La porte sans entrée. Approche du Zen

Devenez ou restez zen, vous vous en porterez mieux !
De
Antoine Arsan
Gallimard
132 pages
14,50 Euros
Notre recommandation
3/5

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Thème

Une invitation à saisir le « sens » du Zen. Réflexion mesurée, tournée vers la découverte, la confrontation de cette pensée si volatile avec celle occidentale embarrassée d'inutiles flagellations. L'improbable aventure individuelle se teinte de patience, de modestie et de curiosité. Savons nous réellement ce que nous sommes ? Comment accommoder la souffrance ? L'atténuer, à défaut de s'en délivrer tout à fait.

Exercice comparatiste enrichissant, persillé parfois d'humour, de savoureuses anecdotes, et de Haïkus fort bienvenus.

Points forts

Pour ce bref mais riche ouvrage, le mot méditation est inapproprié ; il s'agit plutôt d'une introspection : qu'est-ce qui ne va pas à l'intérieur de moi ?  Quel est mon rapport au monde ? On découvre les Trois S : Silence – Solitude – Sérénité et aussi les 4 Vérités de la souffrance due à l'ignorance et l'avidité. La réponse consiste à trouver  « la Justesse » dans le quotidien de la vie.

Les Haïkus sont très divertissants, certains  poétiques, d'autres pleins d'humour...On peut les lire pour eux mêmes, les noter dans son agenda... cela procure le contentement recherché.

Les notes abondantes et documentées, complètent le propos, permettent d'élargir les pistes de compréhension et de recherches.

Certes ! Il faut faire un effort ! Mais il n'est pas si grand ! La récompense est une vraie satisfaction lorsque l'on pense avoir maîtrisé un des petits chapitres non dépourvu de goguenardise.

On est loin du bouddhisme classique : ici point de dogme, de clergé, de rituels encombrants : c'est juste « soi avec soi ». Ici point de Dieu, juste la Nature, ce qui n'est pas évident.

Il n'y a aucune tentative d'érudition ou d'endoctrinement. Juste la sobriété d'une voie modeste.

Quelques réserves

Aucun à souligner particulièrement.

Encore un mot...

L'écriture est élégante, limpide, s'efforce à une simplicité rassurante. Les mots choisis avec soin, la variété des courts chapitres rendent confortable, amusante une lecture qui pourrait paraître aride si on n'y prenait garde. On prend plaisir à cheminer à pas prudents dans le labyrinthe de soi-même, de la pesanteur de la pensée. L'échappée vers la légèreté devient jeu bienfaisant : on aboutit, pas du tout à l'encombrante extase, mais à la sérénité, au calme intérieur.

Une phrase

“Un jour ou l'autre, dans un moment de silence et de paix, ... nous avons tous fait l'expérience inopinée qu'un courant serein nous saisit, qu'il nous emporte vers un sentiment vague où se devine un peu de l'infini »...(p.87)

Je tousse
donc je suis…
neige de minuit (p. 67)                                     

J'aime ma vie
comme j’aime 
les roses (p. 71)

L'auteur

Son penchant pour le Japon, ses moeurs, sa poésie, ses croyances, a éloigné Antoine Arsan de ses véritables orientations professionnelles (finances et fonction publique).  Il se consacre désormais à l'écriture et à l'Orient. Il a déjà produit un très joli ouvrage sur le Haïku : Rien de trop, éloge du haïku, en 2017 (Gallimard).

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