La chartreuse de Parme
Texte lu par Guillaume Gallienne
Durée 8 h 10 min
21,99 € en téléchargement sur le site Book d’Oreille
(Édition brochée : première parution en 1839 chez A. Dupont, 743 pages en livre de poche)
Infos & réservation
Thème
De la bataille de Waterloo aux intrigues de la cour de Parme, Fabrice del Dongo voit ses rêves de gloire se heurter aux caprices du pouvoir. Dans une Italie ardente et tumultueuse, Stendhal déploie une fresque romanesque où les passions défient les conventions et où la quête du bonheur emprunte les chemins les plus inattendus.
Points forts
- Fabrice del Dongo : La Chartreuse de Parme s’inscrit dans la tradition du roman d’apprentissage. Doté d’une instruction sommaire, mais animé d’une curiosité insatiable, Fabrice découvre le monde avec une ingénuité désarmante, sans idées préconçues ni certitudes établies. Sur le champ de bataille de Waterloo, il se demande : « Ceci est-il une véritable bataille ? » Plus tard, il s’interroge avec la même candeur : « Serait-ce enfin là de l’amour ? »
- Le courage d’être soi : Stendhal réserve ses traits les plus acérés aux âmes serviles, à l'image de Rassi ou de Fabio Conti, prêts à monnayer leur dignité sur l'autel de l'ambition. À cette médiocrité, il oppose des êtres épris d'absolu, dont il célèbre l'audace tels la duchesse Sanseverina ou Ferrante Palla. Mieux vaut s'égarer par passion que se renier par calcul.
- Les intrusions de l’auteur : « Le lecteur trouve bien longs, sans doute, les récits de toutes ces démarches... » ou encore « Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. » Ces interventions impromptues, par lesquelles Stendhal suspend le fil de son récit pour s'adresser au lecteur, comptent parmi les plaisirs singuliers de cet ouvrage. Elles instaurent une complicité inattendue entre l'écrivain et son public.
Quelques réserves
L’art de l’ellipse et de la suggestion : Certains événements, pourtant décisifs, ne sont qu'effleurés. Tel est le cas de cette scène où la duchesse Sanseverina, fidèle à la promesse que lui a arrachée le jeune prince, consent à un douloureux sacrifice. L’extrait proposé plus loin en offre une illustration saisissante. Cette économie de mots, qui confère au récit une élégance particulière, exige cependant une attention soutenue. J'en ai fait l'expérience : il suffit de quelques secondes de distraction pour laisser échapper une révélation capitale.
Encore un mot...
Le pari de la postérité : Stendhal se plaisait à affirmer qu'il n'écrivait que pour un cercle restreint de connaisseurs, ces fameux happy few, capables de goûter l’originalité de son œuvre. Il aurait déclaré : « Je ne serai compris qu'en 1880 », repoussant parfois cette consécration jusqu'en 1930. Et puisque 2030 se profile à l'horizon, une question me vient, non sans malice : que penseront de La Chartreuse de Parme les auditeurs de demain ?
Une phrase
“ Chassé par la duchesse indignée, il osa reparaître tout tremblant et fort malheureux à dix heures moins trois minutes. À dix heures et demie, la duchesse montait en voiture et partait pour Bologne.”
L'auteur
De son véritable nom Marie-Henri Beyle, Stendhal (1783-1842) signe une véritable prouesse littéraire : en cinquante-deux jours à peine, il dicte ce roman foisonnant, peuplé de personnages inoubliables et traversé d’intrigues aussi nombreuses que mouvementées.
Le lecteur :
La lecture de la prose stendhalienne par Guillaume Gallienne séduit par son naturel confondant. Aussi me permettrai-je de profiter de ces lignes pour lui adresser une supplique aussi fervente que désintéressée, ou presque : qu'il reprenne sans tarder le chemin des studios d'enregistrement et nous offre le bonheur d'entendre La Chartreuse dans son intégralité !
Ajouter un commentaire