L’Exécution
Parution en 2009
Texte lu par Charles Berling
Durée 2 h
15,30 euros ; 13,45 euros en téléchargement
(Edition brochée, première parution en 1973, Grasset, 211 pages)
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Thème
On entre dans ce livre comme dans une salle d’audience. Et on n’en sort pas indemne. Le récit s’ancre dans un drame judiciaire bien réel : celui du procès de Claude Buffet et Roger Bontems, tous deux condamnés à mort et exécutés en 1972. Robert Badinter en retrace le déroulement tout en dévoilant la naissance progressive de sa conviction : celle de l’innocence de son client.
Points forts
- L’analyse d’une affaire criminelle : l’auteur propose une plongée minutieuse dans le dossier, qu’il éclaire depuis la position singulière de l’avocat de la défense. Sa plaidoirie, construite avec une rigueur presque mathématique, se déploie sous nos yeux. On avance à ses côtés, partageant ses recherches, ses hésitations, puis la force de ses certitudes.
- Un style sobre et littéraire : la plume sert parfaitement le propos, sans jamais l’alourdir. La concision de l’écriture impressionne. En quelques pages à peine, tout est là, comme resserré à l’essentiel : la psychologie des deux accusés, la nature trouble de leur relation, le climat tendu des débats. Défilent aussi les experts à la barre, leurs paroles pesées, leurs analyses parfois fragiles. Et puis vient l’issue, inéluctable, tragique - une fin qui nous laisse saisis, révoltés, face à ce qui ne peut plus être défait.
Quelques réserves
Des réminiscences superfétatoires ? La narration se trouve par moments traversée de souvenirs : ceux du jeune avocat, encore en apprentissage, qui fait revivre la parole de son mentor, celui qui lui a transmis les exigences et les doutes du métier. Ces évocations, bien que riches d’une réflexion subtile sur le rôle de l’avocat et sur la nature même de la défense, s’écartent parfois du fil strict de l’affaire. Mais, il s’en dégage une telle sincérité que le lecteur y adhère sans réserve.
Encore un mot...
Cet ouvrage dépasse le simple cadre d’une chronique judiciaire en s’imposant comme une méditation profonde sur la peine de mort. Il touche une corde sensible : l’auditeur ne reste pas à distance, il s’engage, espère, tremble aux côtés de Robert Badinter, jusqu’à attendre, avec lui, un improbable sursaut. Puis vient l’inéluctable. Et comme l’auteur, on se retrouve bouleversé, gagné par une révolte sourde. Audiolib nous offre en outre la possibilité d’entendre sa voix présenter son œuvre ; cela confère au texte une intensité particulière, portée par le souvenir de ce grand homme. En refermant ce livre, il m’est resté une question simple et dérangeante : une justice qui tue est-elle encore juste ?
Une phrase
“La guillotine rend tout dérisoire. Il n’y a pas de révision possible, pas de grâce possible, pas de libération possible pour le décapité.”
L'auteur
Robert Badinter est un avocat et homme politique français, né en 1928 et disparu en 2024. Défenseur infatigable des droits humains, il demeure indissociable du combat qui mena à l’abolition de la peine de mort en France, en 1981, lorsqu’il occupait les fonctions de Garde des Sceaux. Entré au Panthéon en 2025, il rejoint ainsi ceux dont la Nation reconnaît qu’ils ont su, par leur courage et leur parole, faire progresser l’humanité.
LE LECTEUR
Né en 1958, Charles Berling est un acteur et metteur en scène français surtout connu du grand public pour ses interprétations dans Nelly et monsieur Arnaud de Claude Sautet et dans Ridicule de Patrice Leconte. Son timbre profond incarne à merveille ce réquisitoire magistral contre la peine capitale.
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