore, parfois un peu gore et toujours cinglante. La série est sans scrupule, il faut aimer ! Comme on dit dans les Tontons Flingueurs : « c’est du brutal » !

En deux mots ...

La série a rencontré son public et pris une place unique dans un paysage audiovisuel pourtant bien encombré. L’assemblage des personnages magnifiquement incarnés, des dialogues mordants et des situations piquantes a conquis à la fois le public et la critique. Une saison 4 est déjà programmée pour 2021 !

Le réalisateur

Phoebe Waller-Bridge est une jeune – 35 ans – actrice, auteure, réalisatrice et productrice anglaise qui s’est fait connaître avec son one-woman-show, « Fleabag », dont elle a fait une série à succès. Elle est la femme orchestre – showrunner, comme disent les Américains – qui a créé, scénarise et produit Killing Eve.
Elle a également été appelée à la rescousse pour améliorer le scénario de « Mourir pour attendre », le prochain James Bond.

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