Le cousin Pons
Parution en 2009
Texte lu par Bernard Petit
Durée 12 h 30 24 €; à commander via l’adresse : info@lelivrequiparle.com
Disponible uniquement en version dématérialisée (téléchargement ou streaming) sur la plupart des plateformes (audible, Kobo/Rakuten, Google PlayLivres, etc ...).
(Edition brochée, première parution en 1847 chez Houssiaux, 504 pages en livre de poche)
Infos & réservation
Thème
Il est des êtres trop fragiles pour survivre au milieu des appétits humains ; le cousin Pons est de ceux-là. Au centre du récit, se tient une figure délicate, toute entière vouée à l’amour de l’art, que la brutalité des rapports sociaux condamne peu à peu. À travers le destin de ce parent pauvre, d’abord méprisé puis soudain convoité pour des richesses qu’il possède sans le vouloir, se met en place une mécanique implacable. Une opposition nette apparaît alors : d’un côté, le monde du cœur, de la fidélité et de l’amitié sincère ; de l’autre, celui de l’intérêt, du calcul et des appétits sans scrupule.
Points forts
- Le personnage de Pons lui-même, vieux musicien gourmet et attendrissant, s’impose avec une force singulière. Mais c’est sans doute dans le lien qui l’unit à Schmucke que le roman atteint sa plus juste émotion. Leur amitié, simple et sincère, échappe aux calculs et aux faux-semblants qui s’ourdissent autour d’eux.
- L’ironie se fait ici mordante. Ainsi, lorsque le cousin Pons offre à sa parente un éventail peint par Watteau, jadis possédé par Madame de Pompadour, il lui tend un véritable trésor. Incapable d’en saisir la valeur, et fidèle à l’image dépréciée qu’elle se fait de ce parent qu’elle considère comme un simple parasite, elle lui répond avec une désinvolture cruelle : « Vous êtes bien bon, mon cousin. Vous dois-je beaucoup d’argent pour cette bêtise ? »
Quelques réserves
Balzac, dont le rapport à l’argent fut marqué par sa course incessante pour éponger ses dettes, parsème son récit d’une profusion de chiffres. Rentes, estimations, inventaires : rien n’échappe à cette comptabilité minutieuse. L’écrivain affirmait vouloir rivaliser avec l’Etat Civil, enregistrer les existences avec la précision d’un registre officiel. Il donne finalement l’impression de concurrencer moins l’administration que le catalogue d’un antiquaire, où chaque objet se voit assigner un prix.
Encore un mot...
Le Cousin Pons laisse derrière lui une trace tenace : celle d’un univers où la sensibilité et la beauté s’effacent devant la froide logique de l’argent. Ce roman m’a enthousiasmé tant il révèle, sans détour, la noirceur des hommes. Surtout, son propos demeure d’une actualité troublante. La cupidité n’appartient à aucune époque : tant qu’il se trouvera des âmes prêtes à exercer la lucrative profession de « captateur d’héritages », Balzac n’aura rien perdu de sa justesse.
Une phrase
“À la longue, il en est d’une profession comme du mariage, on n’en sent plus que les inconvénients”.
L'auteur
Honoré de Balzac (1799-1850) est l’un des piliers de la littérature française. Artiste prolifique avec plus de 90 œuvres, il a su capter, comme nul autre, les passions, les travers, les ambitions et les misères de la société postrévolutionnaire. Réaliste avant l’heure, visionnaire à bien des égards, il reste une source inépuisable de plaisir et de réflexion.
Le LECTEUR
Bernard Petit est un comédien atypique. Après s’être consacré au domaine social, il a choisi de se tourner vers un art tout aussi exigeant, celui de la voix. Ici, il offre une véritable démonstration de son talent. Tous les personnages, jusqu’aux plus secondaires, prennent corps par la seule modulation de sa voix. Une performance remarquable, qui éclaire le texte d’une rare intelligence.
Ajouter un commentaire