Claude Gueux

Plaidoyer contre la peine de mort. Superbes lectures de Jean-Claude Dauphin et Robert Badinter
De
Victor Hugo
Version audio réalisée par les éditions Audiolib
Parution en 2009
Texte lu par Jean-Claude Dauphin
Avec la participation de Robert Badinter
Durée 1 h 00
7,95 euros en téléchargement
(Edition brochée, première parution en 1834 chez Évréat 160 pages chez Flammarion)
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Thème

Tout commence par la faim. Et tout se termine par la guillotine. Entre ces deux extrémités, l’écrivain raconte dans Claude Gueux le destin d’un pauvre hère broyé par la misère et par une justice incapable de comprendre ce qu’elle condamne. Plongé dans l’univers dur et implacable de la prison, l’injustice et l’arbitraire du système pénitentiaire finissent par le conduire à commettre l’irréparable. Ce geste scelle son sort et le mène à la peine capitale. Inspirée d’un fait réel, cette histoire devient sous la plume de Hugo une dénonciation implacable des inégalités sociales, de la pauvreté qui accable les plus faibles et d’une justice qui refuse d’interroger les causes du crime. 

Points forts

  • Bref mais percutant : ce plaidoyer frappe le lecteur par sa force et sa simplicité. Claude Gueux s’impose peu à peu par une intelligence vive et par une dignité remarquable, malgré l’absence d’instruction et le dénuement qui ont façonné son existence. À travers lui, l’écrivain donne un visage à ceux que la société relègue dans l’ombre.
  • Un style remarquable : inutile de s’attarder longuement sur l’admiration que l’on peut éprouver pour celui qui demeure l’un des plus grands maîtres de la langue française. Le lecteur sceptique n’aura qu’à se laisser porter par l’extrait proposé plus bas pour s’en convaincre. Son écriture sait être simple sans jamais être pauvre, émouvante sans tomber dans l’excès, profondément littéraire sans devenir pesante. Cette simplicité n’est qu’une illusion : elle révèle en réalité un immense talent qui confine au génie.
  • Un supplément émouvant : Robert Badinter, qui a obtenu l’abolition de la peine de mort en France en septembre 1981, lit le discours prononcé par Victor Hugo à l’Assemblée constituante le 15 septembre 1848.

Quelques réserves

Une démonstration trop appuyée ? Le chef de file du romantisme français ne se contente pas de laisser parler les faits. Il intervient régulièrement pour exposer et défendre son point de vue, guidant explicitement la réflexion du lecteur. Cette présence insistante de l’auteur peut parfois donner à cette tragédie un caractère moral ou démonstratif.

Encore un mot...

Claude Gueux demeure une œuvre marquante, à la fois bouleversante et engagée. Ce récit soulève des interrogations toujours actuelles : la disette peut-elle pousser un quidam au crime ? Punir ou instruire, que choisir ? Cette nouvelle annonce déjà les grands combats sociaux qui traverseront Les Misérables.

Une phrase

“ Un hiver, l’ouvrage manqua. Pas de feu ni de pain dans le galetas. L’homme, la fille et l’enfant eurent froid et faim. L’homme vola. Je ne sais ce qu’il vola, je ne sais où il vola. Ce que je sais, c’est que de ce vol il résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l’enfant, et cinq ans de prison pour l’homme.”

L'auteur

Victor Hugo (1802-1885) demeure l’une des figures majeures de la littérature française du XIXᵉ siècle. À la fois poète, romancier et dramaturge, il a profondément marqué son époque par l’ampleur de son œuvre et la puissance de ses engagements.

Le lecteur :

Né en 1948, Jean-Claude Dauphin est un acteur français à la filmographie impressionnante. Il prête ici sa voix grave pour porter le cri du plus emblématique pourfendeur de la peine de mort.

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