J’accuse… !
Texte lu par Jacques Weber
Durée 34 min
3,49 euros en CD d’occasion à la Fnac ; 3,99 euros en téléchargement sur Audible
(Première parution en 1898 à la une de l’Aurore)
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Thème
Savez-vous à quelle occasion est né le mot « intellectuel » ? Il apparaît dans la tourmente de l’Affaire Dreyfus, lorsque écrivains, savants et penseurs décident de mettre leur plume au service de l’équité. Dans J’accuse… !, lettre ouverte adressée au président Félix Faure en 1898, Émile Zola s’élève avec force contre l’injustice et l’antisémitisme. Il accuse l’armée d’avoir condamné un innocent.
Points forts
- La portée historique : en quelques pages, Zola bouleversa l’opinion publique, relança l’Affaire Dreyfus et inscrivit durablement son nom dans l’histoire de la presse et de l’engagement intellectuel. Rarement écrivain aura pris un tel risque pour défendre ses convictions. Car J’accuse… ! est avant tout un acte de courage. Poursuivi pour diffamation après la publication de son article, il dut s’exiler en Angleterre pour échapper à l’emprisonnement.
- La forme frappe par son souffle et son efficacité. L’écriture est directe, engagée, persuasive. En songeant aux vastes fresques des Rougon-Macquart, on en viendrait à oublier que Zola sait aussi manier l’art de la concision. La densité est ici remarquable. Et puis vient cette conclusion célèbre, martelée par l’anaphore « J’accuse… ». L’anaphore sonne comme un coup de tonnerre qui ricoche de phrase en phrase. Plus d’un siècle après sa diffusion, cette litanie accusatrice conserve intacte son intensité émotionnelle et continue de provoquer un véritable frisson.
Quelques réserves
... bien difficiles à formuler. On a souvent reproché à Zola ses longueurs : Au Bonheur des Dames dure près de quinze heures en version audio. On a aussi accusé la littérature d’être vaine ou mensongère. Certains critiques allèrent même jusqu’à lui dénier le moindre talent stylistique, notamment à propos de L’Assommoir. Mais face à J’accuse… !, toutes ces objections s’effacent. On pourrait en outre objecter que cette affaire, vieille de plus d’un siècle, demeure parfois lointaine pour les jeunes générations. Pourtant, Zola reprend avec pédagogie le fil des événements, exposant les faits avec une rigueur qui rend son réquisitoire toujours accessible.
Encore un mot...
Le réveil des consciences provoqué par ce pamphlet sublime demeure exceptionnel. Plus d’un siècle après, J’accuse… ! conserve intacte sa capacité de trouble et d’éveil. On peut l’écouter pour le simple plaisir de la langue française, pour s’y plonger par curiosité historique ou pour mener une réflexion plus contemporaine. À l’heure où les vérités se brouillent dans le tumulte médiatique, on peut se demander s’il reste des romanciers prêts à risquer leur réputation, leur confort, voire leur liberté, pour défendre de nobles idéaux.
Une phrase
“La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera.”
L'auteur
Émile Zola (1840-1902) fut le chef de file du naturalisme, ce courant qui ambitionnait de peindre la société avec la précision d’une enquête scientifique. Son engagement ne fut pas sans conséquences. Longtemps, on crut à la mort accidentelle de Zola. Aujourd’hui, certains historiens accréditent l’hypothèse d’un assassinat commis par un antidreyfusard.
Le lecteur :
Né en 1949, Jacques Weber est l’une des grandes figures du théâtre et du cinéma français. Il prête à J’accuse… ! toute la puissance de sa voix et de son jeu, restituant avec panache la colère, la dignité et la verve oratoire de Zola.
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