Alice au pays des merveilles

Conte merveilleux pour l’enfance et source de méditation pour l’adulte
De
Lewis Carroll
Version audio réalisée par les éditions Le Livre Qui Parle parue 2019
Texte lu par Céline Pernas
Durée 2 h 55
9,90 euros en téléchargement
(Edition brochée, première parution en 1869 chez Macmillan and co 196 pages)
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

Conte pour enfants, vraiment, ou fable à l’adresse des adultes ? Chez Lewis Carroll, la quête d’identité se déploie dans un climat instable : Alice grandit, rapetisse, se perd et se cherche. Sous l’étrangeté affleurent l’absurde, les pièges du langage et une subtile mise en cause des conventions.

Points forts

  • À cette dérive s’ajoute une imagination sans bornes, peuplée de figures devenues mythiques, du Lapin blanc pressé au Chat du Cheshire au sourire insaisissable, qui hantent durablement la mémoire du lecteur.
  • S’y déploie aussi un humour de l’absurde, nourri d’un jeu incessant avec la logique et les mots, où chaque certitude se dérobe - « Si vous ne savez pas où vous allez, n’importe quel chemin vous y mènera ». Et jusque dans le procès final, farce déréglée aux allures de tribunal, se dessine en filigrane une satire des institutions et des autorités, dont la gravité trébuche sous le poids du non-sens.
  • Les nombres, par leurs bases, se trouvent au cœur du texte, discrets sous le voile du merveilleux. Car compter n’est jamais qu’une convention, un langage parmi d’autres, où le même nombre change de visage selon la règle qui le gouverne. Lewis Carroll s’en amuse avec malice, laissant affleurer l’idée inquiétante que même l’arithmétique - que l’on croit immuable - peut chanceler, dès lors que l’on en déplace les fondations. Affleure un souvenir étudié jadis en cours de licence de mathématiques, la réflexivité des relations d’équivalence.

Quelques réserves

Reste que l’absence de véritable fil narratif peut dérouter : le récit avance par fragments, comme autant de visions successives, où les scènes, plus symboliques que véritablement narratives, s’enchaînent sans toujours se répondre, au risque de désorienter le lecteur en quête de continuité. Ce n’est pas un récit. C’est une dérive. On peut se perdre.

Encore un mot...

Et pourtant, l’œuvre se déploie sur deux plans : conte merveilleux pour l’enfance, elle devient pour l’adulte source de méditation. Alice, changeant sans cesse de taille, s’égare en elle-même et revient à cette question lancinante - « Qui suis-je ? » - qui, avec le temps, cesse d’être une mécanique pour devenir une véritable interrogation sur l’instabilité de l’être. Ce vertige se prolonge d’ailleurs dans De l’autre côté du miroir, où Lewis Carroll poursuit l’exploration de cet univers renversé.

Une phrase

“ Mais, alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? “

L'auteur

Lewis Carroll, de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson (1832–1898), était mathématicien et logicien. C’est presque en passant, au fil d’une promenade, qu’il inventa cette histoire pour amuser des enfants, laissant surgir un imaginaire débridé. Reste une question, impossible à éluder : que faire de l’ambiguïté qui entoure Lewis Carroll et son rapport aux fillettes ? Quelques lignes, dans sa correspondance, suffisent à nourrir ce malaise : “ J’espère que vous m’autoriserez à photographier tout au moins Janet nue ; il paraît absurde d’avoir le moindre scrupule au sujet de la nudité d’une enfant de cet âge ”. Sans jamais rien prouver, elle jette une ombre persistante sur l’intrigue, au point que le corps d’Alice qui se transforme, son identité qui vacille, peut aussi se lire comme le reflet d’un trouble plus profond

La lectrice :
Après quinze années vouées au modern jazz, Céline Pernas se tourne vers le théâtre au début des années 2000, interprétant Molière, Jean Racine ou Anton Tchekhov. Ici, elle déploie toute l’étendue de son art, modulant sa voix et ses nuances pour donner vie à la galerie de figures qu’Alice croise au fil de son étrange voyage.

Ajouter un commentaire

Votre adresse email est uniquement visible par Culture-Tops pour vous répondre en privé si vous le souhaitez.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Ils viennent de sortir