Les fantômes de Munich

De Munich 1938 à Munich 2025, une histoire qui s’échappe et une réalité qui la rejoint
L’Observatoire
Parution en septembre 2025
215 pages 22 euros
Notre recommandation
4/5

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Thème

La conférence de Munich 2025 ouvre le livre avec les propos de JD Vance sur l’Europe, dont le souvenir prégnant est encore bien présent aujourd’hui .

L’analyse d’ Isabelle Lasserre, au vu de la situation géopolitique, diplomatique et militaire mondiale, s’appuie sur les déclarations, articles, essais, rigoureusement retransmis qu’elle a choisis.

« Larmes, genèse, conséquences, esprit, ombre de Munich » : autant de paragraphes égrenés dès le début. L’essai parcourt l’Histoire moderne contemporaine à  partir de la Conférence de Munich de 1938, jusqu’à cette actualité récente et quotidienne qui sidère le monde occidental. Ainsi sont évoqués la Deuxième Guerre mondiale, la paix, l’Europe, les blocs est et ouest, la Guerre froide, la fin de l’Union  Soviétique, les tragédies de l’Afghanistan, de la  Tchétchénie, de la Géorgie,  de l’Ukraine, puis la situation en Chine , en Iran, en Israël, à Gaza. Les notions essentielles de « double standard »,  et de « sud global », le doute sur l’efficacité tangible de l’ONU, la question de l’OTAN, la position des Etats-Unis,  les faiblesses des démocraties occidentales, vont clore le sujet.

L’ensemble est accompagné et abondamment  nourri de propos, citations, déclarations, écrits, d’historiens, hommes de pouvoir, chefs d’Etat, ministres, diplomates, politologues, politiques, élus, juristes, philosophes, journalistes, chercheurs et militaires de haut rang.

En temps et lieu,  l’auteure nous présente ainsi un large panel des événements et conflits qui se sont succédé. Nous les suivons aux côtés des nombreuses personnalités citées.

Points forts

Ce récit très précis et dynamique, cette fine analyse autant pertinente que séduisante, nous ouvre une large voie pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Isabelle Lasserre met le doigt sur la complexité délétère de la situation internationale.Tergiversations, hésitations, déni de réalité, et leurs conséquences sur un passé plus ou moins lointain sont ainsi évoqués avec grande clairvoyance. Les extraits, citations, déclarations, sont percutants .

Qui, quand, où, pourquoi, comment ? C’est un suspense passionnant que nous vivons au cours des chapitres, suspense qui pourrait être une aimable distraction si l’enjeu n’était pas si grave, la guerre présente et menaçante, les peuples blessés, inquiets.

Dangers, risques, regrets, interrogations, violence, au regard de frustrations, idéologies ,  désirs d’hégémonie intempestifs sont exposés dans un tourbillon qui laisse peu de place au rêve.

Nous pouvons ne pas être d’accord avec tout ce qui est dit dans cet essai, le doute peut parfois s'installer. A cette lecture se fait jour une envie  d’être plus lucide.

Quelques réserves

Peu ou prou. Le livre pourrait être plus long, il n’en serait pas moins séduisant !

Encore un mot...

Cette réflexion claire sur les conflits contemporains qui nous occupent nous fait aborder et apprécier pleinement le discours géopolitique. Le livre est le reflet de l’expérience, de la rigueur, du vécu,  du travail de recherche, de l’objectivité de son auteur. Il est très accessible et nous invite à poursuivre. Les multiples références permettent de pousser plus loin notre connaissance et notre réflexion, à volonté.

Une phrase

  • « Le passé a beau ne pas commander le présent tout entier, sans lui le présent demeure inintelligible » : à l’heure où les Américains menacent de lâcher l’Ukraine et où l’Europe n’est pas en mesure de prendre le relais, cette citation de Marc Bloch ressemble à un signal d’alarme. » Page 11

  • « Raymond Aron le disait toujours : l’ histoire est tragique mais nos hommes politiques ne le savent pas. Comme la cigale de la fable, les Européens, après avoir dansé et chanté tout l’été, investi dans les modèles sociaux  et profité pour la France du temps libre des trente cinq heures, et des longs congés payés, se sont trouvés fort dépourvus quand l’hiver fut venu. Jean Paul Paloméros, ancien chef d’état- major de l’armée de l’air, résume en une phrase ce dénuement : « Ce que nous avons vécu depuis 1949 n’était pas éternel. Pour le garder il faut faire des efforts et en payer le prix. » »  page 173

L'auteur

Isabelle Lasserre est journaliste, essayiste, auteure. Les informations sur sa vie privée ne sont pas disponibles .

Après Science Po Lyon, elle obtient une maîtrise en relations internationales à la Sorbonne.

Elle est journaliste à Lyon Figaro de 1987 à 1989 puis à Courrier International de 1989 à 1992. Puis correspondante du Figaro en Bosnie et ensuite en Russie. Elle est aussi grand reporter en Tchétchénie , Irak, Afghanistan .

Elle est auditrice à l’IHEDN en 2003, et en 2004, rédactrice en chef adjointe au service international du Figaro, spécialisée dans les relations internationales, la défense et la diplomatie.

Ses ouvrages précédents sont :  Impuissance française  (2007),  Notre guerre secrète au Mali (2013), Le réveil des armées (2019), Macron , le disrupteur (2022), Macron -Poutine. Les liaisons dangereuses (2023).

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