Expositions

Les NABIS et le décor Bonnard, Vuillard, Maurice Denis...

Ont-ils ou non, donné un coup de vieux à l'impressionnisme ?

Infos & réservation

MUSEE DU LUXEMBOURG
19, rue de Vaugirard
75006 Paris
Tél. : 01 53 43 40 00
http://www.museeduluxembourg.fr
Jusqu'au 30 juin 2019.Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h. Nocturne les lundis jusqu’à 22h

Lu / Vu par

Marie Wimez
Publié le 28 mar . 2019

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

A travers cette exposition, vous découvrirez les pionniers du décor moderne : Bonnard, Vuillard,  Denis, mais aussi Sérusier, Ranson et Vallotton. Créateurs d’œuvres originales, ils veulent abattre la frontière entre beaux-arts et arts appliqués. Il s’agit des Nabis, un groupe d’amis qui vise à renouveler le langage artistique et à introduire le Beau dans le quotidien. « L’art dans tout » et « un art pour tous ».

L’art des Nabis s’inscrit dans le courant global de l’Art Nouveau, d’une part, et, d’autre part, dans une admiration commune pour l’art du Japon. Au-delà des tableaux présentés, cette exposition tente de reconstituer des ensembles décoratifs le plus souvent commandés par des mécènes, mais dispersés au cours du temps, que le musée du Luxembourg a rassemblé avec l’aide du Grand Palais, des musées d’Orsay et de l’Orangerie.  Joli défi, superbement relevé d’autant que la fragilité de la technique de détrempe des panneaux décoratifs a compliqué les choses!

Points forts

le parcours, articulé en 4 sections, aborde les principaux thèmes portés par les Nabis:

     « Femmes au jardin » avec Bonnard, Vuillard qui font poser sœurs, fiancées et qui associent symboliquement la femme et la nature. Cette  première section n’est pas l’objet de commande mais un manifeste des idées du groupe 

      « Intérieurs », le second thème, introduit les tableaux de Vuillard, qui décore les murs  des intérieurs de ses amis ou de mécènes 

      Le troisième thème, « L’art nouveau», dévoile des créations artisanales/artistiques et présente des estampes japonaises

      Quant à la 4è section, elle propose des décors à thèmes sacrés. « Rites sacrés» dont la légende de Saint Hubert réalisée par Denis.

Le choix d’œuvres somptueuses, aux couleurs vives, aux formes simplifiées avec des motifs stylisés, soulignés souvent de cernes. Les diptyques et triptyques de Vuillard sur les « Jardins publics » (1894) sont très charmants, voire des chefs d’œuvres ;  « la cueillette des pommes » (1895) de Bonnard est gracieuse. « L’arabesque poétique » (1892) de Denis est  intriguante. « Personnages dans un intérieur » de Vuillard (1896) renvoie à une vie très sophistiquée, comme celle de Thaddée Natanson et de sa femme Isia, l’enjôleuse et l’inspiratrice de Vuillard dans le « corsage rayé » (1895); très belle œuvre retenue pour illustrer le catalogue de l’exposition. 

l’ornemental occupe une place essentielle dans l’art plastique mais il s’élargit à d’autres supports: estampe, paravent, éventail, porcelaine, tapisserie, papier peint, vitrail. Les Nabis cherchaient à créer pour leurs contemporains un décor moderne à travers différents objets. C’est joyeux, audacieux et fantaisiste. Ainsi, la boite à cigares, en marqueterie, de Ranson, ou les assiettes en porcelaine peintes par Vuillard ou encore les vitraux de Vuillard exécutés par le maître verrier américain Tiffany.    

les différentes œuvres proposent une narration dans un espace-temps. "Femmes au jardin" n'évoque pas de lieu précis mais un espace intériorisé. Le jardin, un enclos au sein duquel on est  l’abri. Denis a souvent recours à l’allégorie afin d’idéaliser une scène. Ceci étant, l’art des Nabis se nourrit essentiellement de l’observation du monde contemporain.

la question de la place des femmes est centrale. Moderne les Nabis, décidément...  

Points faibles

La légende de St Hubert, revisitée par Denis, ne m’a pas beaucoup touchée. Il s'est plus attaché, dans cette œuvre, à travailler sur un mode narratif qu’à créer des atmosphères intimistes comme les autres Nabis.

En deux mots ...

Afin de compléter cette superbe vision de l’art décoratif des Nabis, courez à Orsay voir « le talisman » de Sérusier, issu des leçons de Gauguin et symbole de l’origine du mouvement Nabis.  

L'auteur

Les Nabis étaient de jeunes artistes fascinés par la peinture de Gauguin et opposés à l’impressionnisme.  « Nabis » est un mot hébreu et arabe signifiant « prophètes », ceux qui révèlent un art nouveau.

 Au début, en 1880, le groupe se compose de Sérusier, Ranson, Bonnard, Vuillard et Denis, le théoricien. Ils s’accordent à donner à la peinture un rôle essentiellement décoratif. C’est un principe fondamental. Ils  veulent abolir la frontière entre beaux-arts et arts appliqués. Ils s’inspirent du  mouvement Art Nouveau et admirent les estampes japonaises. Leur compositions se présentent comme un assemblage de surfaces sans perspective, sans dégradé, sans ombre et constituent une peinture anti-naturaliste où le tableau exprime une vision mentale.  

 Ils ont été profondément imprégnés par la musique (Beethoven, Wagner, Schumann et leur contemporain Debussy…), le théâtre (Ibsen, Strindberg…), la spiritualité et la religion (catholique pour Denis), et par des doctrines comme l’ésotérisme, le symbolisme.

Les Nabis se sépareront définitivement en 1900.

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