Expositions

Brassaï Graffiti

Quand Brassaï faisait parler les murs de Paris

Infos & réservation

Centre Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004 Paris
Tél. : 0144781233
http://www.centrepompidou.fr
Jusqu'au 30 janvier 2017: Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 21h.

Lu / Vu par

Pascal Duthuit
Publié le 21 nov . 2016

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Dès les années 1930, Brassaï commence à s'intéresser aux graffitis. Il concentre son regard sur les dessins et grattages inscrits sur les murs des quartiers ouvriers et populaires de Paris et accumule sur plus de vingt-cinq ans des centaines d'images, comme un catalogue de traces laissées par les habitants de la ville. 

Ce travail documentaire et systématique, sous l'impulsion de certains artistes comme notamment Picasso, Dubuffet, Dali et Prévert, va encourager Brassaï à enrichir et modifier la perception première de ces images singulières pour en faire, selon les regards, une source première de manifestation de l'art brut ou un dépaysement surréaliste, ou bien encore une expression de l'inconscient de la métropole...

Ce sont tous ces différents points de vue que développent l'exposition du Centre Pompidou qui conserve un ensemble exceptionnel et unique des " Graffiti" de Brassaï.

Points forts

L'exposition se déroule dans la petite Galerie de Photographies du Centre Pompidou au niveau -1. Elle nous permet grâce à une sélection habile et rigoureuse d'une centaine d’œuvres et documents de nous éclairer sur les différentes perceptions de cette série"culte" des Graffiti .

A travers cette démarche quasiment ethnologique et sociologique, Brassaï témoigne du désir de l'homme de laisser sa marque dans son environnement urbain. Ce fait social du langage du mur nous rappelle, comme une évidence, un dialogue immuable entre les fresques des cavernes préhistoriques  jusqu'aux murs tagués de notre société contemporaine.

Toutefois l’intérêt de cette exposition repose plus sur les différents points de vue que les Graffitis vont déclencher chez les artistes et écrivains contemporains de Brassaï qui vont s'intéresser tout de suite à ses "trouvailles" urbaines.

De ces formes naturelles, sous l'impulsion de Dali, Brassaï opère des vues rapprochées ou bien recadre ses images au tirage pour créer un dépaysement au potentiel fantasmagorique qui fascine les surréalistes.

Pour Picasso et Dubuffet, ses images trouvent un écho différent sous forme d'une inspiration créative primitive qui vont les inspirer à leur tour, avec par exemple les œuvres en papier découpé de formes primitives de Picasso dans les années 1940.

Pour Prévert, dans les années 1950, les graffitis de Brassaï vont lui permettre de produire de magnifiques collages poétiques.

Entre 1955 et 1958, les inscriptions font écho aux tensions politiques de l'époque avec, alors, la guerre d'Algérie.

En moins d'une heure, cette exposition va donner la parole au mur gratté et mutilé pour traiter des thèmes éternels de la vie comme l'amour, la mort, la magie, le sexe et la politique.

Le grattage de ces murs de plâtre n'est plus perçu alors comme destructeur mais comme créateur de multiples messages.

Points faibles

Je n'en vois pas de majeur: la commissaire du projet a su sélectionner une quantité limitée de photos pour ne pas nous lasser tout en exprimant très clairement son propos dans une salle d'exposition de dimensions réduites.

En deux mots ...

Plongez-vous dans cette perception de formes "naturelles" que l’œil photographique de Brassaï transforme et transcende bien au delà d'une simple perspective documentaire.

Une phrase

 " Les graffitis ne veulent rien dire de plus qu'ils ne sont, mais ils sont beaucoup plus qu'ils ne disent ". Parole de Brassaï.

L'auteur

Brassaï est un photographe hongrois, naturalisé français. Il était également dessinateur, peintre, sculpteur et écrivain.

Arrivé à Paris en 1924 et installé à Montparnasse, il se lie d'amitié avec Henri Michaux, Raymond Queneau, Robert Desnos et Jacques Prévert avec lesquels il partage une sensibilité pour la poésie urbaine.

Picasso lui demande de photographier ses sculptures et Brassaï collabore aussi avec Dali dans la revue Minautore.

Il a su capturer l'essence de la ville dans ses clichés et dès 1932 il publie un premier recueil, "Paris de nuit", qui constitue son premier grand succès.

De 1930 à 1963, Brassaï travaille comme photographe indépendant pour la presse.

En 1957, Brassaï reçoit la médaille d'or à la Biennale de la photographie de Venise.

A la fin de sa vie, Brassaï connait la consécration grâce à de nombreuses publications telles "Graffiti" (1961), "Le Paris secret des années trente "(1976), ou "Les artistes de ma vie" (1982) ainsi que des expositions majeures comme, entre autres, celle du Museum of Modern Art de New York, 1956, aux côtés de Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Izis et Willy Ronis.

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